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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 11:40

Dans LE PROGRES de Lyon, le très médiatique Père Patrice Gourrier, dont j'ai relayé dernièrement l'initiative sur le net, est interrogé sur l'Eglise, le pape et le célibat des prêtres. Voici ce que cela donne :

 

En tant que prêtre, comment vivez-vous les scandales qui éclatent autour de l'Eglise ?

Très mal. Je suis brisé trois fois, sans langue de buis. Je suis brisé par la honte de penser que des confrères prêtres aient abusé d'enfants dont ils avaient la responsabilité. Je suis brisé par la tristesse pour les victimes dont la jeunesse a été gâchée. Je suis brisé en tant que prêtre car la réalité d'un prêtre, c'est de se démener pour les autres.

Comment expliquez-vous cette cascade de scandales ?

A un moment, le silence devient intenable. L'institution Eglise y est confrontée et ce ne sera pas la seule. Ces derniers jours, ont été arrêtés un prof de gym et un général de l'armée. La pédophilie ne frappe pas que l'église ni les célibataires. C'est souvent un phénomène familial, une perversion dont on ne guérit pas.

On parle beaucoup du célibat des prêtres. Cela a-t-il été un frein à votre vocation ?

Je suis devenu prêtre à 40 ans. Avant, je n'ai pas été un ange. J'ai eu une vie comme tout homme bien portant entre 20 et 40 ans. J'ai malgré tout vécu le célibat comme une amputation. Non seulement pour l'aspect sexuel, mais aussi pour l'aspect affectif. Jamais on ne peut serrer quelqu'un dans ses bras ou être pris dans les bras de quelqu'un, à part ses parents ou ses frères et sœurs. C'est très difficile à vivre même si à 40 ans je l'ai surmonté plus facilement. Beaucoup de jeunes le vivent mal. Or, c'est une pure question disciplinaire : jusqu'au 13e siècle cohabitaient des prêtres célibataires et des hommes mariés ordonnés prêtres. Aujourd'hui, dans l'église catholique romaine, il y a plusieurs milliers de prêtres mariés avec les Anglicans et les protestants.

L'église devra-t-elle revenir un jour sur cette discipline ?

Il le faudra. Le fossé entre l'église et les jeunes, et entre l'église et la société serait réduit si certains d'entre nous parlaient plus de l'éducation de leurs enfants.

Vivez-vous le fait de ne pas avoir de descendance comme une « amputation ?

J'ai écrit 14 livres et c'est sans doute un désir de fécondité. C'est ma façon de transmettre.

La cote de popularité de Benoît XVI s'effondre. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Quand Jean-Paul II est mort, cela a occasionné des phénomènes de foule. C'était un séducteur alors que Benoît XVI n'est pas charismatique. Les jeunes l'adoraient sans forcément connaître son discours. J'aurais aimé que lui succède un Sud-Américain ou un Africain pour ouvrir l'Eglise. J'ai changé d'avis en me rendant compte que Benoît XVI rassurait les catholiques dans un monde où tout change trop vite. J'ai donc accepté Benoît XVI comme pape, même si des erreurs de communication qui se sont succédé : Williamson, le préservatif, etc.

Votre position sur le préservatif ?

La théologie de l'Eglise permet de dire que quand on met la vie de quelqu'un en danger on peut utiliser un préservatif. Le préservatif n'est pas le diable.

Certains prêtres sont en souffrance. Qui s'occupe d'eux ?

J'attends que quelqu'un fasse une enquête sur les prêtres dépressifs ou alcooliques car à mon avis, cela a son pourcentage. C'est un grand tabou dans l'église et entre nous, nous en parlons très peu. On apprend qu'un confrère a quitté sa paroisse et est parti « se reposer » C'est l'expression consacrée.

A force d'entendre le malheur, on finit par être submergé. Personnellement, je médite une heure par jour et je garde deux demi-journées par semaine, pour penser à moi. Sinon je ne tiendrai pas.

Vous êtes prêtre depuis dix ans. Des regrets ?

Aucun. Même si je suis persuadé que cela me dévorera.

Recueilli à Paris par Nathalie Mauret

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 09:33

PASCAL DéCAILLET journaliste

Les affaires de pédophilie qui affectent l'Eglise catholique ont provoqué d'immenses souffrances chez de jeunes victimes, et c'est évidemment à ces dernières qu'il convient de penser en priorité. Tout comme il faut condamner la loi du silence, les cas qu'on règle à l'interne, les affaires qu'on étouffe.

