Saints

Jeudi 1 avril 2004
Voici l’histoire d’un petit berger devenu un grand pape.

Dans la ville de Bosco, située dans le diocèse de Tortona, au nord de l’Italie, naît le15 janvier 1504 Antoine Ghislieri. Sa famille noble et très ancienne, a été ruinée par la guerre. Chez les Ghislieri, on vit donc pauvrement. Antoine est berger. Tout petit, il est déjà attiré par les choses de Dieu


.

Un jour où il garde son troupeau, il aperçoit deux dominicains qui cheminaient de paroisse en paroisse pour prêcher l’Evangile. Il se met à courir au devant d’eux pour leur parler. Les deux religieux sont autant frappés par l’intelligence de l’enfant que par sa maturité. Nul doute que Dieu l’a mis sur leur chemin pour qu’ils aient soin de lui. Ils proposent donc à l’enfant de les suivre pour faire les études qui lui permettraient de prendre l’habit des Frères prêcheurs. Antoine bondit de joie à cette idée. Il se rend à toute vitesse chez ses parents pour les supplier de le laisser partir avec les deux dominicains, ce qu’ils acceptent volontiers. Après avoir reçu leur bénédiction, voici donc l’enfant en chemin pour sa nouvelle vie.

Un religieux de 14 ans

Au monastère, le postulant fait l’unanimité. Sa gentillesse est si grande et si vive son intelligence ! Sa nature assez colérique et son caractère facilement impressionnable sont compensés par une charité exemplaire. Il a aussi une tendre dévotion pour la Sainte Vierge qu’il sait honorer par mille petites attentions. L’enfant accepte la dure vie monastique et reçoit docilement l’enseignement de ses maîtres. Il est adopté par toute la communauté qui décide de lui donner l’habit des dominicains et le nom de frère Michel Alexandrin (Bosco était en effet proche d’Alexandrie en Piémont).

Le novice débute ses études scolastiques à Vigevano, où il prononce ses vœux solennels en 1519,- à 15 ans ! - puis il est envoyé à Bologne, berceau du fondateur de l’Ordre, réputé pour la solidité de la formation dispensée. Les progrès de frère Michel Alexandrin en théologie sont si rapides qu’il est bientôt capable d’enseigner à son tour. Il connaît certainement l’ivresse que donne le plaisir intellectuel, car le jeune professeur met en garde ses élèves : « il faut toujours assaisonner la science avec le sel de la piété ! » Lui-même donne autant l’exemple par son assiduité aux exercices de la communauté et le temps qu’il passe en oraison devant le tabernacle, que par son zèle à l’étude. Pour lui « la liturgie et l’étude sont les deux mamelles fournissant le lait spirituel sans lequel l’âme reste stérile ».

Lorsqu’il atteint 24 ans révolus, ses supérieurs jugent qu’il est suffisamment préparé pour devenir prêtre. Le jeune frère, lui, s’en trouve pourtant bien indigne. Michel Alexandrin est donc ordonné prêtre et célèbre sa première messe à Bosco, berceau de sa famille. Sa ville natale est alors dans une grande désolation : la contrée vient d’être dévastée par les armées françaises de François 1er marchant sur Pavie, et le jeune prêtre s’emploie à réconforter ses compatriotes.

Il retourne ensuite à Bologne où il reprend l’enseignement de la théologie, puis durant seize ans, il sera successivement le prieur des monastères de Vigevano, de Soncino et d’Alba. Il y laisse le souvenir d’un supérieur juste, plein d’affection pour ses frères qu’il soigne comme aurait fait une maman, tout en réclamant d’eux une stricte pratique de l’obéissance. Exigeant pour ses frères, il l’est aussi pour lui même.

Inquisiteur en Lombardie

Tandis que les armées françaises ravagent la Lombardie, les protestants de Suisse, disciples de Calvin, en profitent pour introduire en fraude de mauvais livres, ce qui constitue un réel danger pour le peuple, curieux de ces écrits qui ont l’attrait de la nouveauté et de la contestation.

Cette grave affaire préoccupe beaucoup le pape. Après en avoir mûrement délibéré, le Saint-Office romain décide de nommer le père Michel Alexandrin Inquisiteur, car sa rigueur théologique lui permettra facilement de démontrer la fausseté des livres hérétiques. Le voici donc envoyé à Côme dans le nord de l’Italie. A peine nommé en 1545, il part visiter le territoire qu’on lui a désigné. Là, au lieu de rechercher ses aises, comme le voudrait sa nouvelle et importante fonction, il va à pied, préférant l’inconfort d’une mauvaise paillasse à un bon lit et s’imposant de mortifiantes privations. En chemin, il égrène son rosaire ou récite à haute voix des prières. Autant de manières de sanctifier sa mission et de montrer l’exemple.

