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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 09:16

 

« Rome a parlé »

 

Monseigneur Nourrichard se plaît à dire que « Rome » a parlé, et que la Congrégation pour le clergé a confirmé sa décision.

 

C'est aller un peu vite en besogne. Non la Congrégation n'a en rien confirmé sa décision, elle répond simplement que le recours de l'abbé est juridiquement rejeté. Elle ne répond absolument pas au problème de fond, à savoir l'intérêt pastoral, l'intérêt des âmes. Elle répond sur le plan purement administratif.

 

Or sur le terrain, cette décision de l'évêque d'Evreux reste insoluble :

- les fidèles ne reconnaissent pas Jean Vivien pour leur curé, ne se retrouvent pas dans sa « pastorale » ;

- et ils veulent garder leur curé, l'abbé Michel, celui qui les guide depuis plus de 20 ans, a partagé leurs joies et leurs peines, comme « le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent » (Jn X, 11-18)

 

Monseigneur appelait au dialogue, mais un dialogue demande que l'interlocuteur écoute. Aujourd'hui les fidèles de Thiberville n'ont toujours pas été entendus. A la voix plaintive des « brebis », il ne répond jusqu'à ce jour que par l'obéissance et la menace.

 

Qu'il nous soit permis de rappeler à Monseigneur que le 23 avril 2004 et le 22 février 2007, Rome a parlé ! Nous aimerions voir le zèle intrépide d'un successeur des Apôtres dans l'application de l'instruction Redemptionis Sacramentum, rappelant l'importance de l'application rigoureuse des normes officielles dans la liturgie, et à nouveau dans l'exhortation Sacramentum Caritatis. Le silence assourdissant dans ce domaine sous-entendrait que tous les prêtres du diocèse appliquent fidèlement les directives romaines sur la liturgie et proposent à leurs fidèles LA liturgie romaine authentique... Qu'il nous soit permis d'en douter, car il suffit de quitter de quelques kilomètres le secteur de Thiberville pour être témoin du contraire.

 

Alors oui, « Rome a parlé »... mais il serait bon de ne pas écouter que ce qui arrange... Aujourd'hui l'abbé Michel donne à ses fidèles ce que le Peuple de Dieu est en droit d'attendre de son prêtre, et ces derniers ne sont pas disposés à l'abandonner ! Si Monseigneur pense que l'affaire sera réglée par décret, si Monseigneur s'en tient à l'état « administratif » du problème... alors bien loin d'une solution, nous nous trouvons dans une impasse dont il lui faudra assumer les conséquences.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 00:19

http://www.leprogres.fr/fr/images/get.aspx?imedia=16958400

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 11:18

Dimanche 4 avril à 7h30, au matin de Pâques, tous les chrétiens d’Île-de-France ont été invités à se rassembler sur l'esplanade de La Défense pour "proclamer "Christ est ressuscité"".

 "Une formidable occasion (...) donnée d'exprimer au monde l'essentiel de notre foi commune", peut-on lire sur le blog dédié à cette manifestation. Etaient réunis des catholiques (dont le cardinal Vingt-Trois), des orthodoxes, des anglicans, des protestants, etc.

La question que je me pose : à quel moment a été prise la photographie ci-dessous ? Quelle peut être la signification d'un tel geste en liturgie oecuménique ?

http://lh6.ggpht.com/_OeNlJmh0Hto/S7s1YdwxDTI/AAAAAAAADkM/DF38F0-nRzo/s1024/_YBK0208.jpg

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 10:59

Sur son blog, Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, revient sur les derniers événements qui ont marqué l'Eglise et Benoit XVI. Un billet qui comporte un certain nombre de contradictions et une conclusion qui laisse pantois. Il faudrait qu'un jour ce petit monde médiatique comprenne bien que l'Eglise ne se fait pas ni ne se fait au gré du sens du vent. XA

 