Face aux crimes, aux délits, il ne saurait être question de droit canon, mais de droit tout court, celui des différents pays où les actes ont été commis.

Oui, l'Eglise doit faire le ménage, le faire vraiment, sans états d'âme; oui, elle doit s'interroger sur les causes profondes de ces comportements, et peut-être sur le célibat.

Mais une fois cela posé, il faut aussi dire que l'hystérie, ça commence à suffire.

Le vent de haine anticatholique, voire antichrétien tout court, la folie délatrice, la stigmatisation d'une Eglise entière, forte de plus d'un milliard de fidèles, sur la base des fautes (certes graves) de quelques-uns, la voilà donc, la nouvelle Inquisition.

Tellement facile! Oh la belle aubaine, tellement inespérée pour tant de ceux qui, pédophilie ou non, n'attendent que la destruction (qu'ils s'imaginent imminente) de cette communauté spirituelle qui les gêne tant, parce qu'elle ne se contente pas de leur dire ce qu'ils aimeraient entendre. Alors voilà qu'ils la tiennent, leur cause directe, leur simonie, leur nicolaïsme, leurs Indulgences. Inespéré. Divine surprise.

Alors, on attaque. On vilipende.On amalgame. On stigmatise. Ici, c'est la très conformiste plume d'un hebdomadaire romand, de toute éternité passionnément habitée pas le sens du vent, qui demande la tête de ce pape tant haï.

Là, ce sont les tiroirs habituels par lesquels on ne cesse de ressortir les Küng et les Christian Terras, toujours les mêmes, semper eadem, réflexes pavloviens dès qu'il se passe quelque chose d'un peu suspect au Vatican.

Là encore, ce sont les cris de haine contre une communauté spirituelle entière. Aucune autre en Suisse, ni l'islam ni le judaïsme, ni les Eglises protestantes, n'accepterait un tel maelstrom de vomissements.

En conclusion, deux choses: un, le ménage, parce que les premiers qui en ont marre des pédophiles sont les catholiques eux-mêmes.

Deux: aucune raison de se laisser faire par une bande de censeurs et de délateurs qui n'ont pour tout discours qu'un long torrent de haine.

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 08:48

 

http://www.midilibre.com/img/photos/biz/2010-04/2010-04-11/183_C201DIM.jpg
RAPPEL
La Semaine sainte, qui s'est achevée lundi, a été particulière pour l'Église catholique et ses fidèles. Secouée jusqu'en son sommet par des scandales de pédophilie, elle traverse en effet une période délicate.
Midi Libre est allé à la rencontre de l'évêque de Mende, François Jacolin, pour capter son regard sur la situation. Dans un salon de l'évêché, l'écclésiastique s'est prêté de bonne grâce au jeu de l'interview. Un tantinet méfiant au début, il n'a toutefois éludé aucune question.
Entretien. 

Quel regard portez-vous sur les scandales de pédophilie qui secouent l'Église ?
Il s'agit d'actes intolérables. De crimes dont hélas trop de prêtres se sont montrés coupables depuis une cinquantaine d'années. Car dans les affaires pédophiles dont on parle, il y a des choses qui quelquefois remontent loin.
Il faut que ces prêtres en re
ndent compte à la justice humaine, que les coupables assument la responsabilité de leurs actes et que les victimes puissent être entendues. Il faut que la souffrance de celles-ci soit reconnue.

Par-delà les faits en eux-mêmes, c'est aussi la réaction de l'Église qui est mise en cause
... C'est vrai que par le passé, l'Église et des évêques n'ont pas toujours pris la mesure de la gravité de ces actes et ont quelque peu sous-estimé leurs répercussions sur les victimes. Mais à l'époque, c'était aussi le fait de toute la société. Là, il existe une évolution, qui est bonne et qu'il faut encourager, pour prendre en compte la gravité de ces faits... Mais on demande à l'Église des comptes pour des affaires d'il y a 30, 40 ou 50 ans, à une époque où la conscience sur ces faits était autre dans la société. Et l'Église fait partie de la société. C'est bien d'essayer de faire la lumière, mais on peut s'étonner du traitement réservé à l'Église. Il y a d'autres institutions civiles avec lesquelles on n'a pas la même exigence.