Or il advient qu’à Côme, un marchand a convenu avec les Protestants genevois de l’envoi d’un grand nombre de livres de propagande calviniste qu’il pourra vendre à bon prix en faisant de gros bénéfices. Le bonhomme trouve moyen de corrompre tous chanoines du Chapitre pour qu’ils ferment les yeux sur son trafic. Lorsque le Père inquisiteur apprend l’affaire, il décide d’excommunier tous les responsables de ce mauvais commerce, à commencer par tous les chanoines. Mais ces derniers ne se démontent pas. Ils font courir dans la ville toutes sortes de bruits pour monter le peuple contre l’inquisiteur. Le chanoine le plus compromis a même l’audace de porter plainte auprès du gouverneur de Milan, en lui présentant les choses à sa manière, c’est à dire en cachant le trafic de livres et en imputant toute la responsabilité des troubles à l’intransigeance du père Michel Alexandrin. Le mauvais prêtre est beau parleur et le gouverneur se laisse convaincre. Il convoque l’inquisiteur pour le remettre à sa place de manière outrageante.

Devant cette infamie, il en va de l’honneur de l’Eglise. Ghislieri part sur le champ à Rome pour retracer ce qui s’est passé. Il arrive le 24 décembre 1550. Lorsqu’il frappe à la porte du couvent de son ordre, le prieur le prend pour un de ces ambitieux venu mendier des faveurs à la cour du pape : « Que venez vous chercher ici, mon père ? Venez vous voir si le collège des cardinaux est disposé à vous faire pape ? » dit-il, railleur, et bien loin d’imaginer que ce celui dont il se moquait monterait bientôt sur le trône de saint Pierre ! Qu’importe, l’inquisiteur peut s’expliquer auprès de la Curie qui approuve entièrement sa conduite. Les réclamations injustes des chanoines de Côme sont rejetées, pour leur plus grande confusion.

Ardent défenseur de la foi, le père Michel Alexandrin déploie tout son zèle de prédicateur pour ramener des âmes à Dieu. Nombreux sont ceux qui se convertissent, comme Sixte de Sienne. Ce juif d’origine avait adopté la foi catholique et était entré chez les franciscains, puis il avait tout renié et avait été condamné comme relaps. Avec humilité et douceur, le père inquisiteur lui avait expliqué ses erreurs et était parvenu à le faire revenir à l’Evangile. Sixte entra chez les dominicain et vécut jusqu’à sa mort comme un frère exemplaire de l’ordre.

Evêque et bientôt cardinal

Pendant son séjour à Rome, le père Michel Alexandrin s’est lié d’amitié avec le cardinal Carafa, préfet de la congrégation du Saint-Office. Celui-ci est émerveillé par les qualités d’âme du dominicain. Nul doute que la Providence a choisi ce missionnaire ardent et généreux pour lutter contre l’hérésie protestante qui ne cesse de gagner du terrain. Au lieu de le laisser retourner en Lombardie, Carafa appelle le père Michel Alexandrin qui a 47 ans comme commissaire général du Saint-Office. En 1555 Carafa, élu pape sous le nom de Paul IV, confirme le père Michel Alexandrin dans sa commission au Saint-Office et le nomme évêque de deux diocèses importants situés près de Rome. Le dominicain de 51 ans, ne veut accepter un tel honneur. Il supplie le pape de le laisser mourir sous l’habit de moine, mais celui-ci le rappelle à l’obéissance et le consacre évêque. Le pape lui avait dit : « je vous attacherai au pied une chaîne si forte qu’après ma mort même vous ne pourrez plus songer au cloître ». Cette chaîne est le cardinalat auquel Ghislieri est promu le 15 mars 1557. Quelques mois après, le 14 décembre 1558, Paul IV l’institue à 54 ans Grand Inquisiteur souverain de la Chrétienté (et nul ne portera ce titre après lui).

Les exigences sociales liées à toutes ces charges répugnent à son austérité de dominicain. Le cardinal Ghislieri ne tolère que ce qui est strictement nécessaire à l’étiquette et vit de manière austère. Son palais ressemble à un couvent. Il engage des domestiques disposés à accepter ce mode de vie ascétique, mais les traite avec une délicatesse impensable pour l’époque. Matin et soir, il préside à leur prière, et lorsque l’un d’eux tombe malade, il le fait porter dans une des plus belles pièces du palais pour le soigner comme un prince. Et il ne manque pas, malgré ses nombreuses occupations, de lui rendre visite plusieurs fois dans la journée !

