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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 09:38
Des omissions obstinées dans la messe en français


L’année liturgique commence avec le premier dimanche de l’Avent, qui tombe cette fois le 29 novembre. Notre épiscopat édite, pour sa messe en français, un Missel des dimanches qui change chaque année : puisque le monde change, la liturgie doit changer elle aussi, ainsi l’a voulu, paraît-il, « le Concile » (Vatican II).

Ce qui pourtant ne change pas, c’est qu’il s’agit toujours d’un missel devenu apatride, malgré les protestations qu’il provoque depuis des années. La France est privée de ses saintes patronnes, comme si déjà elle n’existait plus, anéantie par l’évolution mondialiste.

A l’intention des catholiques pratiquants qui risquent désormais de l’ignorer si, depuis trente-six ans, ils vont chaque dimanche à la messe en français et y amènent leurs enfants, rappelons ici que la France a dans le Ciel trois saintes patronnes, qui lui ont été très officiellement attribuées par la Papauté. Il y a d’abord la « patronne principale », qui est Notre-Dame de l’Assomption et dont la fête est le 15 août. Et deux « patronnes secondaires » : sainte Jeanne d’Arc, solennité le second dimanche de mai, et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, fêtée le 1er octobre par la messe en français (mais le 3 octobre par la messe traditionnelle). La solennité de Jeanne d’Arc a été la première abandonnée par l’épiscopat. Les autres ont suivi, il n’a même pas respecté la relation privilégiée de la Sainte Vierge avec les Français.

Pourquoi ces suppressions ? On pense d’abord qu’il pourrait s’agir d’un scrupule rationaliste devant l’idée audacieuse que les saints du Ciel puissent exercer un « patronage » sur nos activités terrestres. Cette idée relèverait d’un passé périmé, tributaire d’un contexte culturel hideusement médiéval.

Mais cette explication par un simple silence n’est pas tenable. Elle a contre elle le témoignage de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : la messe en français lui reconnaît le titre de « patronne des missions ». C’est seulement son patronage français qui a été retranché.

On imagine alors que le titre de patronne « des missions » a été maintenu parce qu’il s’agit d’un patronage religieux, tandis que le patronage de la nation française serait de nature trop politique. Explication insoutenable elle aussi, puisque si la France a perdu ses patronnes, « l’Europe » au contraire en a été comblée. La messe en français célèbre le 23 juillet « sainte Brigitte, patronne de l’Europe » ; elle célèbre le 9 août « sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, patronne de l’Europe », et elle n’oublie pas de fêter le 11 juillet « saint Benoit, patron de l’Europe » (que la messe traditionnelle fête le 21 mars).

Peut-être ne s’agit-il pas forcément d’une volonté délibérée de rendre rigoureusement apatride le missel de la messe en français. Une autre hypothèse explicative est possible. Il faudrait comprendre que l’épiscopat français respecte les décisions pontificales dans tous les cas où la France n’est pas directement concernée mais, par une déviation nationaliste inattendue, veut réputer nul et non avenu ce qui est décidé par le Pape pour la France sans le consentement préalable de la collégialité épiscopale française. Comme pour le catéchisme.

Quelles que soient les intentions, il y a les résultats, et les responsables de ces résultats. La « nouvelle gouvernance de l’Eglise de France », comme dit La Croix, est représentée en l’occurrence par Mgr Le Gall, « président de la Commission épiscopale pour la liturgie ». C’est lui qui donne chaque année l’imprimatur au Missel des dimanches. Lisez bien : Mgr Robert Le Gall (avec deux l), archevêque de Toulouse, à ne pas confondre avec Mgr Patrick Le Gal (avec un seul l). Si le missel en français est devenu apatride, il n’est pas anonyme. « Les auteurs » sont mentionnés en page 2 : un dominicain, un bénédictin, un curé de paroisse, un diacre et six laïcs, et par-dessus tous ceux-là, Mgr Le Gall qui les cautionne au nom de l’épiscopat. Il faudra bien que ces responsables en viennent un jour ou l’autre à faire connaître les raisons de tant d’anomalie.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6967 de Présent du Vendredi 13 novembre 2009
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:39
Lu sur la dernière mise à jour de LA PORTE LATINE :

Pourquoi un film sur Mgr Lefebvre ?