Voulez-vous dire que les médias, ou l'opinion publique, "s'acharneraient" volontiers ?
On attend sans doute plus de l'Église que d'autres institutions et c'est pour cela qu'elle doit être plus rigoureuse que les autres. L'Église rappelle des exigences morales fortes, je comprends qu'on soit plus exigeant pour elle sur ces questions-là. Mais il y a un devoir d'investigation, il faut aller voir les faits. C'est peut-être un défaut des médias que de répercuter une information sans s'assurer de sa totale véracité. Et ça produit un effet boule de neige.


L'attitude de Benoît XVI face aux affaires pédophiles est vivement critiquée.
Si on va regarder de près, on voit qu'on ne peut pas accuser le pape de complaisance pour les prêtres pédophiles. C'est quelqu'un qui a toujours été lucide sur ces questions, qui a toujours mesuré la gravité des choses et essayé de faire en sorte que, sur ces questions, la vérité soit faite. Dès qu'il est devenu pape, il a pris des mesures et des sanctions.
Si, dans l'Église catholique, il y a quelqu'un qui a combattu cette plaie de la pédophilie, c'est bien Benoît XVI. La façon dont on veut le faire soupçonner de complaisance alors que toute son attitude prouve le contraire est particulièrement odieuse. Certains essaient de le salir sans regarder la vérité des faits. Il y a une certaine légèreté dans ces attaques, une volonté de le "descendre" à tout prix.


Vous êtes un homme d'église. Mais vous êtes aussi un homme. En tant que tel, souffrez-vous de tout cela ?
C'est sûr, on en souffre. C'est comme dans une famille. Et l'Église est ma famille. Il y a des actes des membres de la famille dont on n'est pas fier, mais ça reste notre famille. Et quand le père de famille est attaqué injustement, on a envie de le défendre.
Vous savez, l'Église n'est pas intéressante en elle-même mais dans sa mission de témoin pour que les gens découvrent la joie de rencontrer le Seigneur et que cela transforme leur vie. C'est cela qui donne un sens à la mienne.



Propos recueillis par Mathieu LAGOUANÈRE

 

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 15:03

Par Bruno Roger-Petit Le Post le 10/04/2010 à 14:10




 

 

 

J'ai signé l'Appel à la Vérité lancé par des gens que je connais, plus ou moins bien, mais que je sais honnêtes.


Je l'ai signé car depuis quelques mois, et plus encore depuis quelques jours, je suis frappé par la façon détestable dont l'Eglise catholique est médiatiquement traitée. Pour tout vous dire, je suis systématiquement consterné de voir que l'Eglise catholique se voit en permanence contrainte de subir les leçons, les admonestations, les recommandations de bien des personnes ayant déserté depuis longtemps les lieux de culte ou qui n'y ont jamais mis un pied. Et la polémique actuelle sur les agissements coupables, donc condamnables de prêtres corrompus et pervers, savamment instrumentalisée, incarne le summum de cette hypocrisie médiatique, ou, sous le masque fallacieux d'une laïcité travestie pour les besoins de la cause, on s'en prend à l'Église catholique et ses travers dans le but de dénigrer et humilier ceux qui se reconnaissent, plus ou moins, en elle.

 

Je n'en prendrai qu'un seul exemple, emblématique.

 

Il y a dix jours, Serge July a délivré un éditorial sur RTL qui valait son pesant de « cahouètes ».

 

Il a accusé, sans preuves, sans exemples, sans fondements, l'Eglise catholique d'avoir fermé les yeux sur l'existence de « lupanars pédophiles incrustés au cœur des écoles religieuses pour défendre l'Eglise de Rome face à ses détracteurs ». Quand j'ai entendu cette saillie, cela m'a rappelé l'accusation d'inceste pédophile lancée par Fouquier-Tinville contre Marie-Antoinette lors de son procès en 1793. Même procédé, même jubilation, même volonté de souiller, non seulement une institution mais aussi ceux qui se reconnaissent en elle.

 

Et July est allé encore plus loin, accusant les représentants les plus éminents de l'Eglise romaine d'être ceux qui continuent de « condamner l'avortement, l'usage de la capote, qui préfèrent laisser prospérer le SIDA et faire des millions de victimes, qui interdisent le mariage des prêtres et l'exercice de la prêtrise aux femmes ». Il y faudrait quatre pages pour démontrer que les propos de July sont falsificateurs et réducteurs, donc mensongers et insultants, notamment sur la question du préservatif. On se contentera donc d'en rester à notre constatation du jour: l'Église, ce sont ceux qui n'y vont jamais qui en parlent le plus. Je suis même enclin à penser que l'accès des femmes à la prêtrise n'amènerait pas Serge July à fréquenter la messe dominicale, même féminisée, plus qu'il ne le fait aujourd'hui. Du coup, sa saillie apparaît pour ce qu'elle est: une saleté.

