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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 12:24

http://rendez-vous.leforumcatholique.org/images/RemiFontaine1D.jpgConfronté à une cascade médiatique de révélations de scandales pédophiles touchant l’Eglise en Europe et à une nouvelle campagne s’attaquant personnellement au Pape (cf. Présent de vendredi et samedi), le Saint-Siège a lancé la contre-offensive qui s’imposait, reconnaissant des erreurs mais dénonçant un « acharnement » hors de propos contre le pape Benoît XVI en particulier et contre l’Eglise en général :

« Il est plutôt évident que ces derniers jours, il y en a qui ont cherché – avec un certain acharnement à Ratisbonne et Munich – des éléments pour impliquer personnellement le Saint-Père dans les questions des abus sexuels, mais il est clair que ces efforts ont échoué », a déclaré samedi le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi. Il faisait référence à une affaire de pédophilie en Allemagne ayant touché la chorale de Ratisbonne, dirigée de 1964 à 1994 par le frère du pape, Mgr Georg Ratzinger, et à la mise en cause du souverain pontife pour avoir hébergé en 1980 un prêtre soupçonné de pédophilie (afin qu’il suive une thérapie), lorsqu’il était archevêque de Munich. Sur ce dernier cas, le porte-parole souligne que l’archevêché de Munich a expliqué vendredi « comment l’archevêque (Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI) était resté complètement étranger aux décisions à la suite desquelles des abus ont été vérifiés ». Le vicaire général de l’époque Mgr Gerhard Gruber, a assumé « l’entière responsabilité »de l’affectation de ce prêtre (condamné en justice pour abus sexuels sur mineurs en 1986) dans une paroisse, reconnaissant « une grave erreur ». Notons au passage que cette grave erreur s’est produite identiquement dans le monde séculariste post-soixante-huitard (à travers la carrière prestigieuse de pédophiles notoires), sans que ce monde reconnaisse pour autant cette erreur…

Le P. Lombardi rappelle également le « bon chemin » pris par la conférence épiscopale allemande pour faire face au retentissant scandale de pédophilie au sein du clergé qui n’arrête pas d’enfler depuis janvier : « Reconnaître la vérité et aider les victimes, renforcer la prévention et collaborer de façon constructive avec les autorités – y compris judiciaires civiles – pour le bien commun de la société. » Cette transparence voulue par BenoîtXVI, souligne-t-il, a été imposée et lancée quand le cardinal Ratzinger était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Sa ligne a toujours été celle de la rigueur et de la cohérence pour affronter les situations même les plus difficiles. »

Dans un article publié à la une de L’Osservatore Romano, l’évêque d’Alessandria (nord de l’Italie), Mgr Giuseppe Versaldi, écrit pour sa part : « Il faut donner acte à Benoît XVI d’avoir donné une impulsion décisive à cette lutte [par] une bataille ouverte et décidée contre les délits commis par ses prêtres », affirmant aussi qu’il « maintient » sur cette question « un style de gouvernement qui vise la purification de l’Eglise, éliminant la “saleté” qui s’y niche ». Il ne faut pas, en effet, confondre la saleté avec la Maison ni la rouille (provoquée surtout par la pluie du sécularisme, avec sa fameuse libération sexuelle) avec le métal de l’Eglise. Ceux-là même qui se plaignent de la mauvaise conduite de certains prêtres pour justifier leur dégoût, rendent hommage à leur insu à la sainteté de l’Eglise et à ce que doit être l’attitude du prêtre qu’elle prêche. Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvais patrons qu’il faut être contre les patrons, au contraire. De même avec les pasteurs !

Dans un entretien publié par Avvenire (journal de la conférence épiscopale), Mgr Charles Scicluna (de la Congrégation pour la doctrine de la foi) dénonce aussi, comme Mgr Versaldi, cet acharnement contre l’Eglise catholique qui serait l’institution où de tels abus sont commis le plus fréquemment. Il est toujours délicat de donner des chiffres et des statistiques en la matière, car un seul abus est toujours un abus de trop. Mais on saisit bien, tout de même, qu’il y a, dans les faits prétendument « massifs » reprochés à l’Eglise, non seulement disproportion (négative) avec les mêmes faits commis dans d’autres milieux de la société, mais aussi amalgame entre des faits de gravité et de nature différentes. Ce qui fait dire justement à Mgr Versaldi : « On ne peut pas cependant ne pas relever que l’image négative attribuée à l’Eglise catholique à cause de ces délits apparaît exagérée. » Et il ajoute : « En dépit de l’image déformée par laquelle on veut la représenter, cette Eglise est l’institution qui a décidé de conduire la bataille la plus claire contre les abus sexuels contre des mineurs en partant d’elle-même. »

REMI FONTAINE

Article extrait du n° 7052 de
Présent du Mardi 16 mars 2010 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 09:17
http://www.soutienabenoitxvi.com/images/banniere_fr.jpg 

 

         Cette lettre réunit des fidèles catholiques, toutes tendances confondues, qui souhaitent soutenir le pape face au déchainement médiatique. Les animateurs de ce site vous assurent de l’entière confidentialité qui sera garantie aux noms des signataires dont la liste sera uniquement remise au Saint-Siège. 

 

Très Saint Père,

Il y a un an, alors que vous travailliez à l’unité des Catholiques en levant les sanctions des évêques de la Fraternité Saint-Pie X, vous étiez la cible de tous ceux qui voulaient freiner le rayonnement de l’Église dans le monde. Non contents d’être parvenus à discréditer son image à travers votre personne, les mêmes médias qui font pourtant quotidiennement la promotion de l’immoralité, lancent aujourd’hui de nouvelles campagnes pour vous compromettre par l’amalgame et la calomnie, n’hésitant pas à souiller votre passé et la réputation de votre famille.

 

Refusant de s’attaquer aux sources des méfaits qu’ils dénoncent que sont l’impureté, l’impudicité et la liberté de diffusion cybernétique qu’ils défendent parallèlement, ils s’en prennent paradoxalement aux exceptions trouvées parmi les prêtres, eux qui constituent le corps le plus préservé car le plus proche du Christ, eux qui démontrent, par leur engagement, que nous sommes tous appelés à la chasteté à travers nos différents états de vie.

 

Bien convaincus qu’ils n’agissent que dans l’unique but de s’en prendre au message de l’Évangile, à la Tradition de l’Église et pour exercer une pression étrangère afin de s’en prendre au célibat sacerdotal, nous venons vous assurer de nos prières pour votre ministère. Qu’elles vous aident à assumer la mission que Dieu vous a confiée, à « insister à temps et à contretemps » sur ce que ce monde ne veut plus entendre. Que Marie, notre Mère du Ciel, protège votre pontificat !

Pour signer cette lettre,
rendez-vous ici

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 15:45
Un texte trouvé sur le site d'une paroisse lyonnaise : son titre, Assez... Assez !

"Un texte de l’Equipe d’Animation Pastorale et des prêtres de la paroisse (Saint Augustin, Ste Elisabeth, ndXA) à propos des événements ecclésiaux des derniers mois."