Tout a été dit ou écrit sur Mgr Marcel Lefebvre, le fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ; parfois de façon quasi exhaustive comme dans la magnifique biographie qui lui a été consacrée par Mgr Tissier de Mallerais ; parfois de façon tendancieuse ou malveillante par ceux qui ne supportent pas que la Vérité soit une ; parfois de façon tronquée et abusive par ceux qui « sollicitent » les textes parce qu’ils refusent l’idée même que Rome puisse un jour accepter de « tout restaurer dans le Christ ».

Pour notre part, le District de France a projeté de réaliser un film sur la vie de cet étonnant évêque appelé parfois « l’évêque rebelle » et qui a été à la fois délégué apostolique du grand pape Pie XII, archevêque de Dakar, Supérieur Général des Pères du Saint-Esprit et participant actif du Concile Vatican II.

Pourquoi un film ? Parce qu’à l’époque du « tout visuel » et d’internet, il est devenu indispensable de révéler aux plus jeunes d’entre nous, par le canal d’un vecteur qui leur est familier, comment un homme seul a su résister à l’ensemble des pouvoirs en place : pouvoir du nombre, pouvoir de l’argent, pouvoir « du politiquement et du religieusement corrects ».

Pourquoi ce film ? Pour rétablir les faits dans leur contexte. Pour honorer Mgr Lefebvre et lui rendre justice. Pour faire connaitre au plus grand nombre l’extraordinaire amour de l’Eglise vécu au quotidien par un prêtre catholique.

Ce projet a obtenu le soutien et les encouragements de Mgr Bernard Fellay qui a délivré toutes les autorisations nécessaires à sa réalisation. C’est ainsi que toutes les archives nous sont ouvertes et que nous allons recueillir des témoignages des évêques, des prêtres, des communautés amies qui ont eu la chance de connaître Mgr Lefebvre. Mais nous allons aussi interroger les membres encore vivants de la famille de Monseigneur et tous les laïcs qui voudront bien concourir à cette œuvre qui fera date.

Nous ne vous cachons pas que tout ce travail a un coût même si de nombreux intervenants offrent leurs services. Aussi, je vous invite à y participer soit par la mise à disposition de documents que vous posséderiez, soit en faisant un don à l’Association de Défense du Patrimoine Chrétien [ADPC] qui porte ce projet avec nous.

Pour avoir un aperçu de l’enthousiasmante entreprise que nous allons mener à travers ce film, je vous propose de vous rendre dans la rubrique « Bande annonce » du site de présentation de notre projet.

Abbé Régis de Cacqueray,
Supérieur du District de France
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 09:42
Article publié dans le numéro 28 de Communicantes, Bulletin de la Fraternité Saint-Pierre dans l’Archidiocèse de Lyon

Permettez-moi, dans cet éditorial du mois d’Octobre, de revenir sur mon sermon du dimanche 6 septembre dernier et d’insister sur un précepte important trop souvent négligé voire bafoué, et souvent même par les catholiques les plus pratiquants : la sanctification du dimanche.
Troisième commandement de Dieu, commandement de l’Eglise, ce précepte a pour objet de déterminer le jour où nous devons, en tant qu’individus et en tant que société, nous acquitter envers Dieu de notre double devoir de culte privé et de culte public. Il s’agit donc comme vous le savez, du dimanche. Le commandement de l’Eglise prescrit la sanctification des fêtes comme le dimanche, et d’entendre la Sainte Messe.
Considérons donc les obligations qui s’imposent à un catholique pour ces dimanches et fêtes, et ce dès l’âge de raison. Bien malheureuse époque au cours de laquelle le laïcisme avance à grands pas, jusqu’à nous laisser entrevoir chez des catholiques, l’oubli de différents éléments renfermés en ces préceptes, dont la mise en pratique est nécessaire au salut. En effet, d’année en année, nous nous apercevons que les commerçants ouvrent les boutiques sans motif autre que celui de faire un plus gros gain. Une loi a même été votée cet été, accentuant encore cela ! Restons vigilants. Ne faisons pas nos courses de la semaine, le dimanche ; ne faisons pas travailler et ne travaillons pas nous-mêmes le dimanche. N’encourageons pas, non plus, le travail le dimanche.
« Le dimanche tu garderas, servant Dieu dévotement ». Ce devoir est inscrit dans le coeur de l’homme par la loi naturelle, le jour seul a changé au cours des âges. Il est passé du samedi, jour du Sabbat (Ancien Testament), au dimanche, depuis Notre Seigneur Jésus-Christ, pour marquer le souvenir de la Résurrection du Christ, et de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.
Nous sanctifions donc le jour du Seigneur, de deux manières :
- en participant à la Sainte Messe ;
- en nous abstenant de travailler.

