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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 22:36

Chers liseurs,

Bon, ben voilà, les vacances sont terminées. Il a bien fallu reprendre le travail ce matin, comme nombre de "pauvres" aoûtiens. Il faut aussi, à mon grand regret, reprendre les choses en main, du côté du forum.

Je lis ci-et-là à ce sujet que la modération (lire : les modérateurs) aurait failli dans le respect des règles du forum. Me permettrez-vous de renvoyer chacun face à ses propres responsabilités ? Parce qu'enfin, si la modération (lire : les modérateurs) se doit d'intervenir, à tel ou tel moment, c'est bien parce que l'un d'entre vous, d'une façon ou d'une autre, a contourné les règles du forum ou bien les a volontairement (ou non) violées. Ceci est déjà un point que je souhaitais soulever et rappeler.

Je lis aussi que la modération (lire : les modérateurs) serait partisane. Comme toujours depuis huit ans (mon Dieu... huit ans, comment ai-je pu tenir ?), comme toujours depuis huit ans, donc, je lis que le FC poursuit des objectifs inavoués car forcément inavouables. Pour les uns, c'est sûr, LE But, c'est l'attaque en règle et systématique de la FSSPX. Pour d'autres, c'est le combat contre les évêques de France et leur clergé servil. J'apprends depuis peu que le FC entend promouvoir la chasse à l'IBP. Avant-hier (c'est une image, je précise, ne fouillez pas dans les fils récents), le FC était l'agent de communication de la FSSP. Le mois dernier, c'était sûr, untel m'écrivait pour fustiger le black-out total opéré contre tout ce qui émanait de l'Institut du Christ Roi.

Tout cela, je l'ai entendu mille fois. Nous en avons parlé ici-même des dizaines et des dizaines de fois, jusqu'à l'agueusie. C'est vraiment navrant.

Les interventions consécutives d'un intervenant cet été sont venues ici jeter de l'huile sur le feu, alors même que rien ne semblait le laisser présager. A lui seul, il a mis le FC à feu et à sang. Et a su, bon an mal an, créer une sale ambiance entre liseurs, sale ambiance qui fait qu'aujourd'hui la seule notion de respect entre intervenants a volé en éclat(s). Quelle misère. Que de dommages.

Ceci fait qu'aujourd'hui le dialogue semble impossible. Untel pose une ligne, unautre lui prête des sous-entendus. Untel invite au calme, telautre lui remémore ses tristes lignes précédentes. Untel publie un lien vers un texte polémique de tel ou tel abbé, il ne supporte pas que l'on puisse en contredire le contenu. Etc. Etc.

Je voudrais quand même vous rappeler que vous êtes ici sur un forum de dis-cus-sion. Avec forcément un aspect polémique. Avec forcément de la contradiction et des contradicteurs. Il me semble qu'un fidèle de la FSSPX, de l'IBP, de la FSSP ou de l'ICRSP ou de toute autre communauté doit être à même de défendre ses positions sans recourir à l'insulte ou au dénigrement systématique, non ? Doit-être réagir sans cesse de façon épidermique en refusant toute critique ? Est-ce que tout est dogmatique ? Est-ce que n'importe quel geste ou mot effectué ou prononcé par Mgr Fellay, l'abbé Laguérie, l'abbé Berg, Mgr Wach ou qui sais-je est frappé d'infaillibilté ? Est-ce que le bulletin de tel ou tel prieuré ou de telle ou telle chapelle est à graver forcément dans le marbre du Magistère sous le seul prétexte qu'il est signé par tel ou tel prieur ou chapelain ? Je ne le crois pas. Je ne le pense pas.

Comment s'en sortir, donc ? J'avoue ne pas trop le savoir. J'avoue qu'avec l'augmentation du nombre des liseurs, la solution n'est pas facile à trouver. J'ai rappelé à l'occasion du huitième anniversaire du FC (un des plus tristes, soit dit au passage) quels étaient selon moi les objectifs du forum. Je ne retire rien de ce qui a été écrit. Encore une fois, j'ai lu depuis que la modération (lire : les modérateurs) n'aurait pas bien emboîté le pas. MAIS QU'Y PEUT-ELLE, LA MODERATION (lire : les modérateurs) ? Fait-on boire des ânes qui n'ont pas soif ?

Vous avez la chance de disposer ici d'un site qui bénéficie d'un certain auditoire et d'une audience certaine. N'hésitez pas à vous en servir. Mais de grâce, faites en sorte que personne ne se dise "Purée, çui-là, si je l'avais en face de moi qu'est-ce que je lui mettrais !" Ben oui, fichtre ! rendez-vous aimables ! Donnez une bonne image de vous - même(s) ! Pensez au fait qu'au-delà de vous-même vous représentez votre propre famille spirituelle. On aura tôt fait d'amalgamer Ennemond ou Scribe à tous les sinpidistes, Mortimer à tous les zibépistes, XA à tous les sinpierristes, etc. etc.

Je repense souvent à un article de Philippe Maxence paru dans la Nef il y a quelques années avant qu'il ne prenne les responsabilités que l'on sait. Il y parlait de "ces catholiques qui ne s'aiment pas". Quelle misère, franchement. Quelle tristesse que ce spectacle de catholiques qui partagent le même Evangile, qui sur bien des points sont sur la même longueur d'ondes mais qui _ pour des détails, si l'on regarde bien le monde et l'Eglise dans laquelle nous évoluons _ trouvent quand même le moyen de se tirer dans les pattes.

Parce que nous cherchons toujours ce qui nous éloigne les uns des autres (en quête de je ne sais quelle pureté spirituelle) au lieu de cultiver ce qui nous réunit. Là encore, il me semble qu'il ne serait pas si compliqué de chercher à diffuser ici des informations qui vont dans le bon sens plutôt que de nous chercher querelle pour des broutilles. Non ?

Reste la question des personnalités. Et des affinités. On sait que des inimitiés ont pu voir le jour au fil des mois. Encore une fois, je crois que cet été fut très préjudiciable.

Je me permets ici d'évoquer deux points un peu plus personnels. Je veux parler pour commencer du quota de messages accordé à tel ou tel. Il est un fait que le quota classique conduit chaque liseur à avoir la possibilité de publier 10 messages par jour. Ce quota a évolué pour certains. Il peut être de 15, de 20, de 30 ou de 40 voire même illimité (en dehors des prêtres qui ont forcément un nombre illimité pour peu qu'ils se soient présentés comme tel lors de leur inscription.). Les liseurs sans limitation sont rares. S'ils sont dans cette situation, c'est généralement parce qu'ils ont bénéficié d'une grande antériorité sur le FC. Ou qu'ils y ont rendu quelques services de façon officielle ou non. Les invités à un RV du FC bénéficient aussi d'un tel quota. L'évolution des quotas des uns et des autres a été le fruit de l'évolution et de l'histoire du forum, mais aussi des relations entretenues avec tel ou tel liseur. Très ponctuellement, c'est aussi à la demande du liseur que j'ai pu être amené à considérer l'opportunité de réhausser son quota.

Dans la perspective d'un apaisement des esprits, et dans ce seul but, je procéderai incessamment sous peu (cela me demandera une bone heure) à la remise à 10 de l'ensemble des quotas, à l'exception de ceux qui sont aujourd'hui illimtés. Soyons clairs tout de suite afin que nul ne se sente lésé et que l'on ne vienne pas ici me tenir de mauvais procès : cela concernera des liseurs de tout poil et de toutes les fraternités ou de tous les instituts. (Les augmentations n'ont jamais été effectuées en fonction des sensibilités des uns ou des autres, quelques uns ici pourraient en témoigner.)

Cette mesure sera effective durant un mois. Mois dont j'espère qu'il conduira chacun à retrouver un peu de sérénité.

Par ailleurs, je crois que l'on devrait ici tous s'engager à faire en sorte de respecter le sujet initial d'un fil de discussion en en respectant le thème central. Trop souvent on constate que des discussions dévient, régulièrement pour des questions de susceptibilité personnelle. J'invite et j'encourage les midérateurs à faire preuve de la plus grande sévérité sur ce type de comportement. Je pense même qu'il serait souhaitable que ce type de trollisation des débats conduise à une réduction progressive des quotas des liseurs, quitte à ce que cela nous amène à supprimer tel ou tel compte. Nous y gagnerions du temps. Nous éviterions des débats stériles qui conduisent bien souvent à des noms d'oiseau.

J'évoquais deux points. Nous avons parlé des quotas. Je veux revenir sur l'équipe de modération. J'ai été sur ce point attaqué cet été. Me permettra-t-on ici de dire que le choix des modérateurs s'est lui aussi effectué au fil de l'eau ? Puis-je écrire ici que la majorité d'entre eux est issue d'une famille spirituelle qui n'est pas la mienne ? Suis-je responsable de leurs évolutions personnelles ? Oserais-je avouer combien de fois j'ai RENCONTRE Tolkien, Reginald, Emmanuel, Tibère ou Florilège ? Oserais-je écrire combien de fois nous avons pu converser au téléphone depuis leurs propres prises de fonction ?

Et Justin, me direz-vous ? Et Marc B. ? Et l'Hermitte ? Oui ? Eh bien ! quoi ?! Deux d'entre eux sont des purs fidèles de la fraternité, connus comme tels. Faut-il aussi que l'équipe de modération soit élargie à un autre liseur, du genre Ennemond ou Scribe, comme on me l'a récemment suggéré ? Pour qu'ensuite on aille me reprocher d'en avoir fait des tièdasses ? Sans blaaaaaague.

Non, chers liseurs, dites-vous bien que bien des travers que vous découvrez au sein du FC ne viennent que d'une origine. Là où il y a de l'Homme, il y a de l'hommerie. Là où 4 ou 5 discuent, fut-ce en Son Nom, ils ne prient pas. Nous ne ferons pas d'un forum, même placé sous le doux nom de catholique, un catéchisme à livre ouvert. Il est et reste un espace de discussion, pour peu que l'on accepte soi-même de discuter. Cessons donc d'en faire un Idéal ou un lieu idéal.

Mais cessons aussi, et cessez, je vous prie, de le dénigrer. Ou alors prenez votre courage à deux mains : quittez-le. Mais sachez que, que vous le vouliez ou non, il survivra à votre départ. Il n'est pas pire publicitaire pour lui que le frustré qui le quitte.

Comme sur DICI, je rappelle donc les mesures principales :
- retour à 10 de l'ensemble des quotas quotidiens pour au moins 1 mois, à l'exception des queqlues liseurs en quota illimité.
- invitation à l'équipe de modération de supprimer les messages volontairement provocateurs à l'encontre de tel ou tel liseur avec réduction progressive du quota du liseur fautif.


Demain, c'est la rentrée des classes. Qu'on se le dise.

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 21:02
Extrait du dernier numéro de Monde & Vie, un hommage de M. l'abbé de Tanoüarn à Yves Amiot. L'occasion d'indiquer ici que le site de monde & vie évolue de jour en jour.

La nouvelle nous accable. Le 24 août, entre 11 heures et midi, Yves Amiot, qui a été un des grands soutiens de Monde & Vie, est parti rejoindre Celui qu’il avait voulu servir. Le cancer dont il souffrait ne lui a laissé aucune chance. Il s’est battu. Comme un lion. Mais la maladie a fini par l’emporter.

Né en 1934, il était encore dans l’ardeur et les projets d’un jeune retraité. A Bordeaux, au pays de sa femme Thérèse, il a dû rendre les armes et, provisoirement, laisser le dernier mot à la mort.

Il l’avait vu venir de loin, la camarde, et il l’avait accueillie avec simplicité, non avec je ne sais quelle résignation pieusarde, mais tel qu’il était, en combattant, décidé à mettre tout en œuvre, même si cet ultime effort ne devait servir à rien. Simplement parce qu’il le fallait.

Ceux qui ont eu le privilège de connaître et d’approcher cet homme de plume qui était aussi un homme de guerre, un militant dans le sens le plus noble du terme pourront penser qu’il cultivait une sorte de stoïcisme altier, parce que « c’était un dur ». Je crois vraiment que c’est ne rien comprendre à celui qui, après avoir été l’un des fleurons de la célèbre garde de Saint-Nicolas du Chardonnet, a mis un terme à sa carrière d’écrivain après son septième roman, en prenant la direction du mensuel Le Chardonnet, avant de fonder, à l’usage des catholiques perplexes, l’association laïque Sensus fidei. Pudique comme on ne l’est plus aujourd’hui, Yves Amiot n’était pas un dur, mais un tendre, cachant sous une façade volontiers marmoréenne, une intensité émotionnelle, qu’il ne communiquait qu’au petit nombre de ses plus proches. Je me souviens de ce jour où je suis venu le voir à Bordeaux, justement. C’est avec fierté, comme devant un ami, qu’il m’introduisit au sous-sol de sa demeure et me montra les reconstitutions de batailles célèbres, auxquelles il se livrait à ses moments perdus. Je me souviens de son ton détaché. Je me souviens de son émotion rentrée. Il l’a exprimée, cette émotion d’un historien qui fait corps avec son sujet, dans le livre qui est sans doute son plus beau roman, le dernier : Le cavalier Rampin (Flammarion, 1991). Il écrivait, parlant des champs de bataille du passé : « Rien ne ressemble davantage à un terrain vague de banlieue lépreuse, livré à la décharge publique et à toutes les déprédations. Il faut consentir à un effort exceptionnel d’imagination pour que ressurgissent les images mentales des scènes, des drames qui s’y sont déroulés. Mais un simple incident, un objet retrouvé, un regard posé sur une perspective évocatrice suffisent parfois pour que le sortilège se produise avec une intensité émotionnelle inattendue et que renaisse un monde disparu, vibrant de bruits et de fureur ». Dans Bonaparte ou la fureur de vaincre, il a montré à quelle intensité incandescente il pouvait atteindre dans la reconstitution minutieuse des champs de bataille du passé, non pas seulement par la précision des renseignements d’histoire militaire qu’il avait collationnés mais par la largeur de son information qui restitue aussi la dimension humaine et le dessein géopolitique de son héros. Les hautes fonctions qu’il occupa dans telle grande banque française, au moment critique des nationalisations, lui avaient donné l’habitude des vastes perspectives. Son association Sensus fidei cultive, dans la terrible crise présente de l’Eglise, une hauteur de vue peu commune, reposant sur le jugement qu’il savait porter sur les hommes. L’avènement de Benoît XVI avait suscité en lui une grande espérance ; la réélection de Mgr Fellay pour 12 ans, à la tête de la Fraternité Saint-Pie X, laissait sceptique cet admirateur inconditionnel de Mgr Lefebvre. On lui en a voulu de faire état publiquement de ses interrogations. La profondeur de son engagement, la liberté de sa foi le lui commandaient, plus encore que son amitié pour tel ou tel d’entre nous.

Mais revenons à Napoléon. Yves Amiot n’était pas bonapartiste au sens où on l’entend habituellement mais il aimait chez Bonaparte cet arc tendu d’une volonté qui ne sait pas plier. On retrouve ce trait chez tous les héros de ses romans, qui, chacun pour leur part, cultivent ce sens de la décision, ou comme il l’écrit lui-même quelque part « cet instinct venu du fond de l’histoire qui arrache le combattant à lui-même, c’est-à-dire à l’amour de la vie ». Avec beaucoup de retenue, sans le moindre exhibitionnisme, Yves Amiot croyait à la puissance de la vie intérieure. Il citait volontiers ce mot étonnant d’Ernest Renan, qui décrit si bien ce qu’il voulait cacher : « L’homme qui, un instant, s’est assis pour réfléchir sur sa destinée, porte au cœur une flèche qui ne s’arrache plus ».

Abbé Guillaume de Tanoüarn

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 07:48
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Published by XA - dans Evêques
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 23:02
8 ans déjà.

En huit ans, j'aurai pour ce qui me concerne beaucoup appris.

Je dois reconnaître que je suis toujours sidéré par les passions que déchaîne le Forum Catholique depuis sa création.

Oui, tout ceci me dépasse largement.

Je suis attristé de voir que certains se trouvent ainsi instrumentalisés par quelques esprits malades en mal d'holocauste. Puissent-ils un jour réaliser l'ampleur de leur imbécilité. J'aurais volontiers été grossier.Cela eut été fâcheux en un tel jour anniversaire.
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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:26

Il fait chaud à Unieux visiblement. . .
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Discussion de parvis sur la messe des « ralliés »

A la sortie de la chapelle, M. l'abbé discute avec un fidèle, Philippe, 17 ans. Au cours de la conversation, Philippe raconte son dernier week-end avec des amis en région parisienne. Et Philippe de dire que le groupe d'amis a choisi d'aller à une messe de ralliés...(N.B. : conversation fictive en style parlé).

Philippe: pourquoi vous faites cette tête-là, Monsieur l'abbé ? C’est quand même la bonne messe !

 

M. l'abbé: que la messe soit bonne, sans doute; mais ce n'est pas le principal.

Philippe: pas le principal ? Qu'est- ce qu’il vous faut de plus, Monsieur l'abbé ?

 

M. l'abbé: Eh bien, je prends une comparaison. Le rhum est une bonne chose, d'accord? (Philippe acquiesce en souriant d'un air en- tendu). Bon. Mais à chaque fois que l'on boit du rhum, on ne fait pas forcément une bonne action ? (Philippe comprend). Alors c'est pareil pour la sainte Messe. Que la messe en elle-même soit bonne, c'est une chose; mais il faut aussi qu'assister à cette messe soit bon; il faut que l’assistance à cette messe soit une bonne action.

Philippe: Oui enfin, quand même, le rhum et la messe, ce n'est pas pareil! Vous avez l’air de dire qu’on peut faire mal en assistant à la messe traditionnelle !

 

M. l'abbé: Tout à fait, c'est bien ce que j'ai voulu dire ! De même qu'on peut faire mauvais usage du rhum, de même il n'est pas forcément bien d'assister à une vraie messe. Cela peut même être mal.

Philippe: alors ça c’est la meilleure !

 

M. l'abbé: cher Philippe, c'est un peu compréhensible ton étonnement. Normalement, un catholique n'a pas à se poser de questions en assistant à une messe catholique. Mais en ce moment dans l'Eglise, il y a bien des choses anormales. Nous, par exemple, on dit la messe dans des salles aménagées comme on peut, avec l'hostilité du clergé de la région, avec une étiquette de pestiféré, d'excommunié, de schismatique... Beaucoup de gens ne viennent pas ici parce qu'ils croient que c'est mal. Pourtant c'est bien la bonne messe ! Ce qu'il y a, c'est qu'ils se trompent en pensant que c'est mal de venir ici.

Philippe: oui justement, ils se trompent, vu que c’est la bonne messe!

 

M. l'abbé: non, Philippe, fais attention. Leur problème ce n'est pas la messe; leur problème c'est qu'on leur a dit que c'est mal d'y aller. C'est tout différent. Eh bien, le problème avec les ralliés, il est du même genre: leur messe est bonne, d'accord; mais y aller, est-ce bon? C'est une autre affaire ! Tu vois la distinction ?

 

Philippe: d'accord, je vois la distinction. Mais je vois vraiment pas pourquoi c’est mal d'a1ler chez Saint-Pierre ou au Christ-Roi!

 

M. l'abbé: tu vois, quand on commence à se demander si assister à telle messe est bien ou mal, tout de suite on parle de celui qui dit cette messe. Intéressant, non?

Philippe: là, je ne vois pas bien. ..

M. l'abbé: Eh bien si ! on va dire, comme tu viens de le faire: je vais à la bonne messe chez Saint-Pierre, au Christ-Roi, chez Saint-Pie-X, à Saint-Georges, place Foch, ou rue Buisson etc:.. La messe dite dans ces différents cas est la même. Pourtant, assister ici ou là, ce n'est pas pareil. Cela dépend de celui qui la dit.

 

Philippe: mais pourquoi?

 

M. l'abbé: parce que la messe et le rhum ce n'est pas pareil ! Tout à l'heure tu aurais pu me dire: mais moi, je fais attention quand je bois du rhum; il n'y a jamais aucun problème; c'est toujours avec modération ! Mais la messe n'est pas quelque chose qui se consomme tout seul dans son coin, de façon privée.

 

Philippe: c’est quoi alors? Moi je vais à la messe pour me recueillir, pour prier. pour communier. Tant pis si le prêtre est à Saint-Pierre ou à Saint-Pie-X Vous n'avez qu'à vous arranger entre vous, après tout!

 

M. l'abbé: la sainte Messe est l'acte le plus élevé de culte public de l'Eglise. C'est-à-dire que c'est un acte avant tout social, dans lequel on honore Dieu et on en reçoit ses bienfaits, sous l'autorité de l'Eglise, société que Dieu a instituée pour pouvoir être honoré comme Lui le veut.

 

Philippe: là, Monsieur l'abbé, c'est un peu dur...

 

M. l'abbé: je recommence. En privé, tu peux prier le bon Dieu assez librement, quand tu veux, comme tu veux; c'est ta prière, en quelque sorte. Mais le bon Dieu a voulu être honoré aussi et surtout en réunissant les hommes autour de la croix, par la messe; et cela c'est la prière publique et officielle de l'Eglise. Elle rend ainsi à Dieu au nom de tous les hommes tout l'honneur et la gloire qui lui sont dues. La messe n'est donc pas une dévotion privée, ni des assistants ni des prêtres qui la disent. C'est un acte commun de culte, qui suppose que celui qui fait le culte (le prêtre) ait reçu de l'Eglise l'autorité pour le faire. Il doit dépendre d'un évêque, lequel dépend du pape. C'est pourquoi je parlais de l'autorité de l'Eglise.

 

Philippe: mais vous, Monsieur l'abbé, vous êtes indépendant de cette autorité.

 

M. l'abbé: Philippe, on arrive là au cœur du problème. Ce que tu dis, c'est ce que disent les conciliaires et ceux qui les croient, quand ils disent que assister à la messe chez nous n'est pas permis. Encore une fois, ce n'est pas parce que la messe qu'on dit est mauvaise qu'ils disent cela; c'est parce qu'on résiste à la hiérarchie, à Rome. Et nous on dit: il ne faut pas assister à la messe chez les ralliés, parce qu'ils se soumettent à la hiérarchie conciliaire.

 

Philippe: si je comprends bien, en fait, le fond du problème, c’est la soumission à la hiérarchie actuelle ?

 

M. l'abbé. Exactement ! Normalement dans l'Eglise, un prêtre est soumis à son évêque qui est soumis au pape; du coup il reçoit une mission de célébrer la messe et les autres sacrements pour une portion des fidèles de l'Eglise. Or, depuis une trentaine d'année, il se trouve que pour garder la foi, les fidèles ont demandé à des prêtres qui eux aussi voulaient la garder, de s'occuper d'eux, au point de résister aux évêques et au pape. Leur but n'était pas de résister pour résister, en bons gaulois qu'ils étaient, mais de défendre leur foi face à des décisions de Rome qui contribuaient à faire perdre la foi aux fidèles.

 

Philippe: quelles décisions?

 

M. l'abbé: eh bien par exemple, la promulgation de la nouvelle messe de Paul VI, en 1969. Mais avant, il y a eu le concile, avec plusieurs mauvais textes, notamment sur l'œcuménisme, la liberté religieuse. Plus tard, il y a eu les changements sur les autres sacrements, puis le nouveau Droit Canon, en 1983. Il y a eu tous les scandales de l'œcuménisme, comme Assise, en 1986. Et puis il y a eu la lutte farouche contre Mgr Lefebvre qui pourtant ne faisait, comme il le disait souvent, que ce qu'il avait fait pendant toute sa vie, avec approbation de Rome. En 1988, Mgr a sacré des évêques parce qu'il a compris que Rome voulait détruire la Tradition. La foi des fidèles continuait à être menacée. C'est là l'essentiel qu'il faut bien comprendre: la hiérarchie, les évêques, le pape, sont là pour conduire les prêtres et les fidèles dans la foi. S'ils ne le font pas, les fidèles et les prêtres doivent résister et chercher à garder la foi ; ce qui est une forme de soumission plus haute finalement.

 

Philippe: bon...bon... mais la messe chez les ralliés dans tout ça Je vais y perdre la foi?

 

M. l'abbé: Il faut prendre le problème par l'autre bout...

 

Philippe (interrompant): l’autre bout?

 

M. l'abbé: oui, l'autre bout. La question de savoir si je vais perdre la foi est capitale. Mais ce qu'il faut se demander, c'est: quelle est, face à la messe des ralliés, l'attitude de foi qui convient ? Dans ta question, n'y a-t-il pas un sous-entendu, du style: si je fais attention, vu que c'est quand même la bonne messe, il n'y aura pas de problème. Comme pour le rhum. Je me trompe ?

Philippe: non, Monsieur l'abbé, on est d'accord !

 

M. l'abbé: Il faut donc voir l'autre bout, celui que j'ai expliqué tout à l'heure. La messe est avant tout un acte public et hiérarchique. La messe d'un prêtre rallié est la messe d'un prêtre qui, officiellement au moins, obéit à l'évêque du lieu et au pape; un prêtre qui va donc recevoir de temps en temps son évêque pour des cérémonies; un prêtre qui ne prêche pas que la nouvelle messe est mauvaise, dangereuse pour la foi; un prêtre qui va donc rassembler autour de lui des fidèles plus faibles dans leur foi, moins au courant des dangers sérieux qui menacent la vie chrétienne dans l'église conciliaire; un prêtre, qui, s'il est logique avec lui-même, estime que la situation de l'Eglise aujourd'hui est grosso modo normale, en tous cas assez normale pour rendre la résistance publique de la Fraternité Saint-Pie X illégitime; un prêtre qui en obéissant à des autorités libérales et modernistes va inévitablement dévier; un prêtre qui finalement  trahit tout ce qu'a fait Mgr Lefebvre, qui trahit les âmes, les trompe, en leur faisant croire, par sa soumission publique à la hiérarchie, que le pape conduit vraiment ses brebis et ses agneaux dans les sentiers de la vraie foi...

 

Philippe: vous y allez un peu fort, Monsieur l'abbé !

 

M. l'abbé: Monseigneur parlait comme cela en son temps l Un prêtre rallié, actuellement, n'a pas une position juste dans l'Eglise. Il n'est pas en ordre avec le bon Dieu. Il n'est pas dans la vérité. Il est entre deux chaises, tiraillé entre son désir de bien faire, et sa soumission aux autorités conciliaires. Ses sermons s'en ressentent obligatoirement. La table de presse, les revues aussi; il y aura des documents de l'évêché au fond de l'église. Il y a encore le risque sérieux, avec le temps, de se laisser attiédir par le contact de fidèles bien moins formés dans la foi; risque aussi de se laisser attirer, soit par une doctrine plus accommandante, soit éventuellement par la sympathie des gens ou des prêtres.

 

Philippe: Donc, on ne peut jamais assister à la messe chez les ralliés?

 

M. l'abbé: on ne peut jamais déplaire à Dieu l Ces messes ne sont pas pour nous ! Si pour des raisons exceptionnelles on est amené à être présent à une cérémonie des ralliés, il convient de garder une attitude discrète, évitant de donner l'impression qu'on adhère à leur soumission aux évêques et au pape. Par exemple en s'abstenant de communier. C'est qu'il faut penser aussi à l'exemple que l'on donne autour de soi.

 

Philippe: et le dimanche, si c'est la seule messe accessible?

 

M. l'abbé : si tu as bien compris notre conversation, tu: peux conclure toi-même que le dimanche, dans ce cas, on n'est pas obligé d'assister à cette messe-là. On ne peut pas être obligé d'assister à la messe d'un prêtre qui ne confesse pas publiquement que l'Eglise conciliaire met la foi des fidèles en danger. Ce n'est pas possible d'être obligé dans ces conditions. Le bon Dieu te donnera des grâces autrement, ne serait-ce qu'en récompensant ta courageuse fidélité, ton attachement à la vérité.

 

Philippe: à la vérité?

 

M. l'abbé: oui, à la vérité. Résumons un peu. Je disais au début: la messe des ralliés est bonne; mais là n'est pas la question. La question c'est: est-ce vraiment bon d'y assister? Est-ce que je me rattache vraiment, en toute vérité, à l'Eglise, à Notre Seigneur par cette messe? La réponse est non, parce que le prêtre rallié n'est pas dans une position vraie, il ne résiste pas aux mauvais pasteurs alors qu'il le devrait. Il se  trompe, et trompe les gens. Comment veux-tu ensuite trouver à ses cotés, sous son influence, sous son autorité de prêtre, un véritable amour de la vérité, de Notre Seigneur, de l'Eglise, du pape même ? Il est dans le faux sur une question essentielle !

 

Philippe: décidément, cela va plus loin que ce que je croyais !

 

M. l'abbé: oui, il faut reconnaître que ce n'est pas évident. Aujourd'hui il faut se former plus que jamais, savoir ce qu'on fait. Le danger est partout. Mais c'est aussi une période extraordinaire, comme disait Mgr Lefebvre, car cela nous pousse à aimer plus véritablement l'Eglise, Notre Seigneur, à demeurer forts dans la foi !  Et c'est aussi le meilleur service de charité que l'on peut rendre à ceux qui ont encore du mal à saisir toutes les difficultés de la situation actuelle. Soyons les témoins de la vérité, de la volonté de Dieu !

 

Abbé Jacques Mérel
Fraternité sacerdotale Saint Pie X

article paru dans Le Pellican daté de juillet 2008 

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 13:20

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Published by XA - dans Société
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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 13:13

La plupart des produits d'épargne réglementés sont majorés de 0,50 point à partir d'aujourd'hui.


Le taux de rémunération des livrets d'épargne réglementés va être majoré au 1er août. Le Journal Officiel publie aujourd'hui le décret d'application. Conformément à l'annonce du gouvernement à la mi-juillet, le taux d'intérêt des livrets d'épargne va augmenter de 0,50 point. Le taux des Livrets A de la Caisse d'Epargne et de la Banque Postale et les livrets bleus du Crédit Mutuel, ainsi que les livrets de développement durable (ex-Codevi) passe de 3,5% à 4% au 1er août. Par ailleurs, le Livret d'épargne Populaire (LEP) (pour les personnes non imposables ou payant moins de 732€ d'impôts en 2007) augmente de seulement 1/4 de point, passant de 4,25% à 4,5%. Le taux de rémunération du CEL (compte épargne logement) s'élève à 2,75% contre 2,25%.

Par ailleurs, le taux du livret jeune qui doit être égal au minimum à celui du Livret A grimpe donc à 4%. Cependant, les banques sont libres de proposer une rémunération plus importante.

 

Comment le taux du Livret A est fixé ?

 Le taux du Livret A doit être révisé deux fois par an, tous les 15 janvier et les 15 juillet pour tenir compte de l'évolution des taux du marché monétaire et de l'inflation. Cette révision prend effet dès le mois suivant, le 1er février et le 1er août. La rémunération du Livret A est désormais égale au chiffre le plus élevé augmenté d'un quart de point entre ces deux possibilités. Soit l'inflation des douze derniers mois, soit la moyenne arithmétique entre, d'une part, l'inflation des douze derniers mois et, d'autre part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l'Euribor trois mois et celle de l'Eonia (pour le dernier mois connu). Ces deux taux sont les références du marché monétaire européen.

Source de l'article : Le Figaro

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:54

CA AURAIT PU ETRE UNE BELLE HISTOIRE…

Dieudonné faisant baptiser sa fille par l’abbé Laguérie avec Jean-Marie Le Pen pour parrain : pour le comique, qui fut un grand bouffeur de curés et un antifrontiste acharné, cela aurait pu être une belle histoire. Dommage qu’il nage en pleine confusion et ne s’assume pas. Dommage aussi qu’un de ses proches ait voulu jouer les censeurs. Révélations sur les dessous de cette affaire qui a bien failli être étouffée.

 

Tout commence au mois de mai dernier. Au soir du défilé annuel du Front national en l’honneur de Jeanne d’Arc et de la Fête du travail, une rencontre est organisée à Paris. A l’initiative d’un in­dividu que nous nommerons Or­léans (car nous allons être amenés à le retrouver, et pas à son avantage), Dieudonné et l’abbé Philippe Laguérie sont réunis. Dieudonné souhaite faire baptiser son avant-dernier enfant, sa fille Plume, alors âgée de onze mois. Cet­te information nous est connue dans les jours qui suivent. Nous décidons de ne pas en faire état dans l’immédiat. Pour une raison évidente : il ne nous paraît pas souhaitable que la cé­rémonie soit parasitée par une manifestation hostile devant l’église Saint-Eloi de Bordeaux dont l’ab­bé Laguérie est le curé. Une première date est fixée pour le baptême, le 7 juillet, un lundi, jour de relâche du spectacle que donne l’humoriste au Théâtre de la Main d’Or, à Paris, sous le titre : J’ai fait l’con. Il est prévu que Jean-Marie Le Pen soit le parrain. Mais la veil­le, le président du Front national doit présider un banquet patriotique dans la Nièvre. Le lendemain, son agenda politique l’oblige à être au Parlement européen à Strasbourg. D’autres impondérables in­terviennent, de sorte que la cérémonie est décalée au vendredi 11 juillet. Par discrétion, et bien qu’un baptême soit tout ce qu’il y a de public dans la religion catholique, les cérémonies préliminaires ayant lieu sur le parvis de l’église, nous ne nous y rendons pas. Le diman­che 13 juillet en revanche, nous ap­pelons les principaux protagonis­tes : Dieudonné, Jean-Marie Le Pen et l’abbé Laguérie. A ce jour, nous sommes les seuls à nous être entretenus avec les trois, et cela juste avant que tout soit tenté, par Orléans, pour museler l’ensemble de la presse. 

Dieudonné est à moitié breton ! »
(Jean-Marie Le Pen)

Nous sommes certains de notre in­formation mais il est de notre de­voir de la vérifier auprès du père, du parrain et du prêtre. C’est Bruno Larebière qui se charge des contacts pour le compte de « Mi­nute ». Le premier à être joint est l’abbé Laguérie, juste avant les vê­pres. Il a peu de temps mais il con­firme, tant le baptême que l’identité du parrain : c’est bien Le Pen. Au sujet du président du Front national, il ne tarit pas d’éloges sur sa foi catholique : « Je n’ai jamais vu un parrain aussi performant ! Il reprenait toutes les paroles de toute la force de sa conviction bretonne ! » L’abbé Laguérie n’est pas surpris : les deux hom­mes se connaissent depuis longtemps et s’apprécient. « Peut-être parce que moi aussi j’ai le verbe haut ! Il y a une grande amitié entre Jean-Marie Le Pen et moi. D’ailleurs il m’em­brasse quand il me voit ! » L’abbé traditionaliste raconte encore que le président du Front national n’était pas là depuis cinq minutes qu’il y avait déjà « quelques gau­chos » devant l’église, qui l’avaient reconnu en passant, l’église Saint-Eloi n’étant guère éloignée du cinéma Utopia, quartier général de tout ce que la préfecture girondine comp­te de gauchistes de tout poil.

Quelques minutes plus tard, joint également sur son téléphone portable, Jean-Marie Le Pen confirme à son tour d’autant plus facilement que, comme il le dit en souvenir sans doute de son éducation chez les jésuites de Saint-François-Xavier de Vannes, Morbihan, un baptême se fait « coram populo »  : en présence du peuple. Il n’y a rien de secret. Ce n’est bien sûr pas la première fois que le président du Front national est sollicité pour être parrain. Ces dernières années, il a refusé de l’être à plusieurs reprises. Pas par défiance à l’égard des pa­rents « mais compte tenu de mon âge : le parrain doit pouvoir suppléer la disparition des parents, donc être plus jeune ».

Cette année, Jean-Marie Le Pen a pourtant fait deux exceptions. Une première fois en faveur d’Alex­andre Barbera Ivanoff – petit-fils du peintre russe Serge Ivanoff (1893-1983) qui émigra en France après la Révolution bolchevique avant de s’installer aux Etats-Unis –, fondateur du mouvement de « l’essentialisme artistique » et « peintre de l’esprit corsaire », ce qui l’amena d’ailleurs à réaliser un portrait de Le Pen en corsaire, muni d’une longue vue, une hermine sur l’épaule. A près de trente-cinq ans, Barbera Ivanoff est donc entré dans l’Eglise catholique avec Le Pen pour parrain.

La deuxième exception, c’est donc pour la fille de Dieudonné qu’il accepté de la faire. « Quand il m’a demandé d’être son parrain, j’ai ac­cepté volontiers », nous confiait Jean-Marie Le Pen, ajoutant, malicieux et moqueur : « C’est le mariage de la grande famille paria ! Les parias sont cousins germains ! » « Et puis vous savez, ajoutait Le Pen, Dieudonné est à moitié breton ! » Et de rire de bon cœur en narrant que, quand on lui demande ce qu’il a de commun avec l’humoriste, « je réponds toujours : nos grands-mères ! » A pro­pos, cette petite Plume, un peu plus d’un an maintenant, est-elle blanche comme maman ou marron comme papa ? Cette question, justement, a fait réfléchir Le Pen : « C’est drôle les mystères de la génétique : ma filleule est toute blanche, alors que son petit frère est plutôt noir. » Allez comprendre.

 L’humoriste plus serein que son compère

L’information a beau être archi-confirmée, il faut encore joindre Dieudonné. Bruno Larebière s’en charge, lui laissant un message té­léphonique. C’est à partir de là que tout va déraper. Dans l’heure qui suit ce message, alors que notre collaborateur s’apprête à rappeler l’hu­moriste, c’est Orléans qui se manifeste auprès de moi. Il appelle, explique-t-il, de la part de Dieudonné. Celui-ci ne veut pas qu’on parle de ce baptême. C’est une af­faire privée. Et surtout, la divulgation de l’information ne peut que nuire à ses intérêts, au moment où il parvient à retrouver un peu de vi­sibilité médiatique. Le ton est d’a­bord à peu près aimable, puis se fait sec, puis carrément comminatoire.

Orléans téléphone aussi à Bruno Larebière. Deux fois. Tempêtant, exigeant qu’on ne publie pas l’information. Parlant comme s’il s’a­dressait à l’un de ses employés, si tant est qu’il existe encore des pa­trons qui osent encore parler comme cela à leurs employés. Es­sayant enfin de négocier, puisque l’intimidation ne fonctionne pas, jusqu’à ce que Bruno Larebière l’en­voie paître : « J’ai fini par l’envoyer bouler en lui disant que je n’avais pas pour habitude de négocier avec un intermédiaire et que si Dieudonné avait quelque chose à me dire, il avait mon numéro de téléphone. »

Cinq minutes plus tard, la soirée dominicale étant bien avancée, Dieudonné le rappelle enfin. Pour manifester sa colère ? Absolument pas. C’est un homme charmant que nous avons au téléphone. Aimable. Et courtois. Qui fait valoir que s’il ne souhaite pas s’exprimer sur le baptême de sa fille, que si le cheminement qui l’a conduit à la faire baptiser est « quelque chose de très intérieur, de très personnel », il n’entend pas nous empêcher d’écrire quoi que soit : « Ecrivez ce que vous avez à écrire, faites votre travail. Pour le sujet sur Dieudonné et la religion catholique, qui semble vous intéresser, c’est un sujet dont on peut parler. On pourra se voir plus tard avec plaisir. » Ce qu’il souhaite en fait, c’est laisser passer la « polémique » qui ne manquera pas de naître en raison de la personnalité du parrain. Puis il pourra parler de Dieu. Mais, avant de se quitter pour mieux se revoir, pourquoi avoir choisi l’abbé Laguérie ? « Dans les discussions que j’ai pu avoir avec lui, j’ai ressenti un sentiment d’ouverture. »

A converser avec Dieudonné, qui ne demande rien, ne cherche pas à négocier, comme le très désobligeant intermédiaire, qu’on parle éventuellement du baptême de Plu­me mais en « omettant » la présence de Jean-Marie Le Pen, on comprend que sa démarche n’a rien à voir avec ce que Orléans a tenté de nous vendre… Un Orléans qui, excipant de son amitié avec Dieudonné, agissait plus comme s’il avait personnellement à perdre dans cette affaire, tel un dogue dé­fendant son garde-manger, que pour protéger son « ami ». La journée qui suit va le confirmer.

 L’ancien du GUD tente de museler les médias

Le lundi 14 juillet en effet, Orléans revient à la charge, encore plus déterminé. Appels et textos se succèdent. Cela devient si étrange que je décide de différer la publication de l’article, le temps de savoir qui manipule qui. L’information, de toute façon, sera publiée. Nous en avons informé, et Orléans, et Dieudonné. Un site d’informations en ligne est au courant. En raison d’échanges de bons procédés réguliers entre nous, et dans la mesure où nous étions au courant depuis mai, il avait été décidé que nous en aurions la primeur mais que, si nous ne publiions pas l’information, ce site serait averti et aurait la voie libre. Le lundi soir donc, à 23 h 55, la dépêche tombe sur le site de Novopress, diffusée par la bran­che aquitaine de l’agence de presse indépendante (1). Son titre : « Dieudonné, un parrain nommé Le Pen ».

La machine médiatique est-elle lancée ? Oui et non. Oui car, le lendemain, la nouvelle est sur la plupart des sites nationalistes. Mais c’est compter, encore une fois, sans Orléans, qui, ajoutant les courriers électroniques à sa panoplie de petit intimidateur déjà bien lourde, « ordonne » à tous ceux qui ont relayé l’information de Novopress de la retirer, n’hésitant pas à con­tourner ceux qui résistent en faisant intervenir directement auprès de l’hébergeur du site afin qu’il le censure, ou expliquant, histoire de discréditer du même coup, et l’information et l’agence Novopress, qu’il s’agit d’un « canular » ! Durant vingt-quatre heures, l’offensive est sur le point de réussir. Jusqu’à ce que la véracité des faits soit confirmée par Novopress et que « Libéra­tion », le mercredi, publie, sans citer bien sûr l’agence de presse, son « scoop » écrit au conditionnel et dégoulinant de fiel (sans compter que l’abbé Philippe Laguérie se retrouve fait « évêque » dans les co­lonnes de « Libé » !) Rage de Orléans, qui fait savoir à qui veut l’entendre qu’il se vengera (de qui ? de quoi ?), tandis que, de son côté, Dieudonné se montre serein… Comme si, décidément, Orléans avait des intérêts personnels en jeu, du genre de ceux qui mettent sur les nerfs les producteurs de spectacle quand le succès n’est pas ga­ranti ou ceux qui rendent terriblement nerveux ceux qui, espérant un retour sur investissement, se sont portés caution pour la location d’une salle de grande dimension et craignent qu’elle ne soit à moitié vi­de le jour de la représentation ve­nue.

Est-ce de cela qu’il s’agit ? Avec Orléans, difficile de savoir ce qui le motive. Cela fait plusieurs années que cet ancien dirigeant du GUD, le Groupe Union Défense qui fit tant pour la renommée de la faculté d’Assas et le chiffre d’affaires du rayon barres de fer du BHV, s’active dans l’ombre de l’humoriste. Eté 2006, quand Dieudonné, l’essayiste Alain Soral, le fondateur du Ré­seau Voltaire Thierry Meyssan et Ahmed Moualek, président de l’as­sociation La Banlieue s’exprime, s’envolent à destination de Damas, la capitale syrienne, pour gagner ensuite le Liban qui vient d’être bombardé par l’aviation israélienne (2), le voyage n’a été ren­du possible que par l’entregent de Orléans. Celui-ci est d’ailleurs de la partie, prenant soin de se tenir à l’écart des photographes. Sauf une fois.

 L’affiche dite de « la beurette » resurgit…

Ce moment d’inattention – ou plutôt cet instant de vantardise – va lui coûter cher. Sur cette photo, on le voit poser en compagnie de Soral, Dieudonné et Meyssan, tous assis sur un canapé surmonté des portraits du président syrien Ba­char el-Assad et de son père, Hafez el-Assad. Et cette image, qui aurait dû rester une photo souvenir, va être publiée sur le site de La Banlieue s’exprime. Fureur, déjà, de Orléans, qui obtient d’Ahmed Moualek qu’il la retire, mais trop tard. Le mal est fait. Gérant et principal actionnaire d’une société spécialisée dans le conseil en communication, Orléans compte des clients qui n’apprécient ni son ap­parente complaisance à l’égard du régime syrien, ni son compagnonnage avec des individus qui ont la réputation, plutôt justifiée au de­meurant, d’être des antisionistes fervents. Il y perdra un contrat, que l’on dit juteux, avec un « designer » renommé de la place de Paris.

La venue de Dieudonné à la Con­vention présidentielle Bleu Blanc Rouge organisée par le Front national en novembre 2006 dans le cadre de la candidature de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2007 (3), c’est également lui. L’opération est doublement intéressante : en raison bien sûr des passerelles qu’il installe entre politiques de bords a priori opposés sur des b­a­ses dont on ose espérer qu’elles ne se limitent pas à l’antisionisme ; en raison, aussi, de son aptitude à ma­nier le double jeu. Proche de Marine Le Pen, Orléans l’a en effet laissée dans l’ignorance de la venue de Dieudonné à cette convention. C’est avec Jean-Marie Le Pen – et deux proches de celui-ci, quoi qu’ils en disent depuis – qu’il a mon­té cette visite supposée être inopinée, avec le résultat médiatique – les « ravages » disent certains – que l’on a vu. Marine, elle, n’était pas au courant. Parce qu’elle s’y serait opposée ? Sans doute. Quand elle a appris la présence de Dieudonné, elle était proprement furax et a dé­serté les allées où se rendait celui-ci afin d’être sûre de ne pas avoir à le croiser. Quant à Orléans, cette fois, il ne fut pas sur les photos. Ouf.

Ouf pour le chiffre d’affaires de sa société de communication, supérieur à 800 000 euros en 2006, et qui sera sans doute bien plus élevé en 2007, élection présidentielle oblige. C’est en effet de ses locaux qu’est sor­tie la plupart du matériel de pro­pagande du candidat Le Pen, à commencer par l’affiche dite, très improprement, de « la beurette », cet­te jeune fille au piercing et au teint mat censée être une militante du Front national alors que, dans le pays où elle réside et où on peut la croiser dans les agences de casting et dans les « books », le Front national ne se présente pas aux élections. Voilà pourquoi le FN a toujours été incapable de mettre les médias en relation avec cette charmante personne. Comme quoi en­tre manipulation et communication, il y a parfois peu de marge.

 Quand Dieudonné veut réhabiliter Judas

Jeudi dernier, pour la première fois depuis le baptême de sa fille Plume, Dieudonné a fait mine de s’en expliquer. Comme s’il y avait quoi que ce soit à justifier ! Comme s’il n’était pas possible de dire, tout simplement, que oui, il avait voulu que sa fille soit catholique, et que oui, il avait souhaité que Jean-Ma­rie Le Pen en soit le parrain. An­nonçant une conférence de presse, c’est un sketch qu’il a livré au dé­but de son spectacle (NDXA : on peut regarder le sketch en cliquant ici). Et là, oui, il a « fait l’con », en une manœuvre tactique qui pourrait bien être issue des cogitations d’une agence de com’ et ressemble assez aux tergiversations d’Alain Soral quant à la question de savoir pour qui il a vo­té à l’élection présidentielle.

Au Théâtre de la Main d’Or, Dieudonné a pris l’affaire par la dé­rision, se mettant en scène en train d’appeler Le Pen (« Jean-Ma, je l’appelle Jean-Ma ») pour lui demander s’il lui était possible de l’aider à se faire un peu de pub, tirade à pren­dre bien sûr au deuxième degré mais qui laisse un sentiment de malaise. Pas seulement parce que, quand il fait mine d’appeler Le Pen et de lui demander s’il le dérange, le président du FN est supposé répondre : « J’étais dans le jardin en train de torturer un chat » (rires gras de la salle), mais parce qu’il occulte par des bla­gues à deux balles, au motif sans doute que son auditoire ne pourrait pas comprendre, que le baptême est un sacrement, de sorte qu’on fi­nit par se demander ce que veut vraiment Dieudonné.

Au dîner qui a suivi le baptême, à Bordeaux, ville décidément bénie pour Dieudonné puisque c’est là, à la gare, qu’il a rencontré sa femme Noémie qui est originaire de la ré­gion, la conversation entre Jean-Ma­rie Le Pen, l’abbé Laguérie (le cu­ré qui « jacte en latin ») et lui a été amicale mais vive. Au menu : des questions théologiques. L’Ancien Testament, par exemple, qui, on s’en doute, n’est pas son texte préféré… Un témoin d’un échange nous l’a confié : « J’ai été effrayé de la véhémence de son propos. »

Le débat le plus fourni a porté sur la personnalité de Judas. C’est ainsi que Dieudonné a prénommé… son petit dernier, né en juin ! « Nous avons eu, nous a confirmé Jean-Marie Le Pen, une grande discussion, avec l’abbé Laguérie et un pe­tit groupe d’initiés, sur la culpabilité de Judas. » Le sujet passionne l’humoriste depuis longtemps. Il y a dix ans, il en avait fait un spectacle : Pardon Judas. Il voulait même en ti­rer une adaptation cinématographique, dont il avait écrit le scénario avec le frère dominicain Jean Cardonnel, figure emblématique des chrétiens progressistes et au­teur de Judas l’innocent (éd. Indigène, 2001). « Je jouerai Judas, expliquait Dieudonné en 2002, Alain Chabat sera Jésus et Benoît Poelvoorde aura le rôle d’un papillon. » « Il y a un côté Che Guevara dans mon Jésus, poursuivait-il […]. Il faut installer le rire dans le sacré, parce que le sacré, c’est chiant. »

La thèse de Dieudonné, qui nous a confirmé avoir « travaillé avec Jean Cardonnel sur le sujet », n’est pas nouvelle. La psychanalyste Françoise Dolto l’a déjà développée, ainsi que Bernard-Henri Lévy, et Marcel Pagnol en a fait une œuvre théâtrale peu connue et simplement titrée : Judas, qui fut créée en 1955 à Paris avec Raymond Pellegrin dans le rôle-titre. A les en croire, notamment Françoise Dolto et BHL, la trahison de Judas était nécessaire. « Pourquoi dit-on que c’est un salopard, s’interrogeait la psychanalyste, alors que, sans lui, la Passion n’aurait pas pu se déclencher et que le Christ lui a dit : “Ce que tu as à faire, fais-le vite.“ ? »

Pour Dieudonné, outre la nécessité de la trahison de Judas dans l’ac­complissement de la mission di­vine, cette trahison a le mérite d’a­voir été franche et nette, au contraire de celle de Pierre (« Je ne connais pas cet homme ») et il mérite donc un procès en réhabilitation avec cet au­tre argument : «  Pourquoi a-t-on pardonné à certains et pas à d’autres ? Le pardon est-il sélectif ?  »