La situation ecclésiale est trop explosive pour que nous persévérions dans le silence. Le feu ne s’éteint pas ; le dimanche 29 mars, à Fourvière, à l’heure de la messe, des militants homosexuels ont manifesté. Le Cardinal Barbarin les a reçus et eux-mêmes en semblaient tout étonnés Il ne suffit plus de s’abstenir de jeter de l’huile sur le feu, il faut désormais s’engager à l’éteindre.

Situation explosive ? Pour ne parler que de ce qui s’est passé depuis le début de l’année 2009, il y a au moins quatre prises de position qui indignent nombre de catholiques (je ne parle ici que d’eux) : levée des excommunications, nomination en Autriche d’un évêque auxiliaire qui doit aussitôt démissionner, excommunication brésilienne suite à l’avortement d’une fillette de 9 ans violée par son beau-père, propos de Benoît XVI sur le préservatif dernièrement et malheureusement relayés par l’évêque d’Orléans. Ces événements suscitent chez les catholiques d’abord des troubles graves que les dissensions, au sein du magistère ordinaire, mettent notamment en évidence ; je ne cite que la lettre de la conférence des évêques d’Allemagne réclamant au Pape explications, collégialité et réforme de la curie romaine ; la querelle par média interposés entre le Cardinal Castrillon Hoyos et le porte parole du Saint Siège ; le désaveu de l’évêque de Recife (soutenu à Rome par le Cardinal Re) par la conférence des évêques du Brésil ; la lettre de la conférence des évêques d’Autriche après la démission de l’évêque auxiliaire en question. Le tollé jamais vu dans le monde diplomatique et politique suite aux propos sur le préservatif, pour n’être pas intra-ecclésial, n’en est pas moins stupéfiant.


On pourra reprocher aux médias de déformer, de mal transmettre. Pas sûr que dans aucun de ces quatre cas, le reproche soit juste. C’est plutôt la lettre d’un Mgr Daucourt, par exemple, suite à l’affaire brésilienne, qui a été trop peu médiatisée alors qu’elle prenait vertement position contre l’attitude de l’archevêque de Recife ! Que certains cherchent à « se payer le Pape », comme dit le Cardinal Vingt-Trois, c’est certain. Mais réduire toute contestation à cela, c’est refuser d’entendre la voix de nombreux catholiques, loyaux, c’est les mépriser.


Nombre d’entre nous sont pris à témoin, par les amis, les voisins, les parents d’élèves, les collègues de travail, la famille : comment pouvez-vous demeurer catholique ? Comment pouvez-vous être solidaires de tels propos ? Des paroles agressives ont été lancées : « si les catholiques ne peuvent pas changer de Pape, qu’ils changent de religion ! » Force est de reconnaître que l’attitude miséricordieuse de Jésus n’a pas toujours sauté aux yeux.


Prêtres, nous sommes aussi interrogés par plusieurs d’entre vous : Que va-t-il se passer avec toutes ces incompréhensions ? Que devons-nous faire ? Nous entendons : je vais arrêter de pratiquer, je vais quitter l’Eglise ! Nous vous en supplions : Ne faites pas cela. Ne vous coupez ni du Christ ni de son Eglise, qui certes est la prostituée que le prophète Osée doit épouser sur ordre de Dieu mais qui est aussi celle qui, dans le monde et chez nous, témoigne de façon intrépide de la miséricorde et de la sollicitude de Dieu, en particulier auprès de ceux qui souffrent, par exemple du Sida.


Si vous voulez faire quelque chose, que ce soit proportionné, on dirait en latin, raisonnable ! Ecrivez à votre évêque, non une pétition, mais une lettre personnelle. Votre confirmation vous fait témoins de la Bonne Nouvelle, et avec lui, même si c’est en partie différemment de lui, responsables de la mission de l’Eglise (Ac 1,8). Faites-lui part de votre avis, posément, sans amalgames scandaleux et stupides (comme nous les avons entendus : « Benoît XVI, levant l’excommunication d’un évêque révisionniste à cause de son passé dans les jeunesses hitlériennes »). Pourquoi ne pas demander aux évêques que la prochaine fois qu’ils parlent en matière morale, ils disent d’abord et principalement la miséricorde à la suite du Christ. On n’a jamais vu Jésus condamner personne à part ceux qui lient de pesants fardeaux et interdisent ainsi l’accès au Royaume (Lc 11,46 et Mt 23,13 à comparer à Jn 8,1-11 et Mt 21,31 par ex). Vous imaginez que si nos évêques, dans de nombreux diocèses reçoivent des centaines de milliers de lettres, ce sera plus efficace que de claquer la porte. Peut-être même que cela libérera la parole de ceux qui se sentent coincés ; personne ne pourra leur reprocher une parole qui prendrait ses distances vis-à-vis de tel ou tel propos, même papal, s’ils font seulement part du mouvement massif dont ils sont les témoins obligés.


Vous le savez, la prise de parole n’est pas commode. Ne rien dire nous est insupportable et risque d’ébranler un peu plus l’Eglise. Ces derniers temps, c’est le magistère qui a ébranlé l’Eglise mais nous serons vite accusés de l’ébranler à notre tour à exprimer notre désaccord. Sans doute d’ailleurs ce texte nous sera reproché par certains d’entre vous.


On ne saurait quitter l’Eglise à la légère, sous prétexte d’être plus fidèle au Christ, lui qui a joué le jeu de l’incarnation jusqu’au bout, prêt à s’en remettre, pour transmettre son évangile, à la faiblesse des pécheurs et de l’Eglise. Quel apôtre n’a pas trahi (et l’on parlera ailleurs du cas du disciple que Jésus aimait) ? Voilà la radicalité de l’incarnation il assume non seulement la chair mais aussi l’humanité. Pourrions-nous faire autrement que lui et ne pas nous en remettre à l’Eglise pour que l’évangile soit transmis ?


Le Christ nous révèle un Dieu Père. Dès lors, tous les hommes sont frères. Pourrions-nous ne pas être dans le même bateau, la même barque, que tous ceux qui ont entendu la bonne nouvelle de cette fraternité ? Certes, nous ne sommes pas toujours d’accord avec tous, mais comment témoigner de la fraternité universelle en se coupant de la fraternité ecclésiale ? Sans compter que chacun de nous, parfois aussi, est cause de souffrance pour les autres.


Nous ne pouvons quitter notre Eglise, ni sur la pointe des pieds, ni en claquant la porte. Nous savons trop, maintenant que nous sommes en minorité, ce qu’est l’Eglise et combien l’évangile est la source de notre vie. Nous ne pouvons nous en couper alors que nous apprenons à vivre comme une grâce d’avoir été saisis par le Christ. Nous avons bien entendu la théologie conciliaire, traditionnelle, selon laquelle tous les chrétiens sont chargés depuis l’onction baptismale, du sacerdoce (prière), de la prophétie (annonce de la parole) et de la royauté (gouvernement). Certes, l’Eglise n’est pas une démocratie. Et qui en rêve quand on voit les possibles dérives démocratiques (abstention, comédie du pouvoir, peoplelisation etc.) ? Mais elle n’est pas une tyrannie pour autant. La synodalité permet un mode de gouvernement original. L’Eglise est plus vivante quand les responsables écoutent effectivement et ne pensent pas être les seuls à avoir raison et droit à la parole.