A la mort de Paul IV, est élu l’oncle de Charles Borromée, le pape Pie IV qui pratique le népotisme. Le cardinal grand inquisiteur ne mâche pas ses mots pour le lui reprocher. Ce qui provoque grande colère du pape qui, pour le disgracier, le nomme évêque de Mondovi, petite ville du Piémont. L’inquisiteur obéit, mais il tombe gravement malade. Au moment où son état s’améliore, il apprend la mort de Pie IV (9 décembre 1565) et doit donc retourner à Rome pour l’élection du nouveau pape.

Elu pape

Comme aucune unanimité ne parvenait à se faire sur les noms proposés, le cardinal Charles Borromée proposa celui du grand inquisiteur qui emporta l’élection. A l’annonce de cette décision, le cardinal Ghislieri décida de prendre le nom de Pie V pour bien marquer qu’il oubliait le passé.

Mais quelle sera la réaction du peuple de Rome ? Le cardinal est connu pour sa sévérité. Le nouveau pape met une telle ardeur à faire cesser tous les abus en particulier l’ivrognerie et l’immoralité, qu’il n’est pas très populaire. Il est pourtant attentif aux réclamations des romains. Il met en chantier de grands travaux pour amener l’eau potable en ville et améliorer leur existence. Dans les couvents il s’emploie à restaurer la règle. Il lutte sans trêve contre l’immoralité et l’ignorance des prêtres. Certains ne se confessent jamais. Ils s’en croient dispensés parce qu’ils ont pouvoir de confesser et vivent en état de péché mortel. D’autres sont incapables de dire correctement la messe. Le clergé est dans un bien triste état !

Pour l’intérêt de l’Eglise

Or ce qui est le plus important pour lutter contre l’hérésie protestante est d’avoir de bons et saints prêtres ayant une solide formation. Il établit donc des séminaires et favorise la diffusion des écrits du Docteur angélique, saint Thomas d’Aquin, dont il finance la publication des œuvres. Nulle meilleure arme pour combattre les erreurs du temps que la Somme théologique ! Mais la formation intellectuelle ne suffit pas. Pour que l’Eglise retrouve son beau visage, il faut que ses ministres montrent l’exemple dans la conduite de leur vie et dans leurs mœurs. Pie V est un défenseur absolu des réformes décrétées par le concile de Trente.

Pie V qui avait constaté l’état lamentable du culte divin, engage une grande réforme liturgique qui va aider au renouveau de l’Eglise. Une bulle de 1568 réforme le bréviaire romain, et l’applique à toute la chrétienté. Puis une bulle de 1570, impose l’usage du missel romain aux églises d’Occident dont la tradition liturgique a moins de 200 ans d’existence (c’est pourquoi on parlera de la « messe de saint Pie V »). Pour lutter contre les hérésies, Pie V réforme les services de la Curie (1569), crée la congrégation des évêques et celle de l’Index (1571). Enfin, il ravive le recours à la miséricorde de l’Eglise par les indulgences.

La victoire de Lépante contre les Turcs

Un autre danger menace la chrétienté occidentale : les princes se jalousent et s’opposent entre eux. Certains sont devenus protestants. Les Turcs profitent des oppositions qui divisent l’Europe pour étendre leur domination. En 1566 L’empereur Maximilien II tente de reprendre la Hongrie mais échoue, tandis que le Sultan Soliman II cherchant à s’emparer de l’île de Malte achoppe devant la résistance des chevaliers. Sélim II son successeur, conquiert l’île de Chypre en 1570 dont il décime la population. Il faut à tout prix bloquer l’avance musulmane et le pape écrit aux princes chrétiens pour qu’ils fassent alliance. Seuls répondent Venise et l’Espagne. Le pape suscite un grand élan de prière dans toute la chrétienté et mobilise les confréries du Rosaire.

Les 200 galères de l’armée catholique arrivent le 7 octobre 1571 dans le golfe de Lépante en vue des 300 galères turques. La bataille est terrible. Ordre est donné de libérer les galériens de la ligue chrétienne. Ils renforcent l’assaut des soldats et se battent comme des lions. Quand les turcs font de même, leurs rameurs, en majorité des chrétiens, se retournent contre eux. Trente mille turcs périssent. La marine chrétienne qui a perdu huit mille hommes a stoppé l’expansion musulmane. Pour rendre grâces de cette magnifique victoire, le pape qui, dans le jeûne et la prière, avait confié le sort du monde chrétien à Notre Dame, institue au jour anniversaire de cette belle victoire une fête en son honneur : Notre Dame de la Victoire, aujourd’hui Notre-Dame du Saint Rosaire.