La faiblesse politique de Benoît XVI

Ce week-end de Pâques a été dominé par la polémique sur l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des prêtres pédophiles. Pâques est traditionnellement le point culminant de l’année religieuse pour les catholiques. Leur Eglise traverse une crise multiforme à laquelle se sont ajoutées des polémiques récentes, visant le pape lui-même et qui sont de nature à aggraver
ces difficultés. Comme toujours, lorsqu’une institution est attaquée, elle cherche à s’abriter soit derrière la théorie du complot, soit derrière la dénonciation de l’« acharnement » médiatique (défense à laquelle un prédicateur mal inspiré a ajouté une comparaison fâcheuse avec l’antisémitisme). En l’espèce, il y a, dans cette crise particulière, une part injuste et une part compréhensible dans ce qu’elle vise le pape lui-même. Injuste, car Benoît XVI est celui qui, le premier, a fait face avec constance et fermeté à la question de la pédophilie des prêtres. Question dont il s’était saisi avant son élection et qui l’a conduit ensuite à convoquer les évêques américains lors de son voyage aux Etats-Unis, puis, à Rome, les évêques australiens, et enfin le clergé irlandais auquel il a été rappelé, d’une part, que la pédophilie est un crime et que, d’autre part, les coupables doivent être jugés par la justice des hommes?; qu’il ne convient donc plus de les protéger mais bien de les dénoncer. La part compréhensible dans la focalisation contre Benoît XVI vient du rappel dans le New York Times que, lorsqu’il était lui-même évêque en Allemagne, il avait sans doute participé d’une attitude générale de l’Eglise, qui était le secret et les arrangements. Or des événements graves, datant d’il y a une trentaine d’années, et qui avaient eu lieu dans son propre diocèse, ont été récemment dénoncés. D’une façon générale, cette crise et sa très mauvaise gestion médiatique attirent l’attention sur la faiblesse politique de l’actuel pontificat. Il est vrai que Benoît XVI succède à la figure prophétique de Jean-Paul II. Il est vrai aussi qu’il a été choisi par le collège des cardinaux parce qu’il était âgé au moment de son élection?; et parce que les cardinaux ont considéré qu’il faudrait à l’Eglise beaucoup de temps pour digérer le pontificat prolifique de Jean-Paul II. Et qu’il leur fallait donc un pape de transition. C’est sans doute là que réside l’erreur. Car si l’on fait l’inventaire des urgences auxquelles l’Eglise doit faire face, qui vont des massacres de chrétiens dans certains pays musulmans à l’explosion des sectes de toutes sortes se réclamant du christianisme, on peut se demander si la figure du pur intellectuel exclusivement préoccupé de théologie qu’est Benoît XVI était bien adaptée.

Jean-Marie Colombani

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 09:21

Sous prétexte de soutien à l'économie locale, l'Irlande cède petit à petit...

 

AFP - 02/04/2010 à 17h11

Les pubs de Limerick, l'une des plus importantes villes d'Irlande, ont été autorisés à ouvrir un Vendredi saint pour la première fois depuis 83 ans grâce à l'engouement des Irlandais pour le rugby qui l'a l'emporté sur une loi interdisant l'ouverture des pubs ce jour-là

Depuis une loi datant de 1927, les pubs de la très catholique Irlande n'ont pas le droit d'ouvrir en ce jour solennel où les chrétiens commémorent la crucifixion de Jésus. Jusqu'à cette année, du moins.

La confrontation à guichets fermés des deux plus importantes équipes de rugby du pays et ex-championnes d'Europe --Munster et Leinster-- vendredi au stade de Thomond park à Limerick (sud-ouest de l'Irlande) a modifié la donne.

Les propriétaires de pubs de cette ville située au coeur de l'Irlande du rugby et qui abrite les plus fervents supporteurs de l'équipe de Munster, ont obtenu de la justice une exemption à la législation pour pouvoir profiter de la manne financière des dizaines de milliers de fans du ballon ovale qui ont afflué dans leur ville.