 

 

Beaucoup de nos commentateurs et éditorialistes se gargarisent à grands coups de laïcité derrière leur micro. Doit-on leur rappeler que de ce point de vue, les catholiques sont libres de pratiquer leur religion comme ils l'entendent? Doit-on leur rappeler, à Serge July et tant d'autres, que si ils estiment que l'Église de Rome est réac, ringarde, nulle, ils sont libres de vivre hors d'elle? De même, et je le dis, doit-on leur rappeler que si des femmes majeures et libres entendent porter une burqa si ça leur chante, elles en ont le droit le plus absolu?

 

 

 

Cet édito de July présente toutes les tares de la société médiatique lorsque certains de ses représentants, membres de la confrérie des « éditocrates toutologues » entendent se mêler des affaires de l'Église: le lieu commun vaut théologie, le prêt-à-penser vaut droit canon.

 

 

 

Voilà pourquoi j'ai signé l'appel à la Vérité. Pour que l'immense masse des catholiques, dans sa diversité et sa complexité, cesse d'être la cible de cette campagne médiatique sans équivalent, où l'ignorance le dispute à la plus insupportable des intolérances. Parce que signer cet appel, c'est se montrer, avant tout, républicain et laïc.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 16:30

D ALAIN-GÉRARD SLAMA
09/04/2010  IN 
LE FIGARO MAGAZINE

On comprend l'émotion qui a suivi la révélation du nombre impressionnant d'actes de pédophilie commis par des prêtres et couverts par la hiérarchie religieuse. On comprend moins la rapidité avec laquelle les attaques se sont concentrées contre la personne du pape, jusqu'à demander sa démission. L'émotion, en effet, ne dispense pas de s'informer et de réfléchir. Les scandales incriminés sont souvent vieux de trente ans. Contrairement à la vulgate installée par le rapport Ryan de 2009, l'exagération de leur nombre ressort d'une étude criminologique du John Jay College of Criminal Justice de la City University de New York, établie en 2004. Entre 1950 et 2002, le nombre de prêtres américains concernés était de 4 392 - sur environ 109 000. Le chiffre est certes considérable, mais il recense les plaintes. Seulement un peu plus d'une centaine de cas sont remontés à des tribunaux civils. Les organisations protestantes des Etats-Unis sont, semble-t-il, dans une situation pire, pour ne rien dire des 6 000 procès pour pédophilie intentés durant la même période à des professeurs de gymnastique et à des entraîneurs d'équipes sportives. Le vrai scandale ne met pas en cause, on le voit, la règle du célibat. Il n'engage pas non plus la responsabilité de Benoît XVI. Le vrai scandale, c'est que ces affaires aient été étouffées. Or, il y a quinze ans, bien avant d'accéder au Vatican, le cardinal Ratzinger, alors patron de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait tenté, sans succès, de faire mettre en place une commission d'enquête sur les actes pédophiles du cardinal Groër, nommé à la tête du diocèse de Vienne par Jean-Paul II. C'est Ratzinger qui parvint, en 2004, à obtenir les aveux du fondateur de la puissante organisation des Légionnaires du Christ, Martial Maciel, épargné par son prudent prédécesseur. Il est vrai qu'un prêtre d'Essen, le père Hullermann, accusé de viol sur mineur, fut affecté en 1980 dans une paroisse du diocèse de Munich dont le pape actuel était archevêque. Mais un tribunal allemand a établi en 1986 que ce dernier n'avait même pas été informé de cette mutation. Ressortir cette affaire vingt-cinq ans plus tard relève de l'acharnement. Pourquoi tant de haine ? La réponse est sans mystère : le catholicisme est de plus en plus vécu comme une religion personnelle. L'Eglise n'est plus seule porteuse du message de la foi. Du coup, l'image du pape est devenue médiatique, elle s'est alignée sur celle de tous les dirigeants. Plus profondément, l'Eglise catholique a cessé depuis longtemps de faire peur. On ménage l'islam en raison de ses fanatiques, qui utilisent l'arme de la terreur, autrement dit de l'enfer sur terre. L'enfer dans le ciel ne hante plus les consciences. Comme l'a noté Alain Besançon, l'Eglise ne se réfère plus guère au diable. Elle n'est plus guère prescriptrice du bien et du mal, et elle a de moins en moins, en Occident, le pouvoir de laver les péchés. Le mot péché lui-même n'a plus cours. Or, le péché impliquait une valeur en voie de disparaître, qui se nomme le pardon.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:57

 

Benoît XVI en compagnie de son frère Georg RatzingerBenoît XVI a entrepris une lutte opiniâtre contre la pédophilie dans l’Eglise. Pourtant, il n’est pas épargné par la polémique. En arrière-plan, la volonté de faire plier l’Eglise sur le célibat des prêtres.

