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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 18:00
Mgr Dominique Rey
Introduction – Sacra Liturgia 2013 (Rome 25-28 juin 2013)

25 juin 2013

Messieurs les cardinaux, 
Messeigneurs,
Chers amis,

C’est une grande joie pour moi de vous accueillir dans cette université pontificale de la Sainte-Croix pour Sacra Liturgia 2013. Plus de 35 pays sont ici représentés. Bienvenue à tous !

Notre travail, en réalité, a déjà commencé avec la célébration solennelle des Vêpres dans la basilique de Saint-Apollinaire. Nous l’avons fait à dessein, car avant de débattre sur la sainte liturgie, nous devons nous immerger dans la vie liturgique de l'Église. La réalité de la liturgie dans laquelle nous sommes introduits au moment de notre baptême, précède toute étude de la liturgie. Etre liturgique vient d’abord, parler de la liturgie suit.

Et pourtant, il importe d’en parler et d'étudier la liturgie! Ici, dans l'aula magna, nous écouterons  de nombreux experts et responsables en ce domaine. Je suis particulièrement reconnaissant envers Leurs Eminences les cardinaux Ranjith et Burke, et envers mes frères évêques, qui donnent de leur temps pour nous enseigner. De même, je tiens à remercier Leurs Eminences les cardinaux Canizares et Brandmueller qui célèbreront la messe et prêcheront pour nous. Je remercie également tous nos intervenants, en particulier ceux qui sont venus de très loin pour nous communiquer leur savoir avec perspicacité.
 
Sacra Liturgia 2013 fut inspiré par l'enseignement liturgique et l'exemple de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI. Il nous a enseigné l'importance de l'ars celebrandi, nous rappelant que «tout ce qui touche à l'Eucharistie devrait être marqué par la beauté» (Sacramentum Caritatis, n. 41). Il nous a démontré qu'il ne doit y avoir aucune opposition entre les formes anciennes et nouvelles du rite romain - qui ont toutes les deux leur place dans l'Eglise de la nouvelle évangélisation. Il nous a assuré que, dans l’Eglise catholique, d'autres traditions liturgiques peuvent être accueillies comme des « dons précieux » et autant de « trésors à partager » (cf. Anglicanorum cœtibus, § 5, III). C’est pour cette raison que je suis particulièrement heureux de relever que l’ordinaire de l'ordinariat Notre-Dame de Walsingham, Msgr Keith Newton, sera présent parmi nous.

Je souhaite que cette conférence soit un hommage à la vision et aux réalisations liturgiques de notre bien-aimé évêque émérite de Rome, Benoît XVI : Que Dieu le récompense  pour tout ce qu'il nous a donné et lui accorde  santé et longue vie!

Le pape Benoît XVI avait lancé l'année de la Foi, pendant laquelle nous nous réunissons, pour commémorer le 50e anniversaire du Concile Vatican II. Notre Saint-Père, le Pape François, a poursuivi cette initiative. Dès le départ, ce fut mon souhait que nous nous rencontrions ici, à Rome, pendant l’année de la Foi, afin d’être proches de Pierre, de lui manifester notre communion avec lui et de prier avec lui en la grande fête des saints Pierre et Paul. Que nous ayons l'occasion de le faire avec notre nouveau Saint-Père est une bénédiction de la Providence.

Il y a cinquante ans, en juin 1963, la première session du Concile Vatican II se terminait. Au bienheureux Jean XXIII venait de succéder le vénérable Paul VI, qui a poursuivi les travaux du concile. C'est Paul VI qui promulgua sa constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum concilium, le 4 décembre 1963, à la fin de la deuxième session du concile.

Cinquante ans plus tard, nous devons relire Sacrosanctum concilium. La réforme liturgique qui a suivi la promulgation de la constitution nous a beaucoup enrichis, en particulier dans sa promotion de la participation à la liturgie. Mais elle a aussi provoqué des controverses, tant par ses réformes officielles, que par sa traduction dans les langues vernaculaires, ou bien par ses mises en oeuvre locales disparates.

Nous devons reconnaître, comme l'a fait le Bienheureux Jean-Paul II, qu'il y eut à la fois des « lumières » et des « ombres » dans la vie liturgique de l'Église au cours des 50 dernières années (cf. Ecclesia de Eucharistia, n. 10). Nous devons nous réjouir des progrès légitimes qui ont été accomplis. Nous devons aussi tenir compte des leçons que nous enseignent les erreurs commises durant ces cinquante dernières années. C’est pourquoi nous devons reconsidérer la constitution liturgique et redécouvrir sa véritable signification. Peut-être devons-nous, à travers ce que le cardinal Ratzinger a appelé une « réforme de la réforme »,  corriger certaines pratiques ou récupérer certains éléments que nous avons perdus. Peut-être que certains aspects nécessiteraient d’être travaillées selon la dynamique  d’enrichissement mutuel que suggérait Benoît XVI.