PARTICIPATION A LA MESSE
Tout d’abord, nous devons participer à la messe, et ce sous peine de péché grave. C’est le strict minimum, mais c’est le minimum vital. Essayons cependant de ne pas nous en contenter. Essayons d’arriver à l’heure et sans précipitation. Essayons de préparer les lectures la veille ou le matin ; essayons de savoir à l’avance grâce au missel (que nous possédons tous et que nous apportons à l’église pour mieux comprendre, et donc profiter au maximum des merveilleuses prières de notre messe traditionnelle) quel est le thème du dimanche. Ne rechignons pas non plus du temps que nous donnons au Bon Dieu pendant la messe ; si cette dernière dure une heure et quart au lieu d’une heure, c’est bien peu en comparaison de ce que Notre Seigneur a enduré pour nous sur la Croix. Si votre poulet est trop cuit, tant pis, car l’essentiel du dimanche est bien à l’église, pas dans nos assiettes, même si cela ne nous empêche pas d’améliorer notre ordinaire, le dimanche, bien au contraire ! « Le temps donné au Christ n’est jamais un temps perdu », comme l’a écrit le Pape.
Je me permets aussi d’insister sur un point. Ayons à coeur de rester fidèles à notre communauté, et de ne pas papillonner à droite et à gauche ; nous n’en serons que plus forts et plus unis, et notre équilibre spirituel, et celui de nos enfants, ne s’en portera que mieux.
Mais ne réduisons pas notre sanctification du jour du Seigneur, à la simple assistance à la messe. Faisons un effort de prière : le chapelet, l’oraison, faisons un effort de formation doctrinale et spirituelle.

LE REPOS
Enfin reposons-nous. C’est un commandement ! Le repos est normal et même naturel après le travail de la semaine. D’ailleurs, pour nous montrer l’exemple, Dieu lui-même s’est reposé, le septième jour, après la Création. Et pour nous le repos est nécessaire. Dans un monde qui va trop vite, prenons du temps, sachons nous détendre sainement et efficacement.
Respectons le jour du Seigneur, c’est une obligation, et un devoir, mais c’est aussi un besoin. Car nous avons besoin de Dieu et nous avons besoin de Lui consacrer une journée.
Alors honorons aussi le jour du Seigneur en soignant notre tenue, en améliorant les repas, en redécouvrant la nature, et peut-être surtout en nous redécouvrant les uns les autres, en renouvelant notre regard sur notre entourage, et en faisant aussi attention à ceux qui sont seuls, ou qui sont malades.
Dans notre monde actuel, ne perdons pas ce jour de joie et de grâces qu’est le dimanche chrétien, ne participons pas, même involontairement, à la paganisation du dimanche. Alors faisons que le jour du Seigneur soit le seigneur des jours.

Abbé Brice Meissonnier, fssp
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 22:42
Suite à mon billet de ce jour, le docteur Crouan a cru bon de répliquer bassement en tapant du pied. Quoi ? Comment ?! Le Forum Catholique oserait usurper le titre de catholique, alors même que tout le monde sait que le favori du grand Schtroumpf, c'est lui. Même que le grand Schtroumpf, il Lui a écrit à plusieurs reprises pour Le féliciter de Ses travaux plus merveilleux les uns que les autres (La preuve : on voit partout la forme ordinaire du rite romain être célébrée dignement comme le Schtroumpf à lunettes le voudrait, c'est bien connu).

La farce est tellement grotesque que je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici les quelques lignes de Monsieur C..... :