D’abord, dire le dégoût et la honte. Le dégoût de voir des prêtres à qui des parents, parce qu’ils avaient affaire à des hommes de Dieu, ont confié leur enfant en toute confiance, et qui ont trahi cette confiance de la plus atroce manière : «Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une meule de moulin et être précipité à la mer, plutôt que de scandaliser un seul de ces petits », dit Jésus (Luc 17, 2). La honte, pour tout catholique, de voir le visage de l’Eglise souillé par une telle trahison, et l’immense majorité des prêtres, qui vit son sacerdoce avec conscience et générosité, frappée par une insupportable suspicion. Cette honte et ce dégoût, on les retrouve exprimés dans la Lettre pastorale aux catholiques d’Irlande que Benoît XVI a publiée le 20 mars, lettre absolument sans précédent dans l’histoire de l’Eglise.

Il ne se contentait pas d’y renouveler sa condamnation de ces « actes scandaleux et criminels », mais reconnaissait également les fautes de la hiérarchie dans sa gestion de ces affaires. « De graves erreurs de jugement furent commises et des manquements dans le gouvernement ont eu lieu. Tout cela a sérieusement miné votre crédibilité et efficacité », écrivait le pape aux évêques d’Irlande (le 24 mars, Benoît devait accepter la démission de l’entre eux, Mgr John Magee, accusé de passivité dans sa gestion de ces affaires dans son diocèse). Remarquable de fermeté mais aussi de douceur, la lettre du pape a su trouver les mots justes pour évoquer les blessures des victimes et leur légitime révolte contre l’Eglise : « Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l'Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. » Et pour inviter, à travers un certain de nombre de conseils concrets (appel au jeûne, à l’Adoration, au sacrement de Réconciliation, mais aussi le lancement d’une vaste mission nationale pour aider à redécouvrir les fondements de la vocation), à « un chemin de guérison, de renouveau et de réparation ».

S’agit-il, comme on l’a lu ici ou là, d’un texte de circonstance, d’une réaction tardive à laquelle Benoît XVI aurait été acculé par l’exposition médiatique de scandales passés ? L’examen objectif de son pontificat, et même de son action sous le pontificat de Jean-Paul II, prouve qu’il n’en est rien. 

___________________________________________________________________

La suite de cet article du jeudi 08/04/2010 de Laurent Dandrieu est à lire directement sur le site de Valeurs Actuelles, en cliquant ici.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 10:59

Sur son blog, Jean-Marie Colombani, ancien directeur du Monde, revient sur les derniers événements qui ont marqué l'Eglise et Benoit XVI. Un billet qui comporte un certain nombre de contradictions et une conclusion qui laisse pantois. Il faudrait qu'un jour ce petit monde médiatique comprenne bien que l'Eglise ne se fait pas ni ne se fait au gré du sens du vent. XA

 