Nous vivons une mort. Nous ployons sous le fardeau. Il devrait en naître quelque chose… si du moins notre espérance en la résurrection n’est pas vaine. Et nous le voyons déjà. Nous sommes reconduits au cœur de la foi, nous sommes convoqués à une parole responsable, une parole qui tache de répondre à la Bonne Nouvelle. De cette mort advient un corps que nous voyons naître dans le premier né d’entre les morts. Nous n’avons pas à défendre une Eglise, une vision de l’Eglise contre une autre. Nous assistons à la venue de l’Eglise, dans les douleurs d’un accouchement. Notre rôle en Eglise n’est pas tant de conserver un passé, de promouvoir une tradition aux dépens d’une autre, mais d’être les sentinelles, les préposés de l’espérance, prêts à repérer la vie, malgré la mort, la vie qui advient de la mort.


Georges Gaillard, EAP
Régis Girard, prêtre
Annick Greaud, EAP
Hugues Lhopital, EAP
Jean-Claude Meyer, prêtre
Emilie Molin, EAP
Patrick Royannais, curé
Guillemette Tracol, EAP



Le Père Michel Durand, prêtre de la Paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la Croix Rousse à Lyon, le dit sur son blog "En manque d'Eglise" (sic) : "je suis en plein consonance avec ce qui s'y exprime. En effet, prenons de la distance avec les évènements actuels, regardons l'histoire de l'Eglise. Un pape, une curie ne fait pas l'Eglise. Nous avons avant tout à constituer le corps du Christ, là et l'Eglise et pour cela mettons-nous à la suite du Ressuscité." (texte complet ici)

On comprend donc qui sont les lecteurs de Golias...

On comprend aussi que le cardinal Barbarin ait pu affirmer dernièrement dans un entretien "Beaucoup de mes paroisses lyonnaises sont tristes". Oremus.
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 18:00
Un énorme point positif du pontificat de Benoit XVI :

Voilà plusieurs semaines que les medias ne cessent de gesticuler pour attaquer l'Eglise sur tous les fronts, en s'en prenant aussi vigoureusement que possible au Vicaire du Christ.

En tant que catholiques, notre réflexe primaire consisterait à déplorer cet état de fait.

Mais ne devons-nous pas, au contraire, nous en réjouir ?

L'Eglise n'est-Elle pas en train actuellement de reprendre sa place dans les différentes questions liées à nos modes de vie en société ? Bon an mal an, notre bien aimé Pape n'est-il pas en train de repositionner l'Eglise comme une référence, certes parmi d'autres, mais une référence solide au beau milieu du marasme spirituel ambiant ?

Né en 1968, j'avais donc 10 ans lorsque le pape Jean Paul II accéda au souverain pontificat. Autant dire qu'une bonne partie de ma vie a été marquée par son empreinte. D'une façon générale, j'ai plutôt l'impression que la majorité de son pontificat fut placée sous le sceau d'une gentille complaisance des medias, en dehors évidemment des questions liées à la morale qui restaient incomprises et nécessairement incompréhensibles par la presse dans son ensemble.

Depuis l'élection de Benoit XVI, il m'apparait que les attaques contre l'Eglise et contre la personne-même du Saint-Père sont de plus en plus fortes, violentes et personnelles. Comme si Benoit XVI s'était exposé volontairement au flot des critiques, prenant sa Croix à bros-le-corps, portant haut les couleurs de la Chrétienté.

Nos contemporains dans leur ensemble ont soif de fermeté. Ils recherchent des valeurs fortes, quoi qu'on puisse dire ; le succès de l'Islam le confirme. Il me semble donc que ces temps troubles, et terribles à bien des égards, sont porteurs d'espoirs et d'Espérance.

Ne manquons pas de prier pour notre Pape. A la proue du Bateau (je vous ai lu, Pierre), il nous montre la Voie.

Ad majorem Dei gloriam.

XA

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 15:00

Parallèlement à la Lettre de soutien au pape Benoit XVI, que l'on peut évidemment toujours signer, si on ne l'a déjà fait, la Fraternité propose de s'associer à une neuvaine de prières pour le Souverain Pontife. Elle débute ce samedi 14 février pour s'achever le 22 février. Les textes des prières proposées figurent sur une page spéciale mise en ligne par la Fraternité. A découvrir en cliquant ici.



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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 20:27

cliquez sur la bannière ci-dessus et signez la lettre de soutien à Benoit XVI
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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 07:47

Messieurs les cardinaux,

vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs !

Le Noël du Seigneur est aux portes. Chaque famille ressent le désir de se rassembler, pour goûter l'atmosphère unique et irremplaçable que cette fête est capable de créer. La famille de la Curie romaine également se réunit, ce matin, selon une belle habitude grâce à laquelle nous avons la joie de nous rencontrer et de nous échanger les vœux dans ce climat spirituel particulier. J'adresse à chacun mon salut cordial, empli de reconnaissance pour la collaboration appréciée prêtée au ministère du Successeur de Pierre. Je remercie vivement le cardinal doyen Angelo Sodano, qui, avec la voix d'un ange s'est fait l'interprète des sentiments de toutes les personnes présentes, et également de tous ceux qui travaillent dans les divers bureaux, y compris les représentations pontificales. J'évoquais au début l'atmosphère particulière de Noël. Il me plaît de penser que celle-ci est presque un prolongement de cette joie mystérieuse, de cette exultation profonde qui emplit la sainte Famille, les anges et les pasteurs de Bethléem, la nuit où Jésus vit le jour. Je la définirais comme « l'atmosphère de la grâce », en pensant à l'expression de saint Paul dans la Lettre à Tite : « Apparuit gratia Dei Salvatoris nostri omnibus hominibus » (cf. Tt 2, 11). L'apôtre affirme que la grâce de Dieu s'est manifestée « à tous les hommes » : je dirais que là transparaît également la mission de l'Eglise, et, en particulier, celle du Successeur de Pierre et de ses collaborateurs, la mission de contribuer à ce que la grâce de Dieu, du Rédempteur, devienne toujours plus visible à tous, et apporte à tous le salut.

L'année qui est sur le point de se terminer a été riche de regards rétrospectifs sur les dates importantes de l'histoire récente de l'Eglise, mais également riche d'événements, qui portent en eux des signes d'orientation pour notre chemin vers l'avenir. Il y a cinquante ans mourait le Pape Pie XII, il y a cinquante ans, Jean XXIII était élu Souverain Pontife. Quarante ans se sont écoulés depuis la publication de l'Encyclique Humanae vitae et trente ans depuis la mort de son auteur, le Pape Paul VI. Le message de ces événements a été rappelé et médité de multiples façons au cours de l'année, si bien que je ne voudrais pas m'y arrêter à nouveau maintenant. Le regard de la mémoire, toutefois, est allé encore plus loin, au-delà des événements du siècle dernier, et justement ainsi, il nous a renvoyés à l'avenir : dans la soirée du 28 juin, en présence du patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, et de représentants de nombreuses autres Eglises et communautés ecclésiales, nous avons pu inaugurer l'année saint Paul, dans la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, en souvenir de la naissance de l'Apôtre des nations, il y a 2000 ans. Pour nous, Paul n'est pas une figure du passé. Il nous parle encore à travers ses lettres. Et celui qui entre en dialogue avec lui est poussé par lui vers le Christ crucifié et ressuscité. L'année saint Paul est une année de pèlerinage non seulement dans le sens de marche extérieure vers les lieux pauliniens, mais également et surtout dans le sens d'un pèlerinage du cœur, avec Paul, vers Jésus Christ. En définitive, Paul nous enseigne également que l'Eglise est le Corps du Christ, que la Tête et le Corps sont inséparables et qu'il ne peut y avoir d'amour pour le Christ sans amour pour son Eglise et sa communauté vivante.