Lors d'une audience le mois dernier, une centaine de "publicans" ont estimé que ce match pourrait injecter 7,5 millions d'euros dans l'économie locale, durement touchée par la récession en Irlande.

Cette exemption est considérée comme un événement marquant et aurait été inimaginable il y a encore quelques années lorsque la puissante église catholique d'Irlande --actuellement affaiblie par un scandale sur des abus sexuels sur enfants commis par des prêtres pendant des décennies-- imposait la conduite à suivre.

Après le feu vert de la justice, des T-shirts ont été vendus arborant le slogan: "Officiellement plus fort que l'église catholique. Le Vendredi saint du rugby de Munster".

Jerry O'Dea, président de la Vintners Federation de Limerick, qui représente les propriétaires de pubs de la ville, a estimé qu'il s'agissait d'une victoire "de bon sens".

Le journaliste chargé des questions religieuses pour le Irish Independent et responsable de l'Institut Iona qui défend les valeurs catholiques, David Quinn, a écrit vendredi: "Avec l'église sur les genoux, même les propriétaires de pubs prennent part à la curée".

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 21:49

Nous parlons trop de Golias. J'en suis certain.

Mais quand ce torche-fesses s'en prend au milieu catholique traditionnel, il est difficile de ne pas réagir. C'est notamment le cas dans cet ignoble "article" pondu par les sbires de M. Terras, qui a pour titre "La pédophilie du clergé en sourdine". Bon an mal an, ces salopards de Golias (je ne trouve pas d'autre nom) s'en prennent au clergé Tradilandais, et à ses ouailles, en sous-entendant que nous pourrions nous taire tout en "sachant". 

Il y a quelques années la Conférence des Evêques de France avait jugé opportun de condamner cette revue. Il me semblerait opportun de renouveler publiquement et médiatiquement cette condamnation. Cela ne fera de mal à personne. Au moins quand même nos concitoyens pourront-ils savoir que lorsque les medias nous présentent Monsieur Terras comme un analyste sérieux, ils se moquent de nous sinon d'eux-mêmes.

XA

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 19:43

http://www.monde-vie.com/images/une825.gif

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:45

Le mensuel mag2Lyon, fondé et dirigé par le sinistre Philippe Brunet-Lecomte, fils d'un ancien président des AFC-Lyon, vient encore de se livrer à un de ces scandales dont il a le secret.

Monsieur Brunet Lecomte appelle cela "un testing". Ainsi n'a-t-il rien trouvé de mieux que d'envoyer quatre journalistes de son équipe "à confesse".

Et cela donne ceci :

 Comment l’Eglise lyonnaise réagit aujourd’hui face au scandale de la pédophilie ? Des reproters (sic) de Mag2 Lyon sont allés se confesser auprès de curés lyonnais en expliquant qu'ils avaient été victimes d'abus sexuels dans leur enfance. 

http://mag2lyon.com/images/small_398eaf94bfb41f03270f1fdb6383a174.jpgNos pauvres compères font même mine d'être "tombés par hasard sur le cardinal Barbarin à la cathédrale St Jean. Comment ne pas admirer ces journalistes qui trouvent le moyen d'aller pile-poil un vendredi soir à la cathédrale, juste au moment où le Primat des Gaules est précisément à l'écoute des fidèles du diocèses ? On appelle cela "avoir le nez creux". A moins qu'en fait on se fiche précisément de la figure de son lectorat. Comment imaginer en effet que cette demoiselle se soit trouvée là "par hasard". Le but n'était-il pas justement de "se payer le cardinal".

A la lecture de l'article, elle en fut pour ses frais, et le Brunet-Lecomte avec elle, puisque les réponses de Mgr Barbarin ont été impeccables. Reste le scandale de ces fausses confessions réalisés par cette équipe éditoriale, qui avait aussi testé du temps de feu Lyon Mag les différents confesseurs lyonnais.

Quand donc ficheront-ils la paix aux catholiques ? Quand donc respecteront-ils nos sacrements ?


