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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 13:28

Luc Perrin, qui fut au nombre des intervenants, nous livre son compte rendu à la suite du colloque organisé hier à Versailles autour de l'application du Motu proprio Summorum Pontificum. D'après l'un des organisateurs, c'est entre 700 et 750 personnes qui y ont participé.

A lire en cliquant ici.

Autre intervenante, et fer de lance du GREC (Groupe de Réflexion entre Catholiques) Marie-Alix Doutrebente nous livre également son point de vue. A lire en cliquant là

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 10:44

Chers liseurs du Forum Catholique,

Un rapide message pour vous informer du fait qu'une Rencontre Inter-Liseurs sera organisée le samedi 22 novembre prochain à Paris.

La journée commencera dans la matinée par une messe qui devrait être célébrée aux alentours de 11 heures. Elle se poursuivra par un déjeuner, prolongé dans l'après-midi.

Ces Rencontres Inter-Liseurs sont l'occasion de mieux se connaître et ont toujours pour effet d'augmenter les liens de charité entre intervenants.

Nous serions heureux si vous avez la possibilité d'y prendre part. Alors, notez dès à présent la date.

Nous vous communiquerons ultérieurement les modalités pratiques, qui restent à définir.

D'ici là, auriez-vous la gentillesse de nous confirmer votre venue, ce qui nous permettra de mieux apprécier les capacités à prévoir notamment au niveau du restaurant pour le déjeuner ? (Précision : nous ferons en sorte qu'un menu soit proposé à un tarif accessible à tous.)

Adresse de contact pour confirmer votre venue : admin@leforumcatholique.org

Merci d'indiquer le nombre de personnes présentes (adultes et enfants) !

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 19:45
Denis Sureau analyse le dernier livre de Christophe Geffroy, Benoît XVI et la « paix liturgique » , paru aux éditions du Cerf. C'est à lire sur le Forum Catholique, en cliquant ici.

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 08:42

Le 5 septembre dernier, paraissait sur le net un article anonyme publié sous le titre Les deux ans de l’IBP : un bilan . Et ce sur un blog tout aussi anonyme que quasi-inactif jusqu'alors : http://terredechretiente.blogspot.com/ .
Quels que puissent être les arguments développés dans ces lignes, je me suis opposé à leur publication sur le Forum Catholique. Un liseur du forum en a même fait les frais, puisque j'ai été amené à procéder à la suspension de son compte, pour non respect des consignes alors données.

L'article en question est ensuite tombé plus ou moins dans l'oubli et n'a alors pas donné l'objet à quelque réaction que ce soit. Il continua sans doute de circuler par voie de courriels...

La question restait de savoir qui en était l'auteur et à quelle fin il avait pu être écrit. Je dois à la vérité de reconnaître qu'avec quelques liseurs nous avons émis des hypothèses, sans pour autant donner satisfaction à notre curiosité.

Et voilà que ce jeudi 25 septembre, ce texte refait surface. Nous le retrouvons donc en ligne sur le site officiel du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, publié sous le nom de plume "Christian Marin".

      Continuer ou se précipiter : la position de la Fraternité

      Les deux ans de l’IBP : un bilan, par Christian MARIN

     
Le procédé me parait pour le moins contestable et révélateur.
Contestable parce qu'en publiant ce "bilan", la Fraternité Saint Pie X fait sien son contenu. Mais sans oser avancer à visage découvert, se cachant derrière un pseudonyme. Curieux procédé en effet, quand on sait que de nombreux prêtres de la dite Fraternité ont critiqué par le passé le Forum Catholique du fait même du recours aux pseudonymes pour publier ses commentaires et remarques. Quelle justification pourra donc trouver à l'avenir Monsieur l'abbé de Cacqueray, supérieur du District de France, pour attaquer les liseurs du Forum ?
Révélateur, le procédé l'est tout autant. Il se trouve manifestement parmi l'entourage des supérieurs de la Fraternité un certain nombre de fidèles dont les agissements et attitudes ne sont pas dignes de catholiques. La façon dont a été orchestrée la publication de cet article est on ne peut plus significative. On recourt dans un premier temps à la mise en ligne sur un blog anonyme et apparemment externe à la FSSPX, sentiment renforcé par l'affichage de liens externes à la Fraternité et d'un article consacré à la venue de Benoît XVI en France. A l'origine de ce blog, on trouva même quelques commentaires plus ou moins désespérés sur la situation de la Fraternité Saint Pie X, commentaires qui ont étrangement disparu depuis. C'était donc la première étape. Celle-ci n'ayant pas fait long feu, au vu du peu de retombées, il s'agissait alors de passer à la deuxième. D'où la publication sur le site de La Porte Latine elle-même.  Restait la question de savoir sous quelle identité produire cela. Rien de plus simple. On trouva un pseudonyme plus ou moins transparent.