Trois événements spécifiques de l'année qui touche à sa fin sautent particulièrement au yeux. Il y a eu d'abord la Journée mondiale de la Jeunesse en Australie, une grande fête de la foi, qui a réuni plus de 200.000 jeunes venus de toutes les parties du monde et qui les a rapprochés non seulement extérieurement - sur le plan géographique - mais, grâce au partage de la joie d'être chrétiens, les a rapprochés également intérieurement. A côté de cela, il y a eu les deux voyages, l'un aux Etats-Unis, l'autre en France, à l'occasion desquels l'Eglise s'est rendue visible face au monde et pour le monde comme une force spirituelle qui indique des chemins de vie et, à travers le témoignage de la foi, apporte la lumière au monde. Ce furent en effet des journées qui ont irradié de lumière ; elles ont répandu la confiance dans la valeur de la vie et dans l'engagement pour le bien. Et enfin, il faut rappeler le Synode des évêques : des pasteurs provenant du monde entier se sont réunis autour de la Parole de Dieu, qui avait été élevée parmi eux ; autour de la Parole de Dieu, dont la grande manifestation se trouve dans l'Ecriture Sainte. Ce que nous considérons désormais trop souvent comme acquis dans notre quotidien, nous l'avons saisi à nouveau dans toute sa sublimité : le fait que Dieu parle, que Dieu réponde à nos questions. Le fait qu'Il parle, bien qu'à travers des paroles humaines, en personne, et que nous puissions L'écouter et dans l'écoute, apprendre à Le connaître et à Le comprendre. Le fait qu'Il entre dans notre vie en la façonnant et que nous puissions sortir de notre vie et entrer dans la vaste étendue de sa miséricorde. Nous nous sommes ainsi à nouveau rendus compte que Dieu, à travers sa Parole, s'adresse à chacun de nous, parle au cœur de chacun : si notre cœur s'ouvre et que l'écoute intérieure se rend disponible, alors chacun peut apprendre à entendre la parole qui lui est adressée personnellement. Mais si nous entendons justement Dieu parler de façon si personnelle à chacun de nous, nous comprenons également que sa Parole est présente afin que nous nous rapprochions les uns des autres ; afin que nous trouvions le moyen de sortir de ce qui est uniquement personnel. Cette parole a façonné une histoire commune et veut continuer à le faire. Alors, nous nous sommes à nouveau rendus compte que - précisément parce que la Parole est si personnelle - nous ne pouvons la comprendre de façon juste et totale que dans le « nous » de la communauté instituée par Dieu : en étant toujours conscients que nous ne pouvons jamais aller jusqu'au bout complètement, qu'elle a quelque chose de nouveau à dire à chaque génération. Nous avons compris que, certes, les écrits bibliques ont été rédigés à des époques déterminées et constituent donc dans ce sens avant tout un livre provenant d'un temps passé. Mais nous avons vu que leur message ne demeure pas dans le passé ni qu'il ne peut être enfermé dans ce passé : au fond, Dieu parle toujours au présent, et nous n'aurons écouté la Bible pleinement que lorsque nous aurons découvert ce « présent » de Dieu, qui nous appelle maintenant.

Enfin, il était important de ressentir que dans l'Eglise, il existe une Pentecôte également aujourd'hui - c'est-à-dire qu'elle parle dans plusieurs langues et ce, non seulement dans le sens extérieur que toutes les grandes langues du monde sont représentées en elle, mais encore plus dans un sens plus profond : en elle sont présents les multiples modes de l'expérience de Dieu et du monde, la richesse des cultures, et ce n'est qu'ainsi qu'apparaît toute l'étendue de l'existence humaine, et, à partir d'elle, l'étendue de la parole de Dieu. Toutefois, nous avons également appris que la Pentecôte est toujours « en chemin », et encore incomplète : il existe une multitude de langues qui attendent encore la Parole de Dieu contenue dans la Bible. Les multiples témoignages de fidèles laïcs provenant du monde entier, qui non seulement vivent la Parole de Dieu, mais qui souffrent également à cause d'elle, étaient émouvants. Une contribution précieuse a été apportée par le discours d'un rabbin sur les Ecritures Saintes d'Israël, qui sont précisément aussi nos Ecritures Saintes. Un moment important pour le Synode, et même pour le chemin de l'Eglise dans son ensemble, a été celui au cours duquel le Patriarche Bartholomée, nous a ouvert un accès à la Parole de Dieu, à la lumière de la tradition orthodoxe, à travers une analyse pénétrante. Espérons à présent que les expériences et les résultats du Synode influent de manière efficace sur la vie de l'Eglise : sur le rapport personnel avec les Ecritures Saintes, sur leur interprétation dans la Liturgie et dans la catéchèse ainsi que dans la recherche scientifique, afin que la Bible ne demeure pas une Parole du passé, mais que sa vitalité et son actualité soient lues et révélées dans la vaste étendue des dimensions de ses significations.

Les voyages pastoraux de cette année ont également traité de la présence de la Parole de Dieu, de Dieu lui-même dans le moment présent de l'histoire : leur véritable sens ne peut être que celui de servir cette présence. A ces occasions, l'Eglise se rend perceptible de façon publique, et avec elle la foi, et donc au moins la question sur Dieu. Cette manifestation en public de la foi interpelle désormais tous ceux qui tentent de comprendre le temps présent et les forces qui œuvrent dans ce temps présent. En particulier, le phénomène des Journées mondiales de la Jeunesse devient toujours plus l'objet d'analyses, dans lesquelles on tente de comprendre ce type, en quelque sorte, de culture des jeunes. Jamais auparavant, pas même lors des Jeux olympiques, l'Australie n'avait vu autant de personnes de tous les continents. Et si on avait craint avant que la présence massive de si nombreux jeunes puisse provoquer des troubles de l'ordre public, paralyser la circulation, empêcher le déroulement de la vie quotidienne, conduire à des actes de violences et laisser place à la drogue, tout cela s'est révélé sans fondement. Ce fut une fête de la joie - une joie qui, à la fin, a conquis également les personnes réticentes : à la fin, personne ne s'est senti importuné. Les journées sont devenues une fête pour tous, et c'est même à cette occasion que l'on s'est rendu compte de ce qu'est véritablement une fête - un événement dans lequel tous sont, en quelque sorte, hors d'eux-mêmes, au-delà d'eux-mêmes et précisément ainsi avec eux-mêmes et avec les autres. Quelle est donc la nature de ce qui a lieu au cours d'une Journée mondiale de la Jeunesse ? Quelles sont les forces qui agissent ? Des analyses en vogue tendent à considérer ces journées comme une variante de la culture moderne des jeunes, comme une sorte de festival rock en version ecclésiale avec le Pape comme star. Avec ou sans la foi, ces festivals seraient au fond toujours la même chose, et on pense ainsi pouvoir éliminer la question sur Dieu. Il y a également des voix catholiques qui vont dans cette direction, en considérant tout cela comme un grand spectacle, certes beau, mais pas très significatif en ce qui concerne la question sur la foi et la présence de l'Evangile à notre époque. Il s'agirait de moments d'extase joyeuse, mais qui en fin de compte, laisseraient tout comme avant, sans influer de façon profonde sur la vie.