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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 17:49

Ce sera bien jusqu'à la lie...

 

C'est à lire en cliquant ici.

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 14:43

Monseigneur Rouet dans ses oeuvres. Tout simplement terrifiant. C'est mon ami, l'abbé Michel Durand, qui va être content...

"L'Eglise est menacée de devenir une sous-culture"

 

LEMONDE | 03.04.10 | 13h41  •  Mis à jour le 03.04.10 |

 Archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet est l'une des figures les plus libres de l'épiscopat français. Son ouvrage J'aimerais vous dire (Bayard, 2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à plus de 30 000 exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La Procure, ce livre d'entretiens porte un regard assez critique sur l'Eglise catholique. A l'occasion de Pâques, Mgr Rouet livre ses réflexions sur l'actualité et son diagnostic sur son institution.

L'Eglise catholique est secouée depuis plusieurs mois par la révélation de scandales de pédophilie dans plusieurs pays européens. Cela vous a-t-il surpris ? 

Je voudrais d'abord préciser une chose : pour qu'il y ait pédophilie, il faut deux conditions, une perversion profonde et un pouvoir. Cela signifie que tout système clos, idéalisé, sacralisé est un danger. Dès lors qu'une institution, y compris l'Eglise, s'érige en position de droit privé, s'estime en position de force, les dérives financières et sexuelles deviennent possibles. C'est ce que révèle cette crise, et cela nous oblige à revenir à l'Evangile ; la faiblesse du Christ est constitutive de la manière d'être de l'Eglise.

En France, l'Eglise n'a plus ce type de pouvoir ; cela explique qu'on est face à des fautes individuelles, graves et regrettables, mais que l'on ne connaît pas une systématisation de ces affaires.

Ces révélations surviennent après plusieurs crises, qui ont jalonné le pontificat de Benoît XVI. Qui malmène l'Eglise ? 

Depuis quelque temps, l'Eglise est battue d'orages, externes et internes. On a un pape qui est plus théoricien qu'historien. Il est resté le professeur qui pense que quand un problème est bien posé, il est à moitié résolu. Mais dans la vie, ce n'est pas comme cela ; on se heurte à la complexité, à la résistance du réel. On le voit bien dans nos diocèses, on fait ce qu'on peut ! L'Eglise peine à se situer dans le monde tumultueux dans lequel elle se trouve aujourd'hui. C'est le coeur du problème.

Au-delà, deux choses me frappent dans la situation actuelle de l'Eglise. Aujourd'hui, on y constate un certain gel de la parole. Désormais, le moindre questionnement sur l'exégèse ou la morale est jugé blasphématoire. Questionner ne va plus de soi, et c'est dommage. Parallèlement, règne dans l'Eglise un climat de suspicion malsain. L'institution fait face à un centralisme romain, qui s'appuie sur tout un réseau de dénonciations. Certains courants passent leur temps à dénoncer les positions de tel ou tel évêque, à faire des dossiers contre l'un, à garder des fiches contre l'autre. Ces comportements s'intensifient avec Internet.

En outre, je note une évolution de l'Eglise parallèle à celle de notre société. Celle-ci veut plus de sécurité, plus de lois, celle-là plus d'identité, plus de décrets, plus de règlements. On se protège, on s'enferme, c'est le signe même d'un monde clos, c'est catastrophique !

En général, l'Eglise est un bon miroir de la société. Mais aujourd'hui, dans l'Eglise, les pressions identitaires sont particulièrement fortes. Tout un courant, qui ne réfléchit pas trop, a épousé une identité de revendication. Après la publication de caricatures dans la presse sur la pédophilie dans l'Eglise, j'ai eu des réactions dignes des intégristes islamistes sur les caricatures de Mahomet ! A vouloir paraître offensif, on se disqualifie.

Le président de la conférence épiscopale, Mgr André Vingt-Trois l'a redit à Lourdes le 26 mars : l'Eglise de France est marquée par la crise des vocations, la baisse de la transmission, la dilution de la présence chrétienne dans la société. Comment vivez-vous cette situation ? 