La faiblesse politique de Benoît XVI

Ce week-end de Pâques a été dominé par la polémique sur l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des prêtres pédophiles. Pâques est traditionnellement le point culminant de l’année religieuse pour les catholiques. Leur Eglise traverse une crise multiforme à laquelle se sont ajoutées des polémiques récentes, visant le pape lui-même et qui sont de nature à aggraver
ces difficultés. Comme toujours, lorsqu’une institution est attaquée, elle cherche à s’abriter soit derrière la théorie du complot, soit derrière la dénonciation de l’« acharnement » médiatique (défense à laquelle un prédicateur mal inspiré a ajouté une comparaison fâcheuse avec l’antisémitisme). En l’espèce, il y a, dans cette crise particulière, une part injuste et une part compréhensible dans ce qu’elle vise le pape lui-même. Injuste, car Benoît XVI est celui qui, le premier, a fait face avec constance et fermeté à la question de la pédophilie des prêtres. Question dont il s’était saisi avant son élection et qui l’a conduit ensuite à convoquer les évêques américains lors de son voyage aux Etats-Unis, puis, à Rome, les évêques australiens, et enfin le clergé irlandais auquel il a été rappelé, d’une part, que la pédophilie est un crime et que, d’autre part, les coupables doivent être jugés par la justice des hommes?; qu’il ne convient donc plus de les protéger mais bien de les dénoncer. La part compréhensible dans la focalisation contre Benoît XVI vient du rappel dans le New York Times que, lorsqu’il était lui-même évêque en Allemagne, il avait sans doute participé d’une attitude générale de l’Eglise, qui était le secret et les arrangements. Or des événements graves, datant d’il y a une trentaine d’années, et qui avaient eu lieu dans son propre diocèse, ont été récemment dénoncés. D’une façon générale, cette crise et sa très mauvaise gestion médiatique attirent l’attention sur la faiblesse politique de l’actuel pontificat. Il est vrai que Benoît XVI succède à la figure prophétique de Jean-Paul II. Il est vrai aussi qu’il a été choisi par le collège des cardinaux parce qu’il était âgé au moment de son élection?; et parce que les cardinaux ont considéré qu’il faudrait à l’Eglise beaucoup de temps pour digérer le pontificat prolifique de Jean-Paul II. Et qu’il leur fallait donc un pape de transition. C’est sans doute là que réside l’erreur. Car si l’on fait l’inventaire des urgences auxquelles l’Eglise doit faire face, qui vont des massacres de chrétiens dans certains pays musulmans à l’explosion des sectes de toutes sortes se réclamant du christianisme, on peut se demander si la figure du pur intellectuel exclusivement préoccupé de théologie qu’est Benoît XVI était bien adaptée.

Jean-Marie Colombani

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 21:06


L’appel

Les affaires de pédophilie dans l’Église sont, pour tous les catholiques, une source de peine profonde et de douleur extrême. Des membres de la hiérarchie de l’Église ont eu, sur certains dossiers, de graves manquements et dysfonctionnements, et nous saluons la volonté du pape de faire toute la lumière sur ces affaires.

Avec les évêques, et en tant que membres de la même Église, les laïcs catholiques assument le poids des crimes de certains prêtres et des défaillances de leurs supérieurs ; ils se rangent résolument, ainsi que le Christ invite à le faire, du côté de ceux qui souffrent le plus de ces crimes, c’est-à-dire les victimes, tout en priant pour les coupables.

Quant à nous, nous souhaitons de tout cœur que toute la vérité soit faite et qu’avec le concours de tous les hommes et femmes de bonne volonté, il soit débattu sereinement et fraternellement, dans l’Église catholique, de tout ce qui a pu rendre possible ces offenses portées aussi au Christ.

Dans le même temps, nous regrettons l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires. Au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.

Tout en redisant notre horreur devant le crime de prêtres pédophiles et notre solidarité envers les victimes, nous appelons les médias à une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires. Les phénomènes d’emballement médiatiques ne sont pas réservés, et de loin, à l’Église ; mais nous sommes fatigués et meurtris de cet emballement-là. Nous pensons à tant de prêtres qui portent avec courage, et parfois dans la solitude, le message du Christ.

Nous sommes avec eux.

Nous saluons la lettre des évêques de France au pape Benoît XVI, et souhaitons voir l’Église catholique sortir avec sérénité et responsabilité de cette épreuve douloureuse.

Les premiers signataires (au 31 mars 2010)