Mais cela n'explique pas, toutefois, la spécificité de ces journées et le caractère particulier de leur joie, de leur force créatrice de communion. Il est tout d'abord important de tenir compte du fait que les Journées mondiales de la Jeunesse ne consistent pas seulement en cette unique semaine où elles deviennent publiquement visibles au monde. Elles sont précédées d'un long chemin intérieur et extérieur. La Croix, accompagnée par l'image de la Mère du Seigneur, effectue un pèlerinage à travers les pays. La foi, à sa manière, a besoin de voir et de toucher. La rencontre avec la croix, qui est touchée et portée, devient une rencontre intérieure avec Celui qui, sur la croix, est mort pour nous. La rencontre avec la Croix suscite au plus profond des jeunes la mémoire de ce Dieu qui a voulu se faire homme et souffrir avec nous. Et nous voyons la femme qu'Il nous a donnée pour Mère. Les journées solennelles ne sont que le sommet d'un long chemin, grâce auquel nous allons à la rencontre les uns des autres et sur lequel nous allons ensemble à la rencontre du Christ. En Australie, ce n'est pas un hasard si le long Chemin de croix à travers la ville est devenu l'événement culminant de ces journées. Celui-ci résumait encore une fois tout ce qui s'était produit au cours des années précédentes et désignait Celui qui nous réunit tous ensemble : ce Dieu qui nous aime jusqu'à la Croix. De même, le Pape n'est pas lui non plus la star autour de laquelle tout tourne. Il est totalement et seulement le Vicaire. Il renvoie à l'Autre qui se trouve au milieu de nous. Enfin, la liturgie solennelle est le centre de l'ensemble, car dans cette liturgie a lieu ce que nous ne pouvons pas réaliser et que, toutefois, nous attendons toujours. Il est présent. Il vient au milieu de nous. Le ciel se déchire et cela rend la terre lumineuse. C'est ce qui rend la vie heureuse et ouverte et unit les uns aux autres dans une joie qui n'est pas comparable à l'extase d'un festival de rock. Friedrich Nietzsche a dit un jour : « L'habileté n'est pas dans le fait d'organiser une fête, mais de trouver les personnes capables d'en tirer de la joie ». Selon l'Ecriture, la joie est le fruit de l'Esprit Saint (cf. Ga 5, 22) : ce fruit était abondamment perceptible pendant les journées de Sydney. Les Journées mondiales de la Jeunesse sont précédées d'un long chemin et elles sont aussi suivies d'un long chemin. Des amitiés se forment. Elles encouragent à un style de vie différent et le soutiennent de l'intérieur. Les grandes Journées ont, entre autres, le but de susciter ces amitiés et de faire ainsi naître dans le monde des lieux de vie dans la foi, qui sont en même temps des lieux d'espérance et de charité vécue.

La joie comme fruit de l'Esprit Saint. Nous sommes ainsi arrivés au thème central de Sydney qui était, précisément, l'Esprit Saint. Dans cette rétrospective, je voudrais aussi mentionner de manière résumée l'orientation implicite de ce thème. En gardant à l'esprit le témoignage de l'Ecriture et de la Tradition, on reconnaît facilement quatre dimensions du thème « Esprit Saint ».

1. Il y a tout d'abord l'affirmation qu'il vient à notre rencontre dès le début du récit de la création : on y parle de l'Esprit créateur qui plane sur les eaux, qui crée le monde et le renouvelle sans cesse. La foi dans l'Esprit créateur est un contenu essentiel du Credo chrétien. Le fait que la matière contient en soi une structure mathématique, est pleine d'esprit, est le fondement sur lequel reposent les sciences de la nature modernes. Ce n'est que parce que la nature est structurée de manière intelligente, que notre esprit est en mesure de l'interpréter et de la remodeler activement. Le fait que cette structure intelligente provienne du même Esprit créateur, qui nous a donné à nous aussi l'esprit, comporte à la fois un devoir et une responsabilité. Dans la foi envers la création se trouve le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation que nous devons suivre comme administrateurs de sa création. Le fait que la terre, l'univers, reflètent l'Esprit créateur, signifie également que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérimentation, contiennent en elles-mêmes également une orientation éthique. L'Esprit qui les a façonnés, est plus que mathématique - c'est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la voie juste.

Etant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre uniquement le message du salut à ses fidèles. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, comprise de manière juste. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qu'on exprime souvent et ce qu'on entend par le terme « gender », se résout en définitive dans l'auto émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective : l'intention du Pape Paul VI était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.

2. Je ne donnerais que quelques brèves indications supplémentaires à propos des autres dimensions de la pneumatologie. Si l'Esprit créateur se manifeste tout d'abord dans la grandeur silencieuse de l'univers, dans sa structure intelligente, la foi, outre cela, nous dit une chose inattendue, c'est-à-dire que l'Esprit parle, en quelque sorte également avec des paroles humaines ; il est entré dans l'histoire et, comme force qui façonne l'histoire, il est également un esprit parlant, il est même la Parole qui, dans les Ecrits de l'Ancien et du Nouveau Testament, vient à notre rencontre. Dans l'une de ses lettres, Saint Ambroise a merveilleusement exprimé ce que cela signifie pour nous : « Même à présent, alors que je lis les divines Ecritures, Dieu se promène au Paradis » (Ep. 49, 3). En lisant l'Ecriture, nous pouvons aujourd'hui aussi presque nous promener dans le jardin du Paradis et rencontrer Dieu qui s'y promène : entre le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse en Australie et le thème du Synode des évêques, il existe un profond lien intérieur. Les deux thèmes « Esprit Saint » et « Parole de Dieu » vont de pair. En lisant l'Ecriture nous apprenons cependant également que le Christ et l'Esprit Saint sont inséparables. Si Paul, dans une synthèse étonnante, affirme : « Le Seigneur est l'Esprit » (2 Co 3, 17), non seulement l'unité trinitaire entre le Fils et l'Esprit Saint, apparaît en toile de fond, mais surtout leur unité par rapport à l'histoire du salut : dans la passion et dans la résurrection du Christ sont arrachés les voiles du sens purement littéral, et la présence de Dieu qui parle devient visible. En lisant l'Ecriture avec le Christ, nous apprenons à entendre la voix de l'Esprit Saint dans les paroles humaines et nous découvrons l'unité de la Bible.