J'essaie de prendre acte que nous sommes à la fin d'une époque. On est passés d'un christianisme d'habitude à un christianisme de conviction. Le christianisme s'était maintenu sur le fait qu'il s'était réservé le monopole de la gestion du sacré et des célébrations. Face aux nouvelles religions, à la sécularisation, les gens ne font plus appel à ce sacré.

Pour autant, peut-on dire que le papillon est "plus" ou "moins" que la chrysalide ? C'est autre chose. Donc, je ne raisonne pas en termes de dégénérescence ou d'abandon : nous sommes en train de muter. Il nous faut mesurer l'ampleur de cette mutation.

Prenez mon diocèse : il y a soixante-dix ans, il comptait 800 prêtres. Aujourd'hui il en a 200, mais il compte aussi 45 diacres et 10 000 personnes impliquées dans les 320 communautés locales que nous avons créées il y a quinze ans. C'est mieux. Il faut arrêter la pastorale de la SNCF. Il faut fermer des lignes et en ouvrir d'autres. Quand on s'adapte aux gens, à leur manière de vivre, à leurs horaires, la fréquentation augmente, y compris pour le catéchisme ! L'Eglise a cette capacité d'adaptation.

De quelle manière ? 

Nous n'avons plus le personnel pour tenir un quadrillage de 36 000 paroisses. Soit l'on considère que c'est une misère dont il faut sortir à tout prix et alors on va resacraliser le prêtre ; soit on invente autre chose. La pauvreté de l'Eglise est une provocation à ouvrir de nouvelles portes. L'Eglise doit-elle s'appuyer sur ses clercs ou sur ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu'il faut faire confiance aux laïques et arrêter de fonctionner sur la base d'un quadrillage médiéval. C'est une modification fondamentale. C'est un défi.

Ce défi suppose-t-il d'ouvrir le sacerdoce aux hommes mariés ?

Non et oui ! Non, car imaginez que demain je puisse ordonner dix hommes mariés, j'en connais, ce n'est pas ça qui manque. Je ne pourrais pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.

Par contre, si on change la manière d'exercer le ministère, si son positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut envisager l'ordination d'hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu'ils deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se replier sur eux-mêmes.

C'est à lui de leur rappeler que l'on est chrétien pour les autres, pas pour soi ; alors il présidera l'eucharistie comme un geste de fraternité. Si les laïques restent des mineurs, l'Eglise n'est pas crédible. Elle doit parler d'adulte à adulte.

Vous jugez que la parole de l'Eglise n'est plus adaptée au monde. Pourquoi ? 

Avec la sécularisation, une "bulle spirituelle" se développe dans laquelle les mots flottent ; à commencer par le mot "spirituel" qui recouvre à peu près n'importe quelle marchandise. Il est donc important de donner aux chrétiens les moyens d'identifier et d'exprimer les éléments de leur foi. Il ne s'agit pas de répéter une doctrine officielle mais de leur permettre de dire librement leur propre adhésion.

C'est souvent notre manière de parler qui ne fonctionne pas. Il faut descendre de la montagne et descendre dans la plaine, humblement. Pour cela il faut un énorme travail de formation. Car la foi était devenue ce dont on ne parlait pas entre chrétiens.

Quelle est votre plus grande inquiétude pour l'Eglise ? 

Le danger est réel. L'Eglise est menacée de devenir une sous-culture. Ma génération était attachée à l'inculturation, la plongée dans la société. Aujourd'hui, le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, tout simplement parce qu'ils ont l'impression d'être face à un monde d'incompréhension. Mais ce n'est pas en accusant la société de tous les maux qu'on éclaire les gens. Au contraire, il faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions de gens meurent de faim. C'est à nous d'apprivoiser le monde et c'est à nous de nous rendre aimables.

Propos recueillis par Stéphanie Le Bars

Article paru dans l'édition du 04.04.10 

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