Jacques Arènes (psychanalyste et écrivain)
Denis Badré (sénateur)
Frigide Barjot (humoriste)
Jean-Marc Bastière (journaliste et écrivain)
Claude Bébéar (président du conseil de surveillance d’AXA)
Michel Boyancé (doyen de l’Institut de philosophie comparée)
Rémi Brague (philosophe, membre de l’Institut)
Alexis Brézet (journaliste)
Jean des Cars (écrivain)
François Cassingena-Trévedy (moine bénédictin, liturgiste et écrivain)
Jean Chélini (historien, secrétaire perpétuel de l’Académie de Marseille)
Ghislain du Chéné (coordinateur international de Foi et Lumière)
Colette Combe (psychanalyste et écrivain),
François Content (directeur général de la Fondation d’Auteuil)
Philippe Delaroche (écrivain, journaliste)
Chantal Delsol (écrivain et philosophe)
Patrick Demouy (historien, professeur des Universités)
Bernadette Dupont (sénateur)
Bertrand d’Esparron (gérant d’entreprise de communication)
Emmanuel Falque (philosophe et écrivain)
Olivier Florant (sexologue)
Jean-Christophe Fromantin (maire de Neuilly-sur-Seine, dirigeant d’entreprise)
Patrick de Gméline (historien)
Samuel Grzybowski (président-fondateur de l’association Coexister)
Fabrice Hadjadj (essayiste et dramaturge)
Rona Hartner (chanteuse, comédienne)
François Huguenin (écrivain)
Vincent Hervouët (journaliste)
Gaspard-Marie Janvier (écrivain)
Pasteur Alain Joly (Eglise luthérienne)
Patrick Kéchichian (écrivain et critique littéraire)
Koz (blogueur et avocat)
Louis-Etienne de Labarthe (rédacteur en chef, Il est vivant)
Philippe de Lachapelle (directeur de l’OCH)
Laurent Lafforgue (mathématicien, lauréat de la médaille Fields)
Gérard Leclerc (essayiste, journaliste)
Henrik Lindell (journaliste)
Michael Lonsdale (comédien)
Victor Loupan (éditeur, rédacteur en chef de 
La Pensée Russe)
Jean-Baptiste Maillard (journaliste, essayiste)
Bruno Maillé (enseignant, essayiste)
François Maillot (directeur général La Procure)
Jean-Luc Marion (philosophe, membre de l’Académie Française)
Jean-Pierre Marcon (député)
Nicolas Mathey (professeur de droit, Paris V)
Jean-Pierre Machelon (professeur de droit, Paris V)
Marc Mennessier (journaliste)
François Miclo (philosophe)
Jean-Marc Nesme (député-maire)
Philippe Oswald (journaliste)
Xavier Patier (écrivain)
Patrice de Plunkett (écrivain et blogueur)
Hugues Portelli (sénateur)
Jean-Frédéric Poisson (député)
Aymeric Pourbaix (directeur des programmes, radio Notre-Dame)
Guillaume de Prémare (consultant en communication, Médias & Evangile)
Edmond Prochain (blogueur, journaliste)
Samuel Pruvot (journaliste)
Jacques Rémiller (député-maire)
Alina Reyes (écrivain)
Damien Ricour (comédien)
Ivan Rioufol (essayiste, journaliste)
Catherine Rouvier (juriste, politologue)
Jean Sévillia (journaliste, écrivain)
Grégory Solari (éditeur)
Raphaël Stainville (journaliste)
Denis Sureau (éditeur, théologien)
François Taillandier (écrivain)
Denis Tillinac (écrivain)
Henri Tincq (journaliste et écrivain)
Hubert de Torcy (rédacteur en chef, 
L’1visible)
Vincent Trémolet de Villers (journaliste)
Natalia Trouiller (blogueuse, journaliste)
Didier Truche (professeur de droit, Paris II)
Patrick Tudoret (écrivain)
Christian Vanneste (député)
François de Wendel (chef d’entreprise)

Un site internet a été ouvert : www.appelaverite.fr

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 14:10

• L’AGRIF poursuit une ignoble caricature de Plantu • Le Pape est judiciairement menacé aux Etats-Unis

 Les loups sont là. Ils hurlent en meute contre l’Eglise, contre Benoît XVI, contre le Christ. C’est le temps des crachats. Pour le Pape, n’en doutons pas, c’est une crucifiante mortification, non pas du corps, mais de l’intelligence et de l’esprit. D’autant plus douloureuse que des mensonges aux calomnies, des débats feutrés aux injures pornographiques, la curée peut s’appuyer sur des faits réels, ignominieusement exploités par les médias du monde entier pour souiller ce qui demeure saint et innocent.

La suite de cet article de Jeanne Smits est en lecture libre sur le site de Présent.

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Published by XA - dans Benoit XVI
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 08:19


Eglise. Les scandales pédophiles utilisés à des fins polémiques. 

La machine infernale

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Vincent Tremolet de Villers« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », dit le Christ, et il faudrait avoir détruit la morale élémentaire propre à chaque être humain pour ne pas être scandalisé par la bestialité qui entraîne un homme à s’attaquer aux enfants.

Partout, des hommes ont failli. Dans l’Église catholique aussi. Institution sainte composée de pécheurs, elle s’afflige des « actes scandaleux et criminels » de ses fils, comme l’affirme l’impressionnante lettre de Benoît XVI à l’Église d’Irlande. « Le problème de l’abus des mineurs n’est pas propre à l’Irlande et à l’Église », poursuit-il dans sa profonde réflexion sur ce « temps de douleur, dans laquelle la fragilité de la condition humaine a été aussi clairement révélée ».