3. Nous sommes désormais arrivés à la troisième dimension de la pneumatologie qui consiste, précisément, dans l'aspect inséparable du Christ et de l'Esprit Saint. De la manière peut-être la plus belle, celle-ci se manifeste dans le récit de saint Jean à propos de la première apparition du Ressuscité devant les disciples : le Seigneur souffle sur ses disciples et leur donne ainsi l'Esprit Saint. L'Esprit Saint est le souffle du Christ. Et de même que le souffle de Dieu au matin de la création avait transformé la poussière du sol en l'homme vivant, le souffle du Christ nous accueille dans la communion ontologique avec le Fils, nous transforme en nouvelle création. C'est pour cette raison que c'est l'Esprit Saint qui nous fait dire avec le Fils : « Abba, Père ! » (cf. Jn 20, 22 ; Rm 8, 15).

4. Ainsi, comme quatrième dimension, apparaît spontanément la connexion entre Esprit et Eglise. Paul, dans la Première Lettre aux Corinthiens 12 et dans la Lettre aux Romains 12, a illustré l'Eglise comme Corps du Christ et précisément ainsi comme organisme de l'Esprit Saint, dans lequel les dons de l'Esprit Saint fondent les individus en un tout vivant. L'Esprit Saint est l'Esprit du Corps du Christ. Dans l'ensemble de ce corps nous trouvons notre devoir, nous vivons les uns pour les autres et les uns dépendant des autres, en vivant dans la profondeur de Celui qui a vécu et souffert pour nous tous et qui, au moyen de son Esprit, nous attire à lui dans l'unité de tous les enfants de Dieu : « Veux-tu toi aussi vivre dans l'Esprit du Christ ? Alors, sois dans le Corps du Christ », dit Augustin à ce propos (Tr. in Jo. 26, 13).

Ainsi, avec le thème de l'« Esprit Saint », qui orientait les journées en Australie et, de manière plus cachée, également les semaines du Synode, devient visible toute l'ampleur de la foi chrétienne, une ampleur qui, de la responsabilité pour la création et pour l'existence de l'homme en harmonie avec la création, conduit, à travers les thèmes de l'Ecriture et de l'histoire du salut, jusqu'au Christ et, de là, à la communauté vivante de l'Eglise, dans ses ordres et responsabilités, tout comme dans son ampleur et sa liberté, qui s'exprime aussi bien dans la multiplicité des charismes que dans l'image de la Pentecôte de la multitude des langues et des cultures.

Une partie intégrante de la fête est la joie. La fête peut s'organiser, la joie non. Celle-ci peut seulement être offerte en don ; et, de fait, elle nous a été donnée en abondance : nous sommes reconnaissants de cela. De même que Paul qualifie la joie de fruit de l'Esprit Saint, dans son Evangile Jean a lui aussi étroitement lié l'Esprit et la joie. L'Esprit Saint nous donne la joie. Et Il est la joie. La joie est le don dans lequel tous les autres dons sont résumés. Elle est l'expression du bonheur, de l'harmonie avec soi-même, ce qui ne peut découler que du fait d'être en harmonie avec Dieu et avec sa création. Rayonner, être communiquée, fait partie de la nature de la joie. L'esprit missionnaire de l'Eglise n'est rien d'autre que l'impulsion à communiquer la joie qui nous a été donnée. Que celle-ci soit toujours vivante en nous et rayonne sur le monde dans ses épreuves : tel est mon souhait à la fin de cette année. Avec un vif remerciement pour votre travail et votre œuvre, je souhaite à chacun de vous que cette joie dérivant de Dieu nous soit donnée en abondance également au cours de la nouvelle Année.

Je confie ces vœux à l'intercession de la Vierge Marie Mater divinae gratiae, en Lui demandant de pouvoir vivre les festivités de Noël dans la joie et dans la paix du Seigneur. Avec ces sentiments, je donne de tout cœur à vous tous et à la grande famille de la Curie romaine ma Bénédiction apostolique.


Traduction : Zenit

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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 15:05
Justin Petipeu propose sur le Forum Catholique une réflexion autour du discours prononcé par le pape Benoit XVI au collège des Bernardins, au mois de septembre dernier. On peut retrouver ci-dessous la video permettant d'écouter ou de réécouter ce discours important. On peut également retrouver le texte du discours en cliquant ici.



A suivre, donc...
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 12:15

Le Pape change la donne. D’abord, dans le village planétaire, si tant est que cette fiction médiatique ait une réalité, il incarne la seule institution qui dure, et non seulement se maintient, mais se renouvelle. « L’homme remonte toujours vers sa source », disait Alphonse de Lamartine, à l’opposé du courant qui, lui, ne le peut pas. L’Eglise de Rome est « experte en humanité » ! Elle remonte toujours vers son origine divine, et, reliant les choses du temps à l’éternité, elle renouvelle la face de la terre.

Le « semeur de charité et d’espérance » est venu, chez nous, tracer un chemin de lumière, qui nous ramène à nos origines non par nostalgie, encore moins par regret de ce qui fut, mais pour mieux voir et faire ce qui doit être.

Il a joint le geste à la parole. Aux Bernardins, après avoir rappelé les

Pères sacrés de notre Europe

Fondateurs de la Chrétienté…

Pâtres, pécheurs, Docteurs

O Prêtres !...

Il a écrit, en caractères grecs, sur le Livre d’or que lui tendait le prince de Broglie, le commencement de l’Evangile de saint Jean, nous reliant ainsi, d’un coup, à cette nouvelle Genèse, qui est d’Athènes en même temps que de Jérusalem. A Lourdes, après avoir fait chanter, en latin, le Credo et le Pater, comme il l’avait fait à Paris, il a entonné l’Angélus dans la même langue de toujours et de l’Eglise, « la langue d’or, fille romaine du Peuple-Roi ». La croix replacée au centre de l’autel, la communion reçue sur les lèvres, les mains jointes, les genoux pliés, le silence de l’adoration, nous enseignent à nouveau, par les moyens matériels inscrits dans l’espace, et par les attitudes du corps comment l’âme peut respirer.

Comme il nous l’a dit, évoquant la libération du sol français, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notre temps réclame une libération spirituelle. Le Libérateur est venu. Et les foules ont marché spontanément à sa suite.

Ce fut un succès populaire. François Fillon, dans son allocution de départ, à l’aéroport de Tarbes, l’a souligné. Ce succès populaire contraste avec une certaine réticence, une hypocrite réserve, un déficit d’enthousiasme constatés chez ceux qui auraient dû, au contraire, manifester à pleins poumons leur joie et leur adhésion. Il est en opposition absolue, ce succès populaire, avec la gêne ou la dérision, et maintenant l’oubli, de la classe médiatique qui, bien sûr, ne pouvant éviter l’événement, travaille maintenant à l’effacer du souvenir. Raison de plus pour y revenir, et sans cesse creuser ce chemin de lumière.