Assez régulièrement notre Association Pro Liturgia est prise à partie par quelques internautes s'exprimant sur le site "Forum Catholique". Libre à ces internautes de donner leur point de vue comme ils l'entendent: là n'est pas le problème.
Il nous faut cependant - et ce uniquement pour clarifier les choses - faire une mise au point sur la base de précisions reçues du Saint-Siège: en application du Droit canonique, le "Forum Catholique" n'est en aucune façon autorisé à s'attribuer et à utiliser le qualificatif "catholique".
Selon le Droit, une association ou un mouvement de fidèles ne peut se dire "catholique" que s'il a reçu une recognitio de la part de l'Autorité compétente: l'évêque diocésain s'il s'agit d'une association diocésaine, ou le Siège apostolique s'il s'agit d'une association internationale.
Qualifier un site internet tel que le "Forum" - ou tout autre mouvement au sens large du terme - de "catholique" conduit à faire croire que les internautes qui s'expriment sur le site ou au sein du mouvement en question sont des voix autorisées parlant au nom de l'Eglise.
Il n'en est rien et la confusion ainsi entretenue ne fait que porter un grave préjudice aux fidèles au lieu de les servir.
Subsidiairement, on peut se permettre de faire remarquer ici à nos détracteurs que Pro Liturgia est (à notre connaissance) la seule Association en France à réclamer que la Messe soit partout célébrée conformement aux directives du Pape et de Rome. Cette réclamation est, du reste, tellement légitime qu'elle n'a jamais fait l'objet de la moindre censure ou de la moindre critique de la part d'un évêque français.
Par contre, les attaques permanentes lancées contre Pro Liturgia par ceux qui se réclament exclusivement de la forme "extraordinaire" du rite romain, trahissent leur profond désir de voir disparaître la Messe que notre Pape Benoît célèbre tous les jours... C'est là une position totalement indéfendable qui ne sert qu'à entraver le processus de réconciliation avec les lefebvristes que le Saint-Père souhaite de tout coeur voir aboutir. Ite, missa est.

Ces Alsaciens, hein ?!
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 12:45
Sur le site de Pro Liturgia, M. Denis Crouan ne cesse de donner des leçons d'ecclésiologie aux catholiques du monde entier. Alors, avec la FSSPX, il s'en donne à coeur-joie... Pensez donc !

Pour preuve, sa livraison du jour, aussi éphémère que les précédentes, le dit site ne comportant (heureusement pour lui) pas d'archives :


Deux phrases du pape Benoît XVI indiquent avec la plus grande netteté les bases sur lesquelles pourra s'établir le dialogue des repésentants du Siège apostolique avec les representants du mouvement lefebvriste:
"On ne peut geler l'autorité magistérielle de l'Eglise à l'année 1962: ceci doit être bien clair pour la Fraternité [Saint-Pie X] (...) Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise."
Ces points ont été précisés par le Saint-Père aux évêques du monde entier. Il n'est pas interdit aux autres fidèles d'en tenir compte...

Bien compris, Herr Professor...
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 12:07

Le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X recommande à vos prières le repos de l’âme de

Monsieur l’abbé Didier BONNETERRE,

prieur de la chapelle Sainte-Germaine,

décédé accidentellement le 15 septembre 2009 à l’âge de 55 ans.

La messe des funérailles sera célébrée le vendredi 18 septembre à 15 h en l’église paroissiale de Montsalès (Aveyron) et sera suivie de l’inhumation dans le caveau familial.

Un service funèbre sera célébré le vendredi 18 septembre à 18 h 30 en la chapelle Sainte-Germaine, 19, avenue des Ternes, Paris 7e, et le samedi 19 septembre à 10 h 30 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, 23, rue des Bernardins, Paris 5e.

Requiescat in pace.

Ordonné prêtre par Mgr Marcel Lefebvre à Ecône en 1977, il fut professeur de liturgie au séminaire d’Ecône, puis directeur du séminaire d’Albano. En 1982, il fut nommé prieur du prieuré Saint-Louis à Nantes, puis en 2004, prieur de la chapelle Sainte-Germaine à Paris.

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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 11:23
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 12:11

Alors que la Croix du 11 septembre célèbre le premier anniversaire de la venue de Benoît XVI en France, on se souvient notamment du discours essentiel qu’avait tenu le Pape aux évêques à Lourdes et qu’il faudrait relire entièrement. Comme en écho à ce discours, le Saint-Père a prononcé samedi une remarquable homélie sur la vocation des évêques, à l’occasion de la consécration épiscopale de cinq nouveaux évêques en la basilique Saint-Pierre. On ne peut en citer ici que quelques extraits d’après la traduction que nous donne le blog Benoît-et-moi 2009.

Après avoir rappelé le mystère de ce rite de l’imposition des mains, par lequel le Seigneur lui-même « adopte l’homme totalement à son service, l’attire à son propre sacerdoce », Benoît XVI développe le secret et le ressort de ce ministère : « Servir, et ainsi se donner soi-même ; être non pas pour soi mais pour d’autres, de la part de Dieu et en vue de Dieu : c’est là le cœur même de la mission de Jésus-Christ et, ainsi l’essence de son sacerdoce. » Il distingue ensuite les trois caractéristiques propres au « bon serviteur » selon l’Evangile :

1. La fidélité dont le mot coïncide en grec avec celui de foi : « La fidélité du serviteur de Jésus Christ consiste précisément dans le fait qu’il ne cherche pas à adapter la foi à la mode de l’époque. Seul le Christ a les paroles de la vie éternelle, et ces mots, nous devons les apporter aux gens (…). Le maître fait l’éloge du serviteur, qui a fait fructifier son bien. La foi a besoin d’être transmise : elle a été livrée non seulement pour nous, pour le salut personnel de nos âmes, mais pour d’autres, pour ce monde et pour notre temps. Nous devons la placer en ce monde, afin qu’elle devienne en lui une force vive, pour augmenter la présence de Dieu en lui. »

2. La prudence qui est la première des vertus cardinales et qui indique la primauté de la vérité, sans se laisser aveugler par les préjugés : « De cette façon, nous devenons des hommes vraiment raisonnables, qui jugent par l’ensemble et non par des détails fortuits. Ne nous laissons pas guider par la petite fenêtre de notre propre habileté, mais par la grande fenêtre, que le Christ nous a ouverte sur l’entière vérité, regardons le monde et les hommes et reconnaissons par là ce qui importe vraiment dans la vie. »

3. La bonté qui suppose avant tout la communion intense avec Dieu, une union intime et croissante avec lui : « C’est seulement si notre vie se déroule dans le dialogue avec lui, si son être, ses caractéristiques nous pénètrent et nous façonnent, que nous pouvons devenir des serviteurs vraiment bons. »

On infère de ces lignes, en négatif, le tableau du mauvais serviteur, dont le Seigneur lui-même nous trace quelques aspects dans ses paraboles. « Nous savons, ajoute le successeur de Pierre, comment les choses dans la société civile et, assez souvent, même dans l’Eglise, souffrent du fait que beaucoup de ceux auxquels une responsabilité a été confiée, travaillent pour eux et non pour la communauté » (comme des intendants des mystères de Dieu, fidèles, prudents et bons).

« Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect », avait dit Benoît XVI aux évêques de France, il y a un an à Lourdes (le 14 septembre 2008) en raison évidemment de leur fonction surnaturelle de successeurs des apôtres et de la difficulté de leur tâche. Mais s’il l’avait dit d’abord et directement aux évêques eux-mêmes et non pas au peuple chrétien, c’est peut-être parce que ce devoir du peuple chrétien dépend aussi d’eux dans sa qualité morale.

Alors que Mgr Schönborn (cardinal-archevêque de Vienne) estime (dans un entretien publié samedi par le quotidien bavarois Passauer Neue Presse) que le Pape a « de bonnes raisons » d’ouvrir « dans les prochains jours » un dialogue avec les traditionalistes (de la FSSPX), on se rappelle également du commentaire de Jacques Trémolet de Villers après la venue de Benoît XVI en France et après des décennies d’« autosécularisation » postconciliaire (cf. Présent de jeudi dernier) : « Ce dont a besoin chaque diocèse, c’est d’un Père, pas d’un membre d’une assemblée. Les pères ont, naturellement, un cœur. Les assemblées ont des députés, des textes, des motions et des secrétariats. Elles n’ont pas de cœur, et, rapidement, elles n’ont plus de tête… » (Présent du 15 novembre 2008).

REMI FONTAINE

 

Article extrait du n° 6925 de Présent, du Mardi 15 septembre 2009

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:10

Après la clôture du Concile, il a fallu attendre plus de quarante ans pour qu’il soit officiellement admis en principe qu’il existe un problème, que ce problème est doctrinal, et qu’il faut qu’on en parle. Le débat a même été, d’avance, institutionnalisé : il aura lieu entre les évêques de la FSSPX et le Saint-Siège.

Le problème est dans l’existence persistante d’objections à ce qui est issu du Concile. Les avis sont partagés dans chaque cas sur le point de savoir si les anomalies issues de Vatican II proviennent d’une mauvaise interprétation (et application) des textes conciliaires, ou bien de certains de ces textes eux-mêmes. Ce débat-là n’est pas sans intérêt, mais il est secondaire, croyons-nous, à côté des réalités issues, à tort ou à raison, mais bien issues en fait du Concile. Elles marquent profondément la vie de l’Eglise, et sa crise, depuis presque un demi-siècle.

Exemple. La nouvelle messe est issue du Concile. A tort ou à raison : mais quoi qu’il en soit, l’essentiel est d’examiner les objections doctrinales qu’elle soulève en elle-même.

On trouvera la clef de la situation actuelle dans le livre de Louis Salleron : La nouvelle messe (NEL 1970, seconde édition augmentée : 1976). Ce n’est pas un livre de la FSSPX. Mais c’est le livre que, lors de son interrogatoire à Rome, le 11 janvier 1979, Mgr Lefebvre déposa entre les mains des cardinaux inquisiteurs, comme réponse décisive à la question qui lui demandait ses raisons de refuser la messe de Paul VI. Dans ce livre comme dans La querelle de la nouvelle messe (DMM 1973), Louis Salleron affirma clairement : « Il est impossible d’isoler le problème de la messe de tous les autres problèmes. » C’est pourquoi l’on y trouve l’essentiel des objections doctrinales que l’on peut faire au Concile et à ce qui en est issu.

Pendant une quarantaine d’années les évêques français, d’un air finaud, ont assuré qu’ils voyaient bien que derrière l’affaire de la messe les traditionalistes cachaient une opposition doctrinale à Vatican II. Le livre de Salleron prouve que, dès le début, c’est le Concile qui était mis en cause, très ouvertement, très visiblement. D’ailleurs, trois ans avant la nouvelle messe, en 1966 déjà, les évêques français avaient condamné la revue Itinéraires pour son opposition à « l’esprit du renouveau entrepris », autrement dit : « l’esprit du Concile ».

Contrairement à ce que l’on a pu trop hâtivement supposer, le problème de la messe, où se rejoignent pour l’essentiel les autres problèmes conciliaires, n’est toujours pas réglé. La nouvelle messe, évolutive et incertaine, est toujours installée en priorité, voire en exclusivité, dans la plupart des diocèses, toujours présentée comme la plus belle réussite de l’esprit du Concile. L’immense et courageux bienfait de Benoît XVI a été de rejeter l’interdiction de la messe traditionnelle, – interdiction qui avait été arbitrairement confirmée par Paul VI au nom explicitement invoqué de l’« autorité suprême qui [lui] vient du Christ Jésus » (24 mai 1976). Il y a là matière à de pertinentes études théologiques qui, semble-t-il, n’ont pas encore vu le jour ; mais qui sont inévitables.

La question qui se pose maintenant n’est pas de formuler les objections doctrinales rencontrées par le Concile et son application. La question est de sortir du refus de débattre qui a été opposé depuis le début aux objections formulées. Celles bien sûr de Mgr Lefebvre et de la FSSPX. Chronologiquement, celles tout d’abord de l’abbé Georges de Nantes. Puis celles qui ont leur énoncé global dans La nouvelle messe de Louis Salleron, qui met en cause « l’idée qui préside à tous les changements actuels » : l’idée de l’évolution. C’est-à-dire d’un évolutionnisme révolutionnaire, plus ou moins consciemment marqué par un souffle de dialectique marxiste. Le catholicisme chassé du temporel à l’issue de la Seconde Guerre mondiale (plus aucun grand Etat qui soit catholique), le clergé et sa hiérarchie se trouvent alors exposés à toutes les contagions.

JEAN MADIRAN
Article extrait du n° 6898 de Présent, du Vendredi 7 août 2009

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 08:30

Je reproduis ci-dessous le message de Chouette diffusé sur le Forum Catholique, qui annonce enfin la parution d'un nouveau Livret de chants pour accompagner les offices célébrés selon la forme extraordinaire du rite romain. On espère pouvoir bien vite en profiter.

Nous vous avions annoncé Ici et ou encore la naissance d'un livret de chants à l'usage de la forme extraordinaire : il aura fallu environ 9 mois pour voir apparaître le livret de chants à l'usage du "monde traditionnel" - mais pas seulement - alors réjouissons-nous et Deo gratias pour ce travail qui a valu à tous ceux qui ont collaboré à sa gestation, beaucoup d'énergie, un peu beaucoup de difficultés, mais une très grande joie à sa sortie.

A tous ceux qui sont intéressés, vous pouvez le commander auprès de :
REJOYCE - 79 rue de la Paroisse - 78000 Versailles - tél. 0139508171.
Prix public TTC 11,65 euros.

J'en profite pour remercier tous ceux qui ont travaillé à sa réalisation : prêtres des différents Institut (ICRSP) et Fraternités (FSSPX et FSSP), musiciens et chefs de choeur, fidèles, tous attachés au rite traditionnel. Grâce à leur concours, ce livret devrait permettre de chanter la gloire du Bon Dieu, de méditer durant et après la messe (ordinaire et prières après la messe, etc...)...

Le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le cardinal Canizares, a encouragé cette oeuvre qui "contribuera au renouveau liturgique en France dans un esprit de concorde et de paix".

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