Plusieurs questions se posent :
- pourquoi la FSSPX s'acharne-t-elle ainsi,
à l'instar des évêques de l'Eglise qui est en France, à attaquer l'Institut du Bon Pasteur ?
- comment M. l'abbé de Cacqueray supporte-t-il d'être aussi mal entouré par quelques laïcs qui donnent de la Fraternité dont il a la charge une bien piètre image ?
- à partir de quand peut-on considérer qu'il consent à ces façons d'agir si mal inspirées ?


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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 08:12

On n’a guère remarqué, semble-t-il, que Benoît XVI a dit aux évêques français :

« Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect. »

C’est bien normal, pensera-t-on.

Oui mais… ce n’est pas au peuple chrétien que Benoît XVI l’a dit.

C’est aux évêques. Cela dépend d’eux.

Benoît XVI le leur a glissé avec beaucoup de discrétion, mais aussi de netteté, entre une citation de saint Paul et une autre de saint Ignace d’Antioche, celle-ci affirmant que « tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l‘évêque », mais cela aussi adressé aux évêques, parce que cela relève d’abord de leur mission, « surnaturelle surtout », de créer les conditions nécessaires pour que le peuple chrétien puisse les considérer avec respect et affection.

Il y a donc des conditions nécessaires qui ne dépendent pas de nous, elles dépendent des évêques eux-mêmes. Naturellement, ils voudraient être aimés. Ne disons pas qu’ils ne font rien pour cela. On en voit plus d’un au contraire faire de grands efforts pour apparaître comme un chic type sympa, plein de simplicité et d’agrément dans la conversation, toujours prêt à l‘écoute, à l’accompagnement, au dialogue, vachement ouvert à la modernité et au progrès, toutes qualités individuelles supposées ou réelles, mais en tout cas complètement à côté de la plaque.

Pour ne pas remonter plus haut, ils ont fait l‘éloge du « grand mouvement » de Mai 68, dont l’idéologie et les acteurs sont encore très largement dominants dans la classe dirigeante (politique, audiovisuelle et religieuse) ; ils ont adhéré à ce « grand mouvement », ce fut, faut-il donc le rappeler, leur fameuse déclaration collective du 20 juin 1968, ils ont accueilli alors l’appel « à bâtir une société nouvelle », « d’autant plus, disaient-ils, que le Concile en avait pressenti l’exigence ». Ils ne savaient pas, ou peut-être ils ne savaient que trop bien, que ce grand mouvement était celui des « trois M » : Marx, Mao et Marcuse. Et depuis Mai 68, les organismes collectifs de l‘épiscopat ont sans cesse tenu à manifester plus ou moins ouvertement leur partialité temporelle toujours pour le même modernisme. Y compris pour la dialectique marxiste de la suicidaire « lutte contre toute espèce de discrimination ». Telle est la sorte de « conditions nécessaires » qu’ils ont créée dans le catholicisme français. Avec une stricte relégation sociologique, toujours en vigueur, infligée à ceux qui ne suivaient pas.

Si relégués que nous soyons, eh bien, à chaque messe partout, aux prières du canon, nous prions pour l‘évêque du lieu, et tels sont en tout cas le respect et l’affection que nous ne refusons jamais à sa fonction surnaturelle, même s’il nous rejette : affection, respect, vénération pour la succession apostolique sans laquelle les sacrements ne seraient plus valides et l’Eglise n’existerait plus. Cette vénération et cet amour vont à l‘être historique de l’Eglise, à sa continuité surnaturelle, à sa tradition, – à travers les péripéties, incertitudes et variations humaines : aucune d’entre elles, sans doute, n’est plus significative que celle que nous vivons en ces jours concernant le saint sacrifice de la messe.

En effet : non seulement nos évêques ont prétendu nous interdire la messe traditionnelle, non seulement leur missel du dimanche a osé enseigner pendant des années qu‘à la messe il y a seulement mémoire de l’unique sacrifice déjà accompli, mais encore ils n’ont pas clarifié la situation. La plupart d’entre eux semblent en être plus ou moins restés à la doctrine de l’article 7 première version et paraissent répugner à enseigner explicitement que chaque messe est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Ils n’ont pas rectifié non plus leurs traductions contestées du Credo, du Pater et de leur Bible Bayard. Et ils s’arrangent pour pratiquement mutiler la liberté retrouvée de célébrer la messe traditionnelle sans aucune autorisation préalable. Alors, sans rien retirer à notre vénération pour la succession apostolique, et en écartant tout ce qui dans leurs individualités nous ferait hurler de rire ou d’indignation, la sorte d’affection que nous ne pouvons refuser à leurs personnes est une profonde et cordiale compassion.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6682 de Présent du Vendredi 26 septembre 2008

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 12:15

Le Pape change la donne. D’abord, dans le village planétaire, si tant est que cette fiction médiatique ait une réalité, il incarne la seule institution qui dure, et non seulement se maintient, mais se renouvelle. « L’homme remonte toujours vers sa source », disait Alphonse de Lamartine, à l’opposé du courant qui, lui, ne le peut pas. L’Eglise de Rome est « experte en humanité » ! Elle remonte toujours vers son origine divine, et, reliant les choses du temps à l’éternité, elle renouvelle la face de la terre.

Le « semeur de charité et d’espérance » est venu, chez nous, tracer un chemin de lumière, qui nous ramène à nos origines non par nostalgie, encore moins par regret de ce qui fut, mais pour mieux voir et faire ce qui doit être.

Il a joint le geste à la parole. Aux Bernardins, après avoir rappelé les

Pères sacrés de notre Europe

Fondateurs de la Chrétienté…

Pâtres, pécheurs, Docteurs

O Prêtres !...

Il a écrit, en caractères grecs, sur le Livre d’or que lui tendait le prince de Broglie, le commencement de l’Evangile de saint Jean, nous reliant ainsi, d’un coup, à cette nouvelle Genèse, qui est d’Athènes en même temps que de Jérusalem. A Lourdes, après avoir fait chanter, en latin, le Credo et le Pater, comme il l’avait fait à Paris, il a entonné l’Angélus dans la même langue de toujours et de l’Eglise, « la langue d’or, fille romaine du Peuple-Roi ». La croix replacée au centre de l’autel, la communion reçue sur les lèvres, les mains jointes, les genoux pliés, le silence de l’adoration, nous enseignent à nouveau, par les moyens matériels inscrits dans l’espace, et par les attitudes du corps comment l’âme peut respirer.

Comme il nous l’a dit, évoquant la libération du sol français, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notre temps réclame une libération spirituelle. Le Libérateur est venu. Et les foules ont marché spontanément à sa suite.

Ce fut un succès populaire. François Fillon, dans son allocution de départ, à l’aéroport de Tarbes, l’a souligné. Ce succès populaire contraste avec une certaine réticence, une hypocrite réserve, un déficit d’enthousiasme constatés chez ceux qui auraient dû, au contraire, manifester à pleins poumons leur joie et leur adhésion. Il est en opposition absolue, ce succès populaire, avec la gêne ou la dérision, et maintenant l’oubli, de la classe médiatique qui, bien sûr, ne pouvant éviter l’événement, travaille maintenant à l’effacer du souvenir. Raison de plus pour y revenir, et sans cesse creuser ce chemin de lumière.