C’est le laïcat, au sens premier du mot, qui signifie peuple, qui a le mieux écouté, compris et aimé le Pape. C’était déjà vrai avec Jean-Paul II, mais il y a plus d’un demi-siècle, c’était aussi vrai avec Pie XII, dont les encycliques sociales, véritables monuments de sagesse et de prophétie politiques pour le monde d’aujourd’hui, n’étaient travaillées, enseignées, mises en œuvre que par des laïcs, dans l’oubli, voire la négation ou l’opposition de la majorité de ceux qui auraient dû en être les relais et les répétiteurs. La seule chose qui se porte bien, dans l’Eglise de France, au long des siècles, c’est le gallicanisme, j’entends par là non la juste liberté des Eglises locales, mais l’esprit de fronde, d’orgueil, de ridicule quant à soi, qui est bien un travers de notre caractère national. « L’évêque de Rome dit ce qu’il veut, mais moi, archevêque ou évêque du lieu, je fais comme je veux. » Et l’obéissance refusée ou acceptée chichement de l’évêque du lieu à l’évêque de Rome est exigée, de façon absolue, par le même évêque, de ses ouailles. Sans aucune révolte, mais avec la force tranquille de ceux qui ont été directement confirmés dans leur foi, le laïcat catholique français va faire ce que le Pape demande de faire, aux laïcs, comme aux prêtres et aux évêques. A Lourdes, il ne s’est pas adressé à la foule en méprisant la hiérarchie, ni à la hiérarchie en parlant en confidences. Il s’est adressé en même temps aux deux, aux évêques réunis et au peuple qui entendait. Ce discours est notre charte, notre ligne de vie et d’action, notre programme. Il contient ce que nous pouvons faire, directement, nous les laïcs, dans l’ordre familial, politique, culturel et social ou ce que nous devons demander et ce que nous pouvons exiger de nos clercs, évêques et prêtres : la messe, le catéchisme et les sacrements.

La résonance du message pontifical a dépassé largement les frontières visibles de l’Eglise et du laïcat catholique. C’est le peuple de France, tout entier, qui a été impressionné. Un champ s’ouvre donc, à nouveau, d’une évangélisation par la culture et d’une réforme de nos institutions et de nos mœurs politiques, qui dans une nation dont les racines chrétiennes ont été rappelées, chantées, célébrées par le Pape et par le gouvernement, ne peuvent plus ignorer la doctrine sociale de l’Eglise. Le mur imaginaire de la laïcité que Jacques Chirac avait tenté de consolider, a volé en éclats, et les religions ont retrouvé droit de cité. N’oublions pas cependant que la « laïcité à la française », celle du petit père Combes, de Jaurès et de Jules Ferry, n’a jamais été vraiment hostile qu’à l’Eglise catholique. Elle n’était pas contre « les religions ». Elle était anticatholique. Officiellement, par la voix du président de la République et du Premier ministre, la République n’est plus anticatholique. Au contraire, elle reconnaît que la France est née, a été modelée, civilisée, par les moines, les prêtres, les évêques et les saints. C’est tout un enseignement de l’histoire, des arts et des lettres, et de la politique, qui se déduit de cette reconnaissance. Il ne suffit pas de le dire, en deux phrases, pour ensuite faire comme si cette réalité n’existait plus. Si ces mots sont exacts, la République reconnaît, aujourd’hui, que nous, catholiques, nous sommes les héritiers légitimes de la France, que, même si la France est devenue « multiple », les racines, elles, ne peuvent pas changer, et que, contrairement à la parole imbécile qu’a prononcée, sans réfléchir, je l’espère, un Prince de l’Eglise de France, la France d’aujourd’hui, est chrétienne, comme l’était la France d’hier, et comme le sera la France de demain, car on ne se défait jamais de ses racines. Le cours de l’histoire peut se remonter, en esprit, pour mieux savoir d’où nous venons afin de voir où nous devons aller, mais il ne se refait pas, il ne se change pas, c’est un donné. Même envahie par les bouddhistes et les musulmans, les mormons et les animistes, la France sera toujours catholique parce qu’elle ne peut pas être autrement. Catholique envahie, catholique dénaturée, catholique écrasée, vaincue, occupée… mais catholique toujours et donc toujours renaissante.

C’est cette renaissance catholique, dont chaque génération, à son tour, reçoit la charge, que Benoît XVI est venu conforter, enseigner et bénir.

Et les foules – croyantes ou incroyantes – ont suivi, grands de la culture et humbles malades de Lourdes. Emules de Thomas d’Aquin, d’Albert le Grand, des géants de la pensée ou petits frères de Bernadette Soubirous, nous sommes le peuple de Dieu, le laïcat catholique français, celui qui jamais ne fut abandonné, et à qui, quand cela lui est demandé avec confiance et ferveur, Dieu envoie « le meilleur secours qui soit à Roi ou à Cité, le secours du Roi des Cieux ».

JACQUES TREMOLET DE VILLERS

PRESENT n°6680 daté du 24 septembre

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 13:21
A lire sur le Forum Catholique, le commentaire de Luc Perrin à l'issue de la visite de Benoit XVI en France. En voici ci-dessous le rappel.
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La réaction de Mgr Vingt-Trois l'est à double titre : celle d'archevêque de Paris et celle surtout de président de la CEF. Le cardinal de Paris, jusqu'à présent, s'est toujours prévalu d'appliquer les directives du Saint-Père, il le fait, selon la ligne de son prédécesseur a minima en ce qui concerne la question liturgique et l'accueil des traditionalistes.
Il serait tout de même excessif de dire qu'il ne le fait pas : Mgr Vingt-Trois, jusqu'à présent, ne s'est pas aligné sur la position de Mgr Jordan à Reims ou pire sur celle de l'évêque émérite Mgr Noyer.

Mais il parle aussi, en déposant sa mître parisienne, avec son béret de président de la Conférence épiscopale. Or il a été élu, après 2 ans d'opposition ouverte entre la grande majorité des membres de la CEF à l'intention affichée de "libérer" l'usage du missel de 1962. Son Eminence a été comme un porte-parole, mesuré cependant relisez ses interventions, des opposants au projet de Motu proprio. Il suffit de comparer le cardinal de Bordeaux, Mgr Ricard, et le cardinal de Paris, pour comprendre que la CEF a délibérément élu un opposant plus actif au Motu proprio Summorum Pontificum. Un simple test : en février 2007, Mgr Ricard signait une convention avec l'IBP. Mgr Vingt-Trois s'y refuse toujours en septembre ... 2008 pour le Centre Saint-Paul. Mgr Ricard a 3 lieux de culte confiés à des instituts E.D., Mgr Vingt-Trois aucun.