Mais le pape, rongé par la maladie de la pierre, tombe bien malade au début de l’an 1572. Le mal, qu’il supporte avec patience s’aggrave et finalement l’emporte le 1er mai. Cent ans jour pour jour après sa mort, Pie V est béatifié, 69 miracles figurent à son procès de canonisation. Il est canonisé par Clément XI le 22 mai 1712.

Catherine Bousquet

Article publié dans la revue TRANSMETTRE, n°60 daté d'avril 2004
diffusé ici avec l'aimable autorisation de M. Denis SUREAU, directeur de la publication

TRANSMETTRE
www.transmettre.fr
26 rue Roublot 94 210 Fontenay-sous-Bois
Tél. 01 48 76 72 91 - Fax. 01 48 76 89 95

Par XA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 1 mai 2002

Luigi Beltrame Quattrocchi est né à Catane le 12 janvier 1880 et il arrive à Rome en 1890. C'est là qu'il rencontra et épousa Maria Corsini, le 25 novembre 1905, en la basilique Sainte-Marie-Majeure. Ils se sont connus par l'intermédiaire d'amis communs.

Ils eurent deux fils et deux filles. Les fils sont prêtres, l'un prêtre diocésain et l'autre trappiste. Les filles sont consacrées, l'une consacrée laïque, et l'autre bénédictine.

Diplômé en droit à l'université romaine La Sapienza, Luigi Quattrocchi a suivi une carrière d'avocat auprès de différents ministères italiens. Il était engagé dans l'apostolat catholique et se distinguait par une vie chrétienne exemplaire. Il s'est éteint à Rome, le 19 novembre 1951.


Maria Corsini était née à Florence le 24 juin 1884 et était arrivée à Rome en 1893. Elle partageait les engagements apostoliques de Luigi. En 1914, à la suite du tremblement de terre d'Avezzano, elle s'est dévouée au secours des blessés. Devenue tertiaire franciscaine, elle était catéchiste, et fit partie du Conseil central de l'Action catholique féminine, et adhéra aussi à d'autres mouvements. Elle est aussi l'auteur de différents ouvrages de spiritualité. Elle s'est éteinte à Serravalle (région de Bibbiena), au cours de ses vacances, en 1965.

Pour la première fois dans l'histoire, Jean-Paul II a béatifié fin octobre dernier un couple. C'est ainsi une manière de dire à l'Eglise du troisième millénaire que la sainteté n'est pas le "monopole" des religieux.

Maria et Luigi ont donc eu quatre enfants:
Filippo (aujourd'hui le père Tarcisio), né en 1906;
Stefania (soeur Maria Cecilia), née en 1908 et décédée en 1993;
Cesare (aujourd'hui le père Paolino), né en 1909;
Enrichetta, née en 1914.
Filippo; Stefania et Enrichetta ont d'ailleurs tous les trois assisté à la cérémonie de béatification de leurs parents.

Maria fait de son foyer un lieu chaleureux, où sont accueillis famille et amis.
Avec Luigi, elle se rend chaque jour à la messe.
Maria écrit à ce sujet : "La journée commençait ainsi : messe et communion, ensemble. Sortis de l'église, il me disait "bonjour", comme si la journée ne commençait que maintenant. On achetait le journal, puis on montait à la maison. Lui à son travail, moi à mes occupations. Chacun pour son propre compte, mais en gardant la présence de l'autre incessamment en nous."
Elle dit plus loin : "Le dîner, quelques passages de livres plaisants, puis le chapelet. Vie sereine, intellectuelle, intéressante, intime et reposante. Jamais futile, jamais triste et pessimiste. Vie vécue dans le sens plein de la parole. Non survolée, mais animée de la joie de la conquête qu'il portait en lui chaque minute, avec la joie d'être ensemble, toujours nouvelle."

Maria et Luigi élèvent ainsi avec Foi leurs enfants, soutenus par le Père franciscain Pellegrino Paoli, qui deviendra leur Père spirituel et celui de toute la famille.
En 1913, lorsque Maria est enceinte de leur quatrième enfant, Enrichetta, les médecins lui annoncent qu'elle ne survivra pas si elle garde cet enfant, qui n'a aucune chance de vivre selon eux.
Mais elle décide de se confier à la Providence. Et la naissance se passera bien, après une grossesse malgré tout difficile.