Évoquer ces sujets, pour un catholique, oblige à la modestie, tant s’imposent le respect et la honte face à la souffrance infligée à des enfants par des prêtres qui ont défiguré le visage de l’Église. Doit-on accepter pour autant que le pape et l’Église subissent, sur ce sujet, une véritable lapidation médiatique où la vérité, l’erreur, les préjugés et la malveillance sont inextricablement liés ?

Après le scandale, il y a quelques mois, des prêtres de la “très catholique Irlande” (la formule est obligatoire), est apparu celui du choeur de Ratisbonne dirigé de 1964 à 1994 par Georg Ratzinger, le frère du pape. Il y aurait eu des attouchements sexuels dans le pensionnat durant ces trente années, dont le vieil homme ignore tout. Il se souvient que des enfants y reçurent parfois des paires de gifles : « Le frère du pape reconnaît avoir commis des abus physiques », a-t-on pu lire dans la presse. « Si ce n’est Georg, c’est donc son frère », ont poursuivi les procureurs, avec en main le nouveau motif de condamnation: un prêtre pédophile avait été recueilli en 1980 pour se faire soigner dans l’archevêché de Munich, à la tête duquel se trouvait le très catholique Joseph Ratzinger. Hans Küng, vieux théologien autrefois célèbre, s’interrogeait sur “le silence de Benoît XVI”. Présumé coupable, le pape se voyait reprocher, à la une du New York Times, de ne pas avoir réduit à l’état laïc un prêtre américain pour des actes commis entre 1954 et 1970, prescrits aux yeux de la justice, et qui avait supplié la Congrégation pour la doctrine de la foi, trois mois avant sa mort,de le laisser mourir en prêtre… « Le pape éclaboussé par les scandales pédophiles », ont repris en boucle radios et télévision.

Ce pape le fait exprès: négationniste et propagateur du sida l’année passée,le voilà protecteur des pédophiles! Les Thénardier de la souffrance des enfants se sont interrogés sur la nécessité de sa démission.“Et si les prêtres étaient mariés ?”, a-t-on entendu, comme si le mariage était une thérapie pour criminel sexuel. On a cherché en vain ceux qui avaient couru les plateaux de télévision lors de l’affaire Frédéric Mitterrand pour fustiger l’amalgame entre homosexualité et pédophilie. L’amalgame entre prêtrise et pédophilie a, lui, été médiatiquement imposé.Au risque de faire subir aux ecclésiastiques du monde entier une irrésistible loi du soupçon.

Ceux qui se font le devoir d’informer ignorent- ils que 80 % des actes de pédophilie sont commis par des hommes vivant en couple ? Qu’une savante étude montre qu’aux États- Unis, on trouve beaucoup plus de pédophiles chez les professeurs d’éducation physique que dans l’Église (6 000 condamnations en cinquante ans pour une centaine de condamnations de prêtres) ? Que Benoît XVI a plus fait qu’aucun autre chef d’institution contre ce fléau et à demander dès 2001 que les coupables soient livrés à la justice ? Ou poursuiventils des motifs plus obscurs ? Mgr Müller, évêque de Ratisbonne, s’est élevé contre « une licence à diffamer qui permet de façon apparemment légale de priver de leur honneur et de leur dignité toutes les personnes et congrégations se refusant à obéir à l’exigence de domination totalitaire du néo-athéisme ou à la dictature du relativisme ».

On ne saurait mieux dire: comme en un furieux parricide, la nouvelle morale née de Mai 68, celle de la sexualité sans tabou,de l’érotomanie généralisée, de l’orgasme remboursé par la Sécurité sociale, tente d’achever l’ancienne en la salissant du pire des crimes. « Qui veut faire l’ange fait la bête », ricane-t-elle, assurant que la maîtrise de soi entraîne plus sûrement à ce genre de pratique que la partouze généralisée. En cette affaire,nous sommes au-delà de l’indigence médiatique (qui ne sait pas ce qu’elle fait), mais dans le déchaînement de la machine infernale qui, ayant refusé la grandeur de Dieu et de ses créatures, s’acharne à tout réduire, tout détruire, tout salir.

Vincent Trémolet de Villers est journaliste

A lire sur le même sujet : 
Pédophilie : Pourquoi on veut "mouiller" le pape, par Laurent Dandrieu
Entretien avec Mgr Stanislas Lalanne : 
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Photo © Patrick Iafrate

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