Le "Ratisbonne dans l'avion" convenait parfaitement à la ligne majoritaire sur cette question qu'incarne M. de Paris : régime de 1984 restrictif, simple tolérance, appel à se fondre peu à peu dans une Forme ordinaire tout juste corrigée, non dans le texte ni dans la langue liturgique, mais par l'ars celebrandi, ce que les Américains appellent "smells and bells" (de l'encens et des sonneries).
Le Message aux évêques de Lourdes (14/9) renverse entièrement cette ligne : il s'agit, dans l'amour, d'être pleinement évêque au service de l'unité, de poser des actes tendant à l'unité - ô horresco referens envers le Satan incarné pour tant de catholiques français la FSSPX - et d'appliquer, sans politique sournoise de containment, dans l'amour une fois encore, Summorum Pontificum.
On comprend mieux l'acide commentaire du président de la CEF, qui expose le sentiment majoritaire d'une opposition constante aux orientations d'abord de Jean-Paul II et maintenant de Benoît XVI sur la question traditionaliste et plus largement sur la liturgie.
Rappel des faits :
- 2001 : le cardinal Eyt se réjouit bruyamment de l'arrêt des conversations avec Mgr Fellay
- 2004 : Mgr Le Gall déclare que l'Instruction Redemptionis sacramentum ne concerne pas la France
- 2006 : 2 communiqués de provinces ecclésiastiques appellent le pape à renoncer à élargir Ecclesia Dei adflicta ; plusieurs évêques individuellement dénoncent, parfois en termes très durs, cette intention du Saint-Père : des évêques qui appartiennent pourtant à des écoles de pensée distinctes ainsi de Mgr Dagens d'un côté, de Mgr Lacrampe de l'autre.

Le commentaire du cardinal Vingt-Trois exprime donc plutôt le sentiment de la majorité des évêques de France, plus radicalement négatif que le sien propre en tant qu'Ordinaire de Paris.
Des observateurs, pas du tout traditionalistes, comme le P. de Charentenay sj et Gérard Leclerc, rappelaient la profonde empreinte du gallicanisme dans l'histoire de l'épiscopat français, ce vilain gallicanisme, hydre aux mille têtes, sans cesse renaissante comme un méchant phénix de ses cendres ; dans les années 1970, H. Urs von Balthasar avait dénoncé le "complexe anti-romain". La tentation de majorer la place des Église particulières par rapport au "centre romain", au Siège apostolique, a été relancée par Vatican II : en effet, c'est cela que visait Mgr Lefebvre dans sa critique de la collégialité, une collégialité dévoyée de son but, plus que la collégialité en elle-même. En 1975, Evangelii Nuntiandi fait justice de cette dérive ecclésiologique et Jean-Paul II n'a eu de cesse que de retisser des liens entre Rome et les différentes Eglises particulières.
Rappelons encore que Sacrosanctum concilium confère des droits majorés aux Eglises nationales en matière de liturgie et que ce fut interprété, par beaucoup de théologiens, comme un signal pour une large autonomie des Églises locales et un abaissement drastique du Siège romain. Tout se tient : une mauvaise lecture des dispositions liturgiques et une mauvaise ecclésiologie. En ce sens, la critique de la FSSPX est partiellement fondée : elle pèche, selon moi, par excès et omission des correctifs apportés mais il y a un peu de feu derrière cette fumée.
C'est bien à cause de cela que la bataille des traductions - mauvaises soutenues longtemps par les Eglises particulières, corrections exigées par Rome - a duré et dure encore. Ce n'est pas un détail. Beaucoup soutenaient que Vatican II avait doté les épiscopats d'une entière souveraineté en matière liturgique et que Rome tentait de la leur reprendre. La Rome de Paul VI avait largement capitulé en rase campagne, en effet, tandis que la Rome de Jean-Paul II s'est efforcé, souvent sans grand succès, de récupérer ses droits. La Rome de Benoît XVI poursuit cette orientation si nécessaire, sans précipitation ni coups de menton : l'ours de saint Corbinien se hâte lentement, mais il marche vers Rome.

Deux observations pour conclure ce trop long exposé ... (mea culpa ...) :
- le cardinal Vingt-Trois exprime aussi un fait incontestable de l'ecclésiologie commune : un évêque, successeur des Apôtres, n'est pas un préfet ou le chef des services de sécurité en Corse, au service du pape, le doigt sur le côté de la soutane. C'est effectivement du devoir des évêques de donner leur sentiment, de faire part de leurs critiques, de transmettre leur éventuels caveat quand ils le jugent nécessaires. Que chacun ici soit conséquent avec lui-elle-même : nous formulons nos critiques - canon 212 -, les évêques ont un droit en la matière supérieur au nôtre. Toujours dans l'histoire de l'Eglise, les évêques se sont exprimés et beaucoup sans aucune "subordination servile". Le Cardinal revendique ici une évidence.
Mais comme en 1953 où une délégation s'était rendue à Rome pour faire fléchir Pie XII, avec un demi-succès d'ailleurs, les évêques appliquent les grandes directives du pape quand celui-ci a rendu son arbitrage. Dans l'affaire des P.O, les évêques avaient appliqué avec souplesse parfois les directives de Pie XII. Quand la souplesse va jusqu'à la négation, là bien sûr on sort de la "communion" que rappelle le Cardinal de Paris. En Allemagne, un évêque qui rejetait les directives du pape sur les questions éthiques a fini, après des années de rébellion, par démissionner. [M. Deneken a écrit un article où l'opposition des évêques allemands à Jean-Paul II, à commencer par leur ex-président le cardinal Lehmann, est exposée en détail, spécialement sur les choix éthiques : les évêques ont fini par obéir au pape]. Dans les cas les plus graves, le pape translate l'évêque voire le prive de tout siège, même in partibus, comme sous Pie X ou plus récemment le cas Mgr Gaillot. L'excommunication, comme on sait, frappe d'autres cas extrêmes.

- il convient de parcourir tout le Message aux évêques : le texte prend un contrepied net sur la question des prêtres et des paroisses par rapport à la pastorale des zones confiées à des laïcs (cf. le laboratoire poitevin). Le renvoi au saint curé d'Ars n'a pas dû être beaucoup goûté chez les théoriciens d'une désacerdotalisation du "ministère ordonné" et les discrets partisans de "l'ordination" des femmes. La bonne méthode rappelée en matière d'oecuménisme et de dialogue interreligieux n'a pas non plus dû plaire aux tenants d'initiatives qui manquent de prudence et des thèses bien répandues chez nous du nécessaire "pluralisme" de la Vérité et d'une sorte d'égalité de toutes les religions. Qu'on se souvienne qu'il y a peu un évêque français faisait repentance pour l'évangélisation de son diocèse auprès des non-chrétiens et des non-catholiques ...

Les images, comme disait Paul Airiau, sont parlantes. La retransmission par KTO de la rencontre de "collaboration et de communion" entre nos évêques et le Chef du Collège des évêques catholiques était pleine de leçons : les paupières du cardinal-président s'ouvrant net au moment du § sur la liturgie, des visages fermés dans la salle, quelques évêques prenant des notes frénétiquement, d'autres le dos contre le siège comme mettant physiquement une distance accrue avec le Saint-Père (cet évêque était un des rares en "pékin" et cravate), l'âge moyen des auditeurs ...
Il est vrai aussi comme le disait Paul que le "Ratisbonne dans l'avion" exprimait visuellement de la bienveillance, un désir d'atténuer les conflits ... alors que les mots rendaient un tout autre son, dissonant, une fois lus sur une feuille.
Au total, une grande visite papale en France !
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