Parallèlement, Luigi s'engage avec Maria dans différents mouvements catholiques italiens. Il appuie ouvertement le Parti populaire naissant. En semble, ils fondent des mouvements de jeunes dans les quartiers défavorisés de Rome. Durant la guerre d'Ethiopie puis la 2ème guerre mondiale, Maria part comme infirmière volontaire de la Croix-Rouge.

Le cardinal Martins, préfet de ma Congrégation pour la cause des saints, a déclaré à leur sujet dans l'Osservatore Romano (10 oct. 2001) que leur "vie constitue une sorte d'évangile familial. Ils ont su vivre saintement leur devoir d'époux, de père et de mère dans un intense et vivifiant rapport entre la Foi et le sacrement du mariage ainsi que dans une parfaite communion de vue, de sentiment et de cœur."

Le père Paolino Rossi, qui a présenté à la Congrégation vaticane pour les Causes des Saints la documentation qui a permis de prouver l'héroicité des vertus des époux, poursuit en disant qu'"il s'agissait d'un couple extrêmement équilibré qui a su joindre une grande attention aux enfants - même lorsque les trois aînés sont entrés dans les ordres. Luigi et Maria sont restés très proches d'eux - à une activité professionnelle et à des apostolats extérieurs, le tout porté par une intense vie de prière. Ils ont su porter l'Evangile au quotidien, de manière cohérente et concrète".

Le père Rossi a expliqué que la Congrégation a approuvé un seul miracle pour les deux serviteurs de Dieu. Il s'agit de la guérison de Gilberto Grossi, qui est aujourd'hui neurochirurgien.
Le postulateur explique que c'est grâce à l'intercession des deux conjoints qu'il a obtenu de Dieu la guérison d'altérations osseuses, qui l'obligeaient souvent à rester immobile. Il a été guéri d'une grave arthrite liée à une inflammation intestinale progressive et provoquant des ulcères cutanés.
Ayant fait la connaissance d'un fils de Luigi et Maria, et après avoir pris connaissance de leur spiritualité et de leur sainteté, il s'était confié à leur commune protection. Il fut guéri alors qu'il travaillait dans la maison de la famille Beltrame Quattrocchi. Il avait été chargé de classer les écrits des époux.
Sa guérison a été reconnue le 21 mai 2001 par la commission des médecins de la Congrégation pour la cause des saints comme étant "imprévue, complète, durable et inexplicable scientifiquement."

"Reconnaissant leur "intercession commune", on peut dire que les théologiens ont souligné que les époux sont unis non seulement dans la dimension humaine mais aussi spirituelle".
En béatifiant ensemble les époux Luigi Quattrocchi et Maria Corsini, Jean Paul II a fait remarquer :
" Aujourd'hui, nous avons une confirmation singulière que le chemin de la sainteté accompli ensemble, en tant que couple, est possible, est beau, est extraordinairement fécond et est fondamental pour le bien de la famille, de l´Eglise et de la société".
"Ils ont vécu, a dit encore Jean Paul II, "un engagement particulier sur le chemin de sainteté auquel les époux sont appelés par la force de la grâce sacramentelle ... Ces époux ont vécu, à la lumière de l´Evangile, et avec une grande intensité humaine, l´amour conjugal et le service de la vie. Ils ont assumer avec une pleine responsabilité la tâche de collaborer avec Dieu à la procréation, se dévouant généreusement à leurs enfants pour les éduquer, les guider, les orienter à la découverte de son dessein d'amour ".

" Sur les chemins de la mission, la famille est la première et la plus importante", a dit encore le pape.
Ils l'ont vécu en effet, dans un climat de sérénité, d´hospitalité, d´amitié, et aussi de distractions, de villégiature, de bicyclette! Et la chose la plus extraordinaire est qu´ils ont su se sanctifier et vivre l´ordinaire.

Enfin, lorsque la béatification de Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi a été approuvée, un problème s´est posé à la Congrégation pour les Causes des Saints: quel jour l´Eglise allait-elle les fêter? C´était la première fois que deux époux étaient béatifiés ensemble.
En général, la fête des bienheureux correspond au jour de leur mort, le jour de leur union à Dieu. Mais pouvait-on fêter les nouveaux bienheureux à deux dates différentes?
Jean-Paul II a demandé que la fête liturgique des bienheureux Quattrocchi soit fixée au jour anniversaire de leur mariage. Luigi et Maria se sont mariés le 25 novembre 1905. Pour le moment, cette fête n´est observée qu´à Rome, le diocèse des bienheureux, car la béatification a un caractère local. S´ils sont canonisés, leur fête liturgique prendra un caractère universel. 
  
Bernard JOUSTRATE

Par XA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Vos Commentaires

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus