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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 11:24
Saurez-vous trouver de quel album sont tirées ces trois images ?

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 15:47
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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 16:13

Nous serons quelques-uns (et peut-être toute l’Eglise ?) à célébrer pieusement cette année le cinquantième anniversaire de la mort de Pie XII (9 octobre 1958).

• La mort de Pie XII en 1958 marque, dans l’histoire de l’Eglise, le moment où le Saint-Siège va cesser d’opposer frontalement son autorité magistérielle et ses condamnations aux tendances révolutionnaires qui, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, agitent le clergé catholique.

• A la fin des années cinquante, un peu avant ou un peu après 1958, parmi les propos ordinaires du monde ecclésiastique, j’ai entendu plusieurs fois annoncer en privé que Pie XII « serait probablement » puis « avait été » le dernier pape tridentin. J’ignorais bien sûr d’où pouvait provenir une aussi surprenante rumeur, et d’ailleurs j’en discernais mal la portée. Nous le voyons aujourd’hui, c’est bien à partir de 1958 qu’a été progressivement abandonné dans les diocèses l’enseignement de la foi chrétienne selon la pédagogie prescrite par la préface au Catéchisme du concile de Trente, c’est-à-dire la pédagogie des trois connaissances nécessaires au salut et des quatre parties obligatoires de tout catéchisme catholique.

• La révolution religieuse qui s’est déchaînée durant toute la seconde moitié du XXe siècle s’est manifestée d’abord dans cette subversion du catéchisme. Ce fut l’affaire du « catéchisme progressif » qui eut, mais prudemment en sous-main, le soutien de l‘épiscopat français. Ce catéchisme voulait imposer de suivre sans jamais la devancer l’« expérience religieuse des enfants catéchisés » (au lieu de la susciter et la guider par l’enseignement traditionnel des trois connaissances). Pie XII y donna un coup d’arrêt en 1957. L‘épiscopat se soumit en traînant les pieds. Mais déjà des familles se regroupaient pour enseigner elles-mêmes le catéchisme romain traditionnel à leurs enfants. Elles avaient raison. Après 1958, les efforts réels du Saint-Siège pour sauver le catéchisme du désastre qu’on lui connaît furent trop discrets, trop débordés, trop impuissants. Et aujourd’hui encore, il manque dans la plupart des diocèses le modeste mais indispensable livret du petit catéchisme pour enfants baptisés. Quand il en subsiste quelque chose, c’est par initiative privée, et souvent clandestine (cf. Histoire du catéchisme 1955-2005).

• Sous Pie XII commença aussi la non-résistance catholique au communisme. Mais il ne lui consentit aucune apparence de complicité, aucun caractère officiel, aucune tolérance. Cette non-résistance systématique s‘était fortement installée dans la presse catholique et dans l‘épiscopat. Elle avait pour origine le clan démocrate-chrétien, dont quelques notables clercs ou laïcs avaient étroitement collaboré pendant la guerre avec le parti communiste, et le souvenir de cet excitant concubinage leur était resté doux. Ce fut, s‘élargissant comme une immense tache d’huile, l’extension d’un « progressisme » politico-religieux, partisan de l’« ouverture », du « dialogue », de l’« accompagnement » pratiqués aveuglément à l‘égard de toutes les « modernités » sans discrimination. Pie XII y était totalement imperméable. Et sous son pontificat la rébellion révolutionnaire du clergé baissait la tête.

• Il ne lui avait pas échappé que le concile du Vatican (1869-1870) avait été suspendu en raison de l’entrée dans Rome des troupes italiennes. Il s‘était donc posé la question de reprendre ce concile interrompu. Il consulta, il médita, il pria, et finalement il jugea imprudent de réunir un concile en un temps où l’on avait déjà tant de mal à contenir le tumulte révolutionnaire d’un clergé qui était rebelle dans son cœur.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6630 de Présent, du Samedi 12 juillet 2008

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 06:45

Deux pages entières de La Croix, cette semaine, pour nous dévoiler plus ou moins clairement la stratégie suicidaire de l‘épiscopat français pour s’opposer à l’application du motu proprio promulgué le 07.07.07 par Benoît XVI pour la libération de la messe romaine traditionnelle.

• Le journal La Croix est, comme on le sait, l’organe officiellement officieux et officieusement officiel du Conseil permanent de l‘épiscopat. Il est donc parfaitement crédible lorsqu’il rapporte les pensées, les propos ou les actes des évêques français.

• Il nous est donc confirmé par La Croix de lundi que l’inspirateur de la stratégie anti-07.07.07 est le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Elle consiste à n’autoriser de messes traditionnelles que si elles sont célébrées par un prêtre diocésain qui n’y soit pas favorable. C’est-à-dire à faire comme si le motu proprio avait en quelque sorte excommunié le clergé des instituts Ecclesia Dei pourtant reconnus par le Saint-Siège : le mot d’ordre séditieux et suicidaire est de systématiquement les écarter.

La Croix donne non pas comme une exception, mais comme représentatif de la stratégie épiscopale, le fait de rechercher parmi les prêtres diocésains un prêtre « ad hoc » plutôt que de faire appel à un institut relevant de la Commission pontificale Ecclesia Dei. Au nom de sa conception, soi-disant conciliaire, de la « collégialité », l‘épiscopat français entend considérer sa propre autorité comme supérieure à celle de la Commission pontificale.

• Certains poussent même le dévouement jusqu‘à se faire publiquement passer pour des imbéciles : ils se mettent à appliquer le motu proprio (terriblement restrictif) publié par Jean-Paul II en 1998, comme s’ils ne s‘étaient pas encore aperçus que nous sommes désormais sous le régime du motu proprio publié le 07.07.07 par Benoît XVI.

• Et surtout pas de « paroisses personnelles », ce serait contraire au motu proprio (qui justement les a instituées) ! A ce sujet, les propos attribués par La Croix à Mgr Vingt-Trois et à Mgr Chauvet sont véritablement très instructifs. Une astuce parallèle consiste à permettre une messe le premier et le troisième dimanche du mois, comme si l’obligation dominicale n’existait plus (il est vrai qu’elle est souvent oubliée par le clergé lui-même, dans un état d’esprit dit « conciliaire »).

• Pie XII est mort en 1958. Après cinquante années d’une révolution liturgique et d’une révolution catéchétique permanentes, qui ont été soit tolérées soit soutenues par la hiérarchie ecclésiastique, l‘état d’esprit général du clergé diocésain est devenu déplorable. La Croix cite entre guillemets le propos suivant : « Je ne comprends pas que le pape ait relancé cette démarche liturgique [la libération de la messe tradi] sans voir qu’elle n’est pas cohérente avec Vatican II. » Le propos cité ainsi n’est pas présenté comme une exception regrettable mais comme représentatif de ce que pense le clergé diocésain vieillissant.

• Le quotidien parisien Libération n’est pas particulièrement favorable à la moindre forme de traditionalisme. Son enquête sur les messes tradis lui a cependant montré une « assistance majoritairement jeune et prolifique ». Et il aboutit à un constat complémentaire : « Les tradis sont l’avenir de l’Eglise catholique. La nouvelle évangélisation voulue par Jean-Paul II, confirmée par Benoît XVI, et qui vise à ramener vers l’Eglise les grandes masses qui s’en sont éloignées, passe par eux. » C’est donc devenu une évidence solaire.

• La remise en ordre d’une Eglise bouleversée par cinquante années de révolution passe obligatoirement par un ralliement des évêques à la messe tridentine et au catéchisme tridentin. En France, on est fort loin de compte. Aux Editions Hora Decima vient de paraître un opuscule de l’abbé Claude Barthe sur Les nominations épiscopales en France, sous-titre : Les lenteurs d’une mutation. La mutation est forcément contre-révolutionnaire, elle est inévitable, en France elle est très lente, l’abbé Barthe, fin connaisseur des réalités ecclésiastiques, démonte sous nos yeux les mécanismes de ce ralentissement artificiel. Ce n’est pas La Croix qui va recommander la lecture de cet ouvrage vif et pertinent.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 6628 de Présent, du Jeudi 10 juillet 2008

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 07:02

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Published by XA - dans Société
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 14:00
Une contribution intéressante de Luc Perrin sur le Forum Catholique, à lire en cliquant ici.
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Published by XA - dans Luc Perrin
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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 15:21
L'intention de prière générale de Benoît XVI pour le mois de juillet est: "Pour qu'augmente le nombre de ceux qui, comme volontaires, prêtent un service généreux à la communauté chrétienne".

Son intention missionnaire est
: "Pour que la Journée mondiale de la jeunesse allume chez les jeunes le feu de l'amour divin, et en fasse des semeurs d'espérance pour une humanité nouvelle".
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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 14:04

Rendez-vous ce matin chez le gynécologue. C'est l'échographie du troisième mois. Naissance prévue pour le 14 janvier prochain. Ne me demandez pas si ce sera une fille ou un garçon. On ne peut pas le savoir à ce moment précis de la grossesse. Et puis ensuite, a priori, nous ne demanderons pas...

La gynécologue m'a laissé une sale impression. Je l'ai plainte de faire son travail dans de telles conditions.

Après l'échographie, qui révéla un bébé en bonne santé (merci, mon Dieu), nous retournons dans son bureau. Et là, la question tombe.
_ "Vous avez pris rendez-vous pour la prise de sang ?"
_ "Pardon ?"
_ Vous avez pris rendez-vous pour la prise de sang ?"
_ "Ah... la prise de sang... Non, non..."
_ "Vous avez quel âge ?"
_ "38 ans"
_ "Ouh la la... 38 ans... ouh la la... il faudrait y penser..."
_ "Oui, mais nous n'en avons même pas parlé..."
_ "Il faut y penser. Bon, l'échographie n'a rien révélé d'anormal. La nuque est bonne. Mais à 38 ans, il y a des risques..."

La discussion se poursuit, sur un ton courtois et posé. Je n'ai guère eu envie de faire de vagues. Et puis soudain.

_ "Notez bien que si vous engagez le processus, cela n'a de sens que si vous envisagez une interruption de grossesse au cas où l'on suspecterait une Trisomie 21."
_ "Ecoutez, nous allons en discuter..."
_ "Vous avez 38 ans, ce n'est pas comme si vous en aviez 20... Et puis bon, vous avez 4 enfants. Il faut aussi penser à eux, qui n'ont rien demandé. Si jamais vous aviez un enfant trismoique, le jour où vous ne serez plus là, ce serait une charge pour eux."

Odieuse bonne femme. Quelle misère d'effectuer un tel et beau métier avec une si petite idée de sa fonction. 

Deux minutes plus tard, elle résistera fortement à ma suggestion de prolonger l'arrêt de travail de mon épouse, aide-soignante dans un pavillon de gériatrie (poids moyen des patients : 90 kgs), en usant d'arguments plus moralisateurs les uns que les autres : "Attention ! vous êtes en arrêt - maladie ! Respectez bien les horaires de sortie ! Les médecins du travail ne plaisantent plus ! Ils contrôlent de plus en plus. Et là, c'est vous et moi qui aurons des problèmes si vous ne respectez pas ces horaires..."

Quelle curieuse vision de sa fonction dans la société, mon Dieu...

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 10:15

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Published by Bernard Joustrate - dans "Pour la Vie"
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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 22:42
 Les lignes qui suivent sont celles d'un liseur de la première heure du Forum Catholique auquel je dois beaucoup. C'est bien volontiers que je vous livre ce conte. XA
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Entre vignes et abricotiers, dans cette belle vallée inondée de soleil, à quelques pas seulement du séminaire qu’il a fondé, le grand Prélat se promène.

 

Voici quelques mois, il a sacré 4 évêques sans mandat pontifical et a subi la plus grave des condamnations : l’excommunication. Dans quelques mois, il s’en doute bien, ces mots de Saint Paul seront inscrits sur sa tombe « Tradidi vobis quod et accepi ».

 

La terrible sentence qui l’a frappé ne le fait pas trembler, malgré la certitude de son imminent retour vers le Juge qu’il a toujours servi avec amour et fidélité.

 

Ce qu’il ressent n’est pas arrogance ou orgueil. Son âge avancé n’a pas altéré son jugement. Son geste, lors des récents sacres, fut uniquement et totalement guidé par son incommensurable amour de l’Eglise. Cette Eglise qu’il aime par-dessus tout et que la crise moderniste déchire de toutes parts.

L’amour de Dieu, de son Eglise et des âmes. Un amour absolu, inconditionnel, qui brûle tout son être. Voilà ce qui l’a conduit à accepter cette terrible sentence de l’excommunication.

 

Tout en marchant, l’Evêque y pense avec gravité. Jamais, il n’aurait pensé qu’une telle chose soit possible. Jamais, durant toutes ces années où il fut jeune prêtre, évêque, archevêque, Légat du pape, Supérieur Général des Spiritains, Fondateur et Supérieur de la Fraternité St Pie X, jamais il n’aurait pu imaginer qu’un jour il doive accepter la peine ecclésiale la plus sévère qui soit par amour de l’Eglise.

« Excommunication » le mot le fait frémir. Il pense à ses parents qui étaient des saints. Si on leur avait dit qu’un jour leur fils, évêque, serait excommunié !

Il avait maintes fois retourné la question dans son esprit avant de procéder aux sacres, mais, malgré la terrible frayeur qui l’habitait devant la gravité de cette extrémité, il avait décidé d’accepter et d’offrir ce sacrifice pour le bien de l’Eglise, de la messe, des prêtres et du sacerdoce et pour le salut des âmes.

Le Seigneur qui sait tout considérera à sa juste valeur un acte que les hommes jugent avec si peu de clairvoyance.

 

Le Prélat s’arrête un instant et contemple ce magnifique paysage alpin auquel il s’est tant attaché.

Il plonge sa main dans la poche de sa soutane pour y saisir son chapelet et murmure en se signant : « In Nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti ».

 

C’est alors que la voix se fait entendre.

 

« Votre décision fut la bonne Monseigneur et votre sacrifice portera du fruit. Grâce à vous, de nombreuses âmes seront sauvées par la grâce du sacerdoce et de la messe que vous aurez sauvegardés. Dans vingt ans déjà, le pape en personne rétablira le droit de cité du vénérable Rite de Saint Pie V. Un cardinal le célébrera au grand jour, à Rome, en la Basilique Sainte Marie Majeure. De nombreux Evêques de par le monde célébreront la messe, la confirmation et les ordinations de la façon que vous l’avez toujours fait. Des paroisses personnelles seront érigées, réservées exclusivement à l’ancien Rite. De nouvelles communautés traditionnelles seront fondées sous la protection du Vatican. Le pape de ce temps-là, malgré la haine et les critiques, affirmera officiellement que tous les prêtres ont le droit de célébrer la messe traditionnelle, sans même devoir en demander la permission à leurs évêques ou à leurs supérieurs religieux. »

L’évêque écoute paisiblement. Son visage est impassible et pourtant, une larme perle au coin de ses yeux clos.

« Deo gratias !» dit-il dans un grand soupir.

 

- « La crise de l’Eglise sera donc terminée dans vingt ans ? » demande-t-il incrédule, sans ouvrir les yeux et en serrant fortement son chapelet dans sa main droite.

- « Malheureusement non, Monseigneur » répond la voix. « Vingt ans, c’est si court et la crise est si profonde. Les désastres qu’elle a entraînés seront encore présents et visibles, partout ! Il faudra encore du temps, plusieurs générations, pour qu’Elle retrouve le visage qui fut le sien. Mais, dans vingt ans, grâce au courage d’un pape que vous connaissez et pour lequel vous avez beaucoup prié, les choses commenceront à changer. En réalité, à ce moment-là, les armes seront rendues aux soldats qui souhaitent servir Notre Seigneur Jésus-Christ. »

- « La Fraternité que j’ai fondée, voilà la milice dont l’Eglise pourra se servir pour cette grande bataille » reprend l’Evêque, fièrement.

 

La voix ne répond pas. L’Evêque attend, longtemps, puis questionne :

- « Elle restera fidèle n’est-ce pas ? »

 

La voix se tait un instant, puis répond :

  • « Oui, jusque-là, elle restera dans le droit chemin que vous lui avez indiqué. Mais, lorsque le pape l’appellera, elle refusera d’accéder à sa demande ! »

  • « Mon Dieu ! » frémit l’Evêque, « ce n’est pas possible ! Elle aura certainement une bonne raison pour expliquer ce refus ? Quelle est-elle ? La messe ? »

  • « Je viens de vous dire qu’elle sera alors totalement libéralisée par le Saint Siège. »

  • « Alors les autres sacrements ? »

  • « Autorisés également, dans leur intégralité et selon l’antique forme. »

  • « Ses évêques, voilà certainement la raison. »

  • « Reconnus comme tels et réhabilités, ainsi que votre mémoire à condition que l’accord proposé par Rome soit signé. »

 

Le Prélat réfléchit un instant puis reprend :

  • «  L’obligation de célébrer la nouvelle messe ou, pour le moins de concélébrer occasionnellement ? »

  • « Point d’exigence non plus de ce côté-là. La faculté de ne célébrer que la messe de toujours est acquise. »

  • « Une forme canonique inadéquate et réductrice qui empêcherait la Fraternité de continuer son œuvre ? »

  • « Une administration apostolique mondiale, sans avoir à rendre de comptes aux ordinaires locaux. »

  • « L’obligation de professer les erreurs du concile notamment sur la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme. »

  • « Non, Monseigneur, aucun engagement sur ces questions non plus. »

  • « Mais alors…. » soupire l’Evêque incrédule. « Je ne puis le croire. J’ai pourtant demandé explicitement à mes jeunes évêques d’aller remettre leur épiscopat dans les mains du Vicaire du Christ lorsque les choses auront changé. Et, selon ce que vous dîtes, il semble bien que, dans vingt ans, ce changement aura véritablement eu lieu. »

  • « En effet Monseigneur. Mais les responsables de la Fraternité en voudront encore plus, toujours plus. Ils auront pris l’habitude de n’écouter que leur propre jugement et, fondamentalement, ils auront perdu confiance en l’Eglise. »

  • « Quel malheur ! Ne leur ai-je pourtant pas montré l’exemple? N’ont-ils pas vu mon indéfectible attachement à Rome ? N’ont-il pas senti à quel point cette séparation me faisait souffrir ? N’ont-ils pas compris que dans les circonstances actuelles je n’ai pas d’autres choix… Mais que dans vingt ans, avec les extraordinaires changements que vous me décrivez, tout sera différent ? »

  • « Vos successeurs attendront que l’Eglise redevienne uniquement, totalement, exclusivement traditionnelle pour rentrer au bercail… »

  • « Elle ne l’a jamais été ! » coupa l’Evêque  « Et, ce faisant, ils prendront le tragique risque de ne jamais revenir. Ils trahiront mon œuvre et ma volonté. Je ne puis le croire ! C’est pour cette bataille, pour le combat de sauvegarde de l’Eglise, en son propre sein, que j’ai fondé la Fraternité. Je n’ai jamais voulu fonder une petite église séparée, quand bien même professerait-elle la foi catholique. Ils doivent bien le savoir, tous ceux qui me sont proches le savent ! Alors certes, j’ai dû accepter l’inconcevable, l’excommunication, mais dans un contexte particulier. Mais avec ces changements…. »

  • « Ils les estimeront insuffisants. »

  • « Mon Dieu ! Venez-leur en aide ! Faites-leur comprendre que dans les conditions que vous m’expliquiez ils devront se mettre à la disposition du pape et de l’Eglise, en reconnaître l’autorité et certes, continuer le combat, mais de l’intérieur. C’est là qu’ils porteront du fruit, là qu’ils seront véritablement utiles, là qu’ils serviront Notre Seigneur Jésus-Christ et qu’ils participeront au salut des âmes. »

 

L’Evêque fit silence et reprit son chemin en égrainant son chapelet.

 

Lorsqu’il l’eut terminé, il demanda :

  • « Que puis-je faire pour éviter cela ? »

  • « Ce que vous étiez en train de faire Monseigneur, prier et faire prier ! »

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