L’abbé Laguérie, on s’en doute, n’a pas été convaincu par cette présentation de celui à qui, pour Dieudonné, on fait porter « un fardeau qui n’est pas forcément le sien », au point que, le surlendemain du baptême, dans son sermon dominical à Saint-Eloi, il a parlé en chaire de Ju­das. Jean-Marie Le Pen s’est lui aus­si dressé contre cette thèse, mê­me si, reconnaît-il, « moi aussi j’ai dû la défendre quand j’étais chez les jésui­tes » ! « Jésus était connu, ex­plique le président du Front national, il avait fait la marche sur Jérusalem le dimanche des Rameaux. Il n’avait pas besoin que Judas le trahisse pour être arrêté. De toute fa­çon, la faute de Judas, c’est moins la trahison que le suicide, c’est le suicide qui est une faute contre l’espérance. »

Le petit Judas, pas le traître mais le fils cadet de Dieudonné, devrait lui aussi, selon nos informations, être baptisé très prochainement. Par l’abbé Laguérie ? On verra. En tout cas pas avec Le Pen pour parrain : c’est un Inconnu célèbre, Pascal Légitimus, qui mit en scène il y a quinze ans le spectacle d’Elie Semoun et Dieudonné au Zénith, qui a été pressenti pour le porter sur les fonts baptismaux. En parlerons-nous ? On ne sait pas encore. Mais concernant le baptême de Plu­me, on vous a raconté tout ce qu’on savait. N’en déplaise à Orléans.

Jean-Marie Molitor 

1. http://aquitaine.novopress.info

2. Voir notre reportage : « Avec Dieudonné, Soral et Meyssan à Beyrouth », in « Minute » n° 2273 du 13 septembre 2006.

3. Voir notre entretien avec Dieudonné, in « Minute »  2282 du 15 novembre 2006.

Article paru dans le n°2368 de Minute reproduit ici avec l'aimable autorisation de Jean-Marie Molitor

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 12:12

M. Christian Marquant sera l'invité du Forum catholique, le lundi 8 septembre prochain. Il répondra en direct aux questions des liseurs du Forum, de 18h30 à 22h. Ce sera l'occasion de faire le point avec lui sur l'application du Motu proprio Summorum Pontificum en France. Quelles méthodes ? Quels moyens ? Quels premiers résultats ? Quelles espérances ? Un rendez-vous à ne pas manquer et à noter dès à présent !

Le Rendez-vous se tiendra à cette adresse, où l'on peut dès à présent poser ses questions.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 12:09

 « L’Eglise n’interdit rien à personne. Quand on éclaire le trottoir, on n’oblige pas à marcher dessus ! Donner de la lumière, ce n’est pas obliger à vivre d’une certaine manière. »  (Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, responsable du groupe de travail des évêques sur la bioéthique ; texte extrait de l’autre quotidien catholique, 25 juillet 2008.)

« L’Eglise n’interdit rien à personne. » Un archevêque ! Dans le journal officieusement officiel et officiellement officieux de l‘épiscopat français ! On reconnaît bien sûr à ce propos énorme / Un élève parfait de Monseigneur Gallorme. Vous savez bien : le Mgr Gallorme mis en scène par Michel de Jaeghere dans son Ite missa est (cf. Présent de vendredi dernier). Mgr d’Ornellas inaugure ainsi un gallormisme radical. Il était tenu pour un lustigérien docile et averti. Il s’affirme aujourd’hui comme un radical-gallormiste bon teint. Et il aura contribué sans retard à introduire dans le langage ecclésiastique courant le nom propre « Gallorme » et l’adjectif « gallorme » issus de la verve vengeresse de MDJ.

« L’Eglise n’interdit rien à personne. » Mais oui, Monsieur, Madame, mettez-vous au courant. Cela peut faire un quatrain : « Je puis vous dissiper vos craintes ridicules / Madame, et je sais l’art de lever les scrupules / L’Eglise n’interdit, savez-vous, jamais rien / Ayez avec l‘évêque un moment d’entretien. J’ai emprunté les deux premiers vers à l’acte IV (scène 5) que vous savez. Pour accueillir d’Ornellas, on lui chantera ce quatrain sur l’air de Tiens, voilà la quille ! qui était fort répandu au temps du service militaire. On l’intitulera : Tiens, v’la l’archevêque.

« L’Eglise n’interdit rien à personne. » Héritiers de Staline, approchez ! Successeurs de Mao, venez tous ! Libertins et libertaires, assassins et violeurs, escrocs et imposteurs, anarchistes et terroristes, homophiles et pédophiles, accourez, votre heure est enfin arrivée, liberté, égalité : l’Eglise n’interdit plus rien. Rien, à personne. Elle vous écoute. Elle vous éclaire. Elle vous accompagne. Elle a repris, mais en mieux, la vieille invention d’un philosophe de la fin du XIXe siècle : une « morale sans obligation ni sanction ». Désormais l’Eglise, vous dit-on, éclaire les trottoirs, c’est tout. Fidèle à « l’esprit du Concile », elle a remplacé la morale obscurantiste pré-conciliaire par une éthique résolument scientifique et moderne. Et même par une bioéthique. Elle participe par son « prophétisme » à la profonde « mutation anthropologique » qui est devenue le « point focal de réflexion » d’une originalité tout à fait spécifique. Episcopus dixit. Allez savoir, quand nous sommes plongés dans la « diffraction des savoirs » ! Et, en réalité, dans l’incertitude dogmatique, liturgique et morale.

« L’Eglise n’interdit rien à personne. » Le Ciel défend, c’est vrai, certains contentements / Mais on trouve avec lui des accommodements. Ce pauvre Décalogue tellement négatif, huit commandements sur dix sont des interdits. Le Décalogue n’est pas « à l‘écoute » : ce n’est jamais que la pédagogie de Dieu, nous autres évêques conciliaires et collégialistes nous avons changé tout cela. N’ayez pas le scrupule du Décalogue. Enfin votre scrupule est facile à détruire (acte IV). Puisque nous sommes dans les alexandrins, la sentence de l’archevêque gallorme en fait un inoubliable, avec la césure classique (et mnémotechnique) : L’Eglise n’interdit / jamais rien à personne.

« L’Eglise n’interdit rien à personne » ?

— Non, voyons ce n’est pas possible, ce n’est pas cela que l’archevêque a vraiment voulu dire. Il faut comprendre son intention, qui est d’avancer vers la sainteté…

— Il faut plutôt ne pas prétendre juger des intentions. De ce que l’archevêque gallorme a voulu dire, nous ne savons rien d’autre que ce qu’il a dit. Quelle « catéchèse » !

— Mais voyez, au contraire, dans le même numéro de La Croix, l’article intitulé : « L‘épiscopat continue de défendre les positions d‘“Humanae viae”. »

— Je vois le titre, mais je lis aussi l’article : c’est en Argentine. Ce n’est apparemment pas dans le diocèse de Rennes, ni dans le « groupe de travail des évêques sur la bioéthique ». Peut-être, en France, ne savent-ils pas trop ce qu’ils disent, ce qu’ils pensent, ce qu’ils expriment, objectivement. Cela fait cinquante ans (et même exactement, cinquante-trois) que je le répète : Ils ne savent pas ce qu’ils font. Ils ne savent pas ce qu’ils disent. (Nouvelles Editions latine 1955). Le dernier Gallorme en date m’a en quelque sorte accroché par la cravate quand il a proclamé que l’Eglise n’interdit rien (etc.). Il m’a ainsi détourné de mon Sarko flingue la presse (II). Ce sera pour demain.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6640 de Présent, du Mardi 29 juillet 2008

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