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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:10

Après la clôture du Concile, il a fallu attendre plus de quarante ans pour qu’il soit officiellement admis en principe qu’il existe un problème, que ce problème est doctrinal, et qu’il faut qu’on en parle. Le débat a même été, d’avance, institutionnalisé : il aura lieu entre les évêques de la FSSPX et le Saint-Siège.

Le problème est dans l’existence persistante d’objections à ce qui est issu du Concile. Les avis sont partagés dans chaque cas sur le point de savoir si les anomalies issues de Vatican II proviennent d’une mauvaise interprétation (et application) des textes conciliaires, ou bien de certains de ces textes eux-mêmes. Ce débat-là n’est pas sans intérêt, mais il est secondaire, croyons-nous, à côté des réalités issues, à tort ou à raison, mais bien issues en fait du Concile. Elles marquent profondément la vie de l’Eglise, et sa crise, depuis presque un demi-siècle.

Exemple. La nouvelle messe est issue du Concile. A tort ou à raison : mais quoi qu’il en soit, l’essentiel est d’examiner les objections doctrinales qu’elle soulève en elle-même.

On trouvera la clef de la situation actuelle dans le livre de Louis Salleron : La nouvelle messe (NEL 1970, seconde édition augmentée : 1976). Ce n’est pas un livre de la FSSPX. Mais c’est le livre que, lors de son interrogatoire à Rome, le 11 janvier 1979, Mgr Lefebvre déposa entre les mains des cardinaux inquisiteurs, comme réponse décisive à la question qui lui demandait ses raisons de refuser la messe de Paul VI. Dans ce livre comme dans La querelle de la nouvelle messe (DMM 1973), Louis Salleron affirma clairement : « Il est impossible d’isoler le problème de la messe de tous les autres problèmes. » C’est pourquoi l’on y trouve l’essentiel des objections doctrinales que l’on peut faire au Concile et à ce qui en est issu.

Pendant une quarantaine d’années les évêques français, d’un air finaud, ont assuré qu’ils voyaient bien que derrière l’affaire de la messe les traditionalistes cachaient une opposition doctrinale à Vatican II. Le livre de Salleron prouve que, dès le début, c’est le Concile qui était mis en cause, très ouvertement, très visiblement. D’ailleurs, trois ans avant la nouvelle messe, en 1966 déjà, les évêques français avaient condamné la revue Itinéraires pour son opposition à « l’esprit du renouveau entrepris », autrement dit : « l’esprit du Concile ».

Contrairement à ce que l’on a pu trop hâtivement supposer, le problème de la messe, où se rejoignent pour l’essentiel les autres problèmes conciliaires, n’est toujours pas réglé. La nouvelle messe, évolutive et incertaine, est toujours installée en priorité, voire en exclusivité, dans la plupart des diocèses, toujours présentée comme la plus belle réussite de l’esprit du Concile. L’immense et courageux bienfait de Benoît XVI a été de rejeter l’interdiction de la messe traditionnelle, – interdiction qui avait été arbitrairement confirmée par Paul VI au nom explicitement invoqué de l’« autorité suprême qui [lui] vient du Christ Jésus » (24 mai 1976). Il y a là matière à de pertinentes études théologiques qui, semble-t-il, n’ont pas encore vu le jour ; mais qui sont inévitables.

La question qui se pose maintenant n’est pas de formuler les objections doctrinales rencontrées par le Concile et son application. La question est de sortir du refus de débattre qui a été opposé depuis le début aux objections formulées. Celles bien sûr de Mgr Lefebvre et de la FSSPX. Chronologiquement, celles tout d’abord de l’abbé Georges de Nantes. Puis celles qui ont leur énoncé global dans La nouvelle messe de Louis Salleron, qui met en cause « l’idée qui préside à tous les changements actuels » : l’idée de l’évolution. C’est-à-dire d’un évolutionnisme révolutionnaire, plus ou moins consciemment marqué par un souffle de dialectique marxiste. Le catholicisme chassé du temporel à l’issue de la Seconde Guerre mondiale (plus aucun grand Etat qui soit catholique), le clergé et sa hiérarchie se trouvent alors exposés à toutes les contagions.

JEAN MADIRAN
Article extrait du n° 6898 de Présent, du Vendredi 7 août 2009

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Published by XA - dans Madiran
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commentaires

Loulou 11/11/2009 15:15


Juste avant le vote final de la constitution "Eglise et le monde"lors du concile Vatican...2, un cardinal s'est levé et aurait dit "...si nous adoptons ce décret, s'en est fini de notre autorité".
Ce cardinal s'appelait Karol Wojtyla. Ce n'est donc pas étonnant qu'il ait déclaré lors de son élection "N'ayez pas peur". Ouf! Grâce à lui l'autorité l'autorité était sauve. On connaît la suite:
autoritarisme, intransigeance, recul de l'ouverture voulue par jean XX111.
Les fenêtres avaient été ouvertes pour laisser pénétrer les vent, avec J.P 2 elles se sont refermées. Quel dommage!