C’est le laïcat, au sens premier du mot, qui signifie peuple, qui a le mieux écouté, compris et aimé le Pape. C’était déjà vrai avec Jean-Paul II, mais il y a plus d’un demi-siècle, c’était aussi vrai avec Pie XII, dont les encycliques sociales, véritables monuments de sagesse et de prophétie politiques pour le monde d’aujourd’hui, n’étaient travaillées, enseignées, mises en œuvre que par des laïcs, dans l’oubli, voire la négation ou l’opposition de la majorité de ceux qui auraient dû en être les relais et les répétiteurs. La seule chose qui se porte bien, dans l’Eglise de France, au long des siècles, c’est le gallicanisme, j’entends par là non la juste liberté des Eglises locales, mais l’esprit de fronde, d’orgueil, de ridicule quant à soi, qui est bien un travers de notre caractère national. « L’évêque de Rome dit ce qu’il veut, mais moi, archevêque ou évêque du lieu, je fais comme je veux. » Et l’obéissance refusée ou acceptée chichement de l’évêque du lieu à l’évêque de Rome est exigée, de façon absolue, par le même évêque, de ses ouailles. Sans aucune révolte, mais avec la force tranquille de ceux qui ont été directement confirmés dans leur foi, le laïcat catholique français va faire ce que le Pape demande de faire, aux laïcs, comme aux prêtres et aux évêques. A Lourdes, il ne s’est pas adressé à la foule en méprisant la hiérarchie, ni à la hiérarchie en parlant en confidences. Il s’est adressé en même temps aux deux, aux évêques réunis et au peuple qui entendait. Ce discours est notre charte, notre ligne de vie et d’action, notre programme. Il contient ce que nous pouvons faire, directement, nous les laïcs, dans l’ordre familial, politique, culturel et social ou ce que nous devons demander et ce que nous pouvons exiger de nos clercs, évêques et prêtres : la messe, le catéchisme et les sacrements.

La résonance du message pontifical a dépassé largement les frontières visibles de l’Eglise et du laïcat catholique. C’est le peuple de France, tout entier, qui a été impressionné. Un champ s’ouvre donc, à nouveau, d’une évangélisation par la culture et d’une réforme de nos institutions et de nos mœurs politiques, qui dans une nation dont les racines chrétiennes ont été rappelées, chantées, célébrées par le Pape et par le gouvernement, ne peuvent plus ignorer la doctrine sociale de l’Eglise. Le mur imaginaire de la laïcité que Jacques Chirac avait tenté de consolider, a volé en éclats, et les religions ont retrouvé droit de cité. N’oublions pas cependant que la « laïcité à la française », celle du petit père Combes, de Jaurès et de Jules Ferry, n’a jamais été vraiment hostile qu’à l’Eglise catholique. Elle n’était pas contre « les religions ». Elle était anticatholique. Officiellement, par la voix du président de la République et du Premier ministre, la République n’est plus anticatholique. Au contraire, elle reconnaît que la France est née, a été modelée, civilisée, par les moines, les prêtres, les évêques et les saints. C’est tout un enseignement de l’histoire, des arts et des lettres, et de la politique, qui se déduit de cette reconnaissance. Il ne suffit pas de le dire, en deux phrases, pour ensuite faire comme si cette réalité n’existait plus. Si ces mots sont exacts, la République reconnaît, aujourd’hui, que nous, catholiques, nous sommes les héritiers légitimes de la France, que, même si la France est devenue « multiple », les racines, elles, ne peuvent pas changer, et que, contrairement à la parole imbécile qu’a prononcée, sans réfléchir, je l’espère, un Prince de l’Eglise de France, la France d’aujourd’hui, est chrétienne, comme l’était la France d’hier, et comme le sera la France de demain, car on ne se défait jamais de ses racines. Le cours de l’histoire peut se remonter, en esprit, pour mieux savoir d’où nous venons afin de voir où nous devons aller, mais il ne se refait pas, il ne se change pas, c’est un donné. Même envahie par les bouddhistes et les musulmans, les mormons et les animistes, la France sera toujours catholique parce qu’elle ne peut pas être autrement. Catholique envahie, catholique dénaturée, catholique écrasée, vaincue, occupée… mais catholique toujours et donc toujours renaissante.

C’est cette renaissance catholique, dont chaque génération, à son tour, reçoit la charge, que Benoît XVI est venu conforter, enseigner et bénir.

Et les foules – croyantes ou incroyantes – ont suivi, grands de la culture et humbles malades de Lourdes. Emules de Thomas d’Aquin, d’Albert le Grand, des géants de la pensée ou petits frères de Bernadette Soubirous, nous sommes le peuple de Dieu, le laïcat catholique français, celui qui jamais ne fut abandonné, et à qui, quand cela lui est demandé avec confiance et ferveur, Dieu envoie « le meilleur secours qui soit à Roi ou à Cité, le secours du Roi des Cieux ».

JACQUES TREMOLET DE VILLERS

PRESENT n°6680 daté du 24 septembre

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 10:16


Le Huitième pilote, p.32
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 14:30

Dans sa dernière livraison quotidienne, Monsieur Crouan nous produit cet article :

FORME "ORDINAIRE": DE QUOI PARLE-T-ON?

Il y a quelque chose de burlesque dans la façon avec laquelle certains fidèles parlent aujourd'hui de la forme "ordinaire" du rite romain.
Nos évêques nous en parlent pour nous en dire grand bien. Mais où l'ont-ils vu être célébrée?
Des fidèles attachés de façon exclusive à la forme "extraordinaire" du rite (attachement qui, soit dit en passant est contraire à l'esprit et à la lettre du Motu proprio Summorum pontificum) en parlent pour la critiquer. Mais où l'ont-ils vu être célébrée?
Tous, qu'ils soient clercs mitrés ou simples laïcs, parlent d'une liturgie qu'ils n'ont jamais vu, car elle n'est jamais célébrée dans nos paroisses (sauf rare exception).
Car dans nos églises où l'on se dit fidèle aux orientations du Concile, ce n'est pas, contrairement à ce qu'on croit, la forme "ordinaire" du rite romain qui est célébrée, mais sa forme "déformée".
Les pratiquants se sont tellement adaptés aux célébrations dominicales inesthétiques et plus ou moins traficotées, que la liturgie que célèbre Benoît XVI leur semble venir d'une autre planète: il leur faut redécouvrir qu'un autel doit ressembler à un autel et non à une table, que le célébrant doit s'effacer devant le Mystère et ne pas se prendre pour le centre de la messe, qu'une chorale qui chante du grégorien est tout de même bien mieux qu'une animatrice qui piaille un refrain derrière son micro, qu'un un maître de cérémonie qualifié et discret vaut mieux qu'une équipe liturgique incompétente et envahissante, que les concélébrants qui gardent les mains jointes sont plus dignes que lorsqu'ils ont les bras ballants, que les vêtements liturgiques esthétiques correspondent mieux à la fonction ministérielle que des djellabas en tergal, qu'un célébrant qui ne dit et ne fait que ce qui est indiqué dans le missel permet mieux le recueillement que celui qui s'autorise à improviser ou à gloser la liturgie...
Bref, le fidèle à qui on a désappris la liturgie doit à présent redécouvrir des éléments qui sont constitutifs de toute célébration dans la mesure où ils permettent de donner à la forme "ordinaire" du rite romain son relief, sa beauté et sa force d'attirance.
En prêchant par l'exemple donné, le pape Benoît XVI a voulu nous montrer qu'à partir de la forme "ordinaire" de la liturgie romaine, il était tout à fait possible de composer - en fonction des lieux et des aides dont on dispose - des célébrations dignes, harmonieuses, porteuses de sacralité, et qui sont tout autant que la forme "extraordinaire" un reflet de la liturgie céleste. Ne pas vouloir voir cela, c'est ne pas comprendre qu'au cours de son voyage en France, le Saint-Père n'a pas seulement demandé qu'on donne toute sa place à la forme "extraordinaire" du rite romain, mais qu'il a aussi expliqué et montré ce que peut et doit être réellement la liturgie célébrée selon la forme "ordinaire".
Nos évêques suivront-ils son exemple? De la façon dont ils nous parlent de la forme "ordinaire" de la liturgie en se montrant très satisfaits de ce qui se fait dans les églises paroissiales ("chez nous il n'y a pas de problèmes..."), on peut sérieusement en douter et craindre pour la pratique dominicale.


Sur le fond, Monsieur Crouan n'a pas complètement tort. Le problème, c'est que précisément il n'est pas donné aux catholiques d'assister autrement qu'exceptionnellement à une Messe célébrée selon la forme ordinaire du rite romain de façon conforme aux normes liturgiques.

On notera d'ailleurs que le vibrant appel à témoignage que lançait Pro Liturgia à la suite du courrier d'un jeune prêtre (je cite M. Crouan : que les prêtres qui vont sur le site internet de notre Association et qui célèbrent aussi dignement que possible la messe en respectant le missel romain actuel (sans rien ajouter, retrancher ou modifier), veuillent bien se signaler. Merci d'avance.) ne semble pas avoir trouvé grand écho, à en croire l'absence totale de référence donnée sur le site de Pro Liturgia depuis lors.

Peut-on dès lors reprocher aux catholiques attachés à une digne liturgie de se tourner exclusivement vers la forme extraordinaire du rite romain ? Monsieur Crouan peut-il raisonnablement et durablement se moquer de ces catholiques qu'il se plaît à critiquer à longueur de pages ? Je ne le crois pas.

XA

Lire la discussion sur le Forum Catholique

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 12:27
LE FIGARO:
Le discours du pape aux évêques a été parfois présenté comme un rappel à l'ordre. Y a-t-il des nuances, des différences ou des désaccords entre le Saint-Siège et l'épiscopat français ?


Mgr Vingt-Trois :
Cela supposerait, pour qu'il y ait divergence ou antagonisme, que la mission de l'évêque de Rome soit d'être l'évêque des diocèses de France. Or ce n'est pas sa mission ni son intention. Nous sommes une Eglise dont il est le garant, le premier parmi les évêques, celui qui doit fortifier ses frères dans la foi. Benoît XVI ne s'implique pas dans la gestion des diocèses. Il donne des objectifs, des orientations, il exprime des convictions, et puis il nous confie la mission de les mettre en oeuvre. Quant à cette mise en euvre, il n'a jamais exprimé de critique publique, et à ma connaissance, pas non plus de critique privée. Le pape n'est pas le patron d'une multinationale qui vient visiter une succursale et qui aligne tout le monde sur la ligne de l'entreprise.

Pendant le voyage, j'ai eu l'occasion de participer à deux déjeuners avec lui, l'un, à Paris, avec les évêques d'Ile-de-France, l'autre, à Lourdes, avec ceux de la province de Toulouse. Ils nous a écoutés avec intérêt, et encouragés avec beaucoup de gentillesse. Son discours aux évêques ne visait pas à prendre ses distances vis-à-vis de la conférence épiscopale : sur beaucoup de sujets, il affirme ce que nous avons dit nous-mêmes. Par exemple, sur la question de la catéchèse, le pape renvoie aux documents de référence que sont le Catéchisme de l'Eglise catholique et le Catéchisme des évêques de France : il n'est donc pas en désaccord avec nous. Et quand il assure que, en matière de transmission de la foi, le plus important n'est pas la méthode, mais le contenu, notre perspective est identique : l'an dernier, à Lourdes, nous avons réuni plus de 7 000 responsables de la catéchèse, précisément sur la question du contenu.

S'ensuit sur le Forum Catholique une discussion à lire ici..
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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 08:11

Le directeur de La Nef Christophe Geffroy, ardent défenseur de la liturgie traditionnelle, vient de publier (aux éditions du Cerf, mais oui) un important ouvrage de trois cents pages, Benoît XVI et « la paix liturgique », qui fourmille de précieux renseignements historiques, d’idées intéressantes, de vues d’avenir. Il connaît la question à fond, ce qui est très rare. Toutefois il trouve « détestable » (p. 279) le cas de l’Institut du Bon Pasteur (IBP), et cela appelle examen.

L’IBP, fondé en 2006 par les abbés Philippe Laguérie, Guillaume de Tanoüarn et Christophe Héry, a été érigé canoniquement par le Saint-Siège, le 8 septembre de la même année, comme société de vie apostolique de droit pontifical bénéficiant de « l’usage exclusif de la liturgie grégorienne » pour la messe et pour tous les sacrements. Cet usage exclusif « crée une ambiguïté détestable » aux yeux de Christophe Geffroy, ce ne peut être selon lui qu’une « exception » qui « ne pourrait avoir qu’un temps », car il lui semble que les prêtres qui ont retrouvé (ou conservé) l’usage de la liturgie tridentine « ne devraient pas avoir peur de l’autre forme [du rite romain], y compris en la célébrant s’il y a nécessité », par exemple « pour répondre au besoin de paroisses vides de prêtres depuis trop longtemps ».

Et puis, argument d’autorité, « Benoît XVI a explicitement demandé que les prêtres célébrant avec l’ancien missel ne refusent pas de célébrer avec le nouveau », cela étant, on le suppose, écrit par Christophe Geffroy (p. 282) au courant de la plume : en effet le Pape, qui sait fort bien ce qu’il écrit, a écrit en réalité qu’il ne faut pas exclure « par principe » la célébration selon les nouveaux livres. Or ceux qui « excluent » le nouveau rite ne le font point « par principe ».

Refuser la messe montinienne par principe, ce serait la refuser comme invalide ou comme hérétique ; ce serait, pour reprendre une expression du P. Bonino cité par Christophe Geffroy, faire valoir contre elle des « raisons dogmatiques absolument dirimantes ». Ce n’est pas le cas. Les traditionalistes, et en particulier ceux de la FSSPX, reconnaissent volontiers à la messe de Paul VI, en principe, sa validité et sa non-hétérodoxie. Ils refusent de la célébrer pour des motifs circonstanciels qui n’en sont pas moins impérieux.

Pratiquement, la messe de Paul VI, pour le public, mais aussi pour les évêques, se reconnaît en effet au retournement de l’autel et du célébrant, à la suppression des agenouillements, à la communion dans la main, aux embrassades générales commandées par un : « Donnez-vous la paix. » (etc.) Aucune de ces fantaisies ne figure dans les « éditions typiques » de la nouvelle messe. Mais les évêques y tiennent tellement que, pour la plupart, ils y président depuis une quarantaine d’années, leur donnant presque l’autorité d’une coutume établie. Si bien que l’« ambiguïté détestable » réside en réalité dans ce que l’on désigne et ce qui se fait comme étant la messe de Paul VI. En sens inverse, d’ailleurs, Benoît XVI modifie ce qui se faisait sous ce nom, même à Rome ; il procède là, selon la jolie (et juste) expression de l’abbé de Cacqueray, à « une catéchèse en images et par l’exemple ».

Autre motif qui lui non plus n’est pas « dogmatique » mais circonstanciel (et néanmoins impérieux) : dans beaucoup de diocèses encore, le clergé séculier, évêque en tête, ou évêque consentant, utilise la messe de Paul VI comme arme par destination contre la libre célébration de la messe ancienne. C’est moins que jamais le moment d’apporter à cette agression l’apparence d’une caution traditionnelle.

L’auteur de ce Benoît XVI et « la paix liturgique » semble parfois aux prises avec la tentation d’accorder un égal honneur à l’une et l’autre messe. La montinienne, même bien arrangée et pomponnée, ne pourra effacer son insolent caractère originel de messe hâtivement « fabriquée » dans les quelques saisons d’une rupture révolutionnaire avec la messe transmise, confirmée, complétée siècle après siècle par la foi de l’Eglise. Il n’est pas exclu par principe qu’il y ait des dévotions et des liturgies modernes. La primauté d’honneur ne peut cependant pas être enlevée à la messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne selon le missel romain.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6678 de Présent, du Samedi 20 septembre 2008

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