Par-dessus tout, nous devons promouvoir un authentique renouveau liturgique dans toute sa richesse et sa diversité catholiques. Nous devons promouvoir la liturgie telle que l'Eglise nous la donne, ce que les Pères et les Papes du Concile Vatican II ont désiré.

Ce travail liturgique ne peut pas être laissé de côté comme s’il s’agissait d’une préoccupation marginale. La liturgie n'est pas une question périphérique pour l'Eglise. Comme le cardinal Ratzinger l’écrivait en 1997: « la vraie célébration de la sainte Liturgie est le centre de tout renouvellement de l'Église. » Et comme Sacrosanctum concilium nous l’enseigne, la sainte Liturgie est le «Culmen et fons », « la source et le sommet » de la vie et la mission de toute l'Eglise (cf. n. 10).

Chers amis, la liturgie n'est pas un passe-temps pour les spécialistes. Elle est au centre de tous nos engagements en tant que disciples de Jésus-Christ. Cette réalité profonde ne peut pas être surestimée. Nous devons reconnaître la primauté de la grâce dans notre vie chrétienne, et nous devons respecter le fait que, pour un chrétien, c’est dans la sainte Liturgie que la rencontre avec le Christ se réalise de la manière la plus haute.

En tant qu'évêque il est de mon devoir de faire tout mon possible pour promouvoir la nouvelle évangélisation engagée par le bienheureux Jean-Paul II. Je tiens à affirmer très clairement que la nouvelle évangélisation doit être fondée sur la célébration fidèle et féconde de la sainte liturgie telle que nous la recevons de l’Eglise dans sa tradition orientale et occidentale.

Pourquoi? Parce que c'est dans la liturgie que nous recevons l'action salvifique de Jésus-Christ dans son Eglise aujourd'hui d'une manière que nous ne rencontrons nulle part ailleurs. Dans la liturgie, le Christ nous touche, nous nourrit et nous guérit. Il nous renforce et nous conduit par des grâces particulières. Quand nous prions liturgiquement, nous le faisons en communion avec toute l'Église, des présents, des absents, des vivants ou des morts. Bien sûr, il y a d'autres pratiques spirituelles bonnes et de grande valeur, mais aucune ne bénéficie de l'objectivité et de l'efficacité singulière de la liturgie (cf. Sacrosanctum concilium, n. 7).

La nouvelle évangélisation n'est pas une idée ni un programme : c'est une nécessité que chacun de nous parvienne à connaître plus profondément la personne du Christ et, ce faisant, devienne davantage capable de conduire les autres vers Lui. Pour cela, le meilleur moyen est de commencer par la sainte Liturgie, et si elle n’est pas célébrée correctement de quelque manière que ce soit, ou si  je n’y suis pas convenablement préparé, cette rencontre avec le Christ sera entravée, la nouvelle évangélisation en souffrira. 

C'est pourquoi notre célébration de la liturgie est si importante. Nous devons laisser le plus de place possible à l'action du Christ dans la liturgie, et non pas la limiter. Si je change ou refonde la liturgie de l'Église selon mes propres désirs ou une idéologie subjective, comment puis-je être sûr que ce que je fais est en vérité son oeuvre? Alors que, si je célèbre fidèlement ce que l'Église nous a donné – et que je le célèbre aussi magnifiquement que possible - je puis être assuré de me mettre au service de l'action du Christ, d’être un ministre de ses mystères sacrés et non pas un obstacle sur son chemin (cf. Mt 16, 23). Chacun d'entre nous, ministres ordonnés, religieux et laïcs, est appelé à cette fidélité et à ce respect pour le Christ, pour son Eglise et pour ses rites liturgiques. 

Et c'est pourquoi la formation liturgique est cruciale. Je dois obtenir « de l'intérieur » en quelque sorte, la conviction que le Christ est en effet à l'œuvre dans les rites sacrés de l'Église. Je dois me plonger dans cette dynamique privilégiée et découvrir ses chemins. Cela m'amènera à la personne de Jésus Christ, encore et encore. Et cela me permettra de porter le Christ aux autres.

La formation, la célébration liturgique et la mission de l'Église sont toutes  les trois intrinsèquement liées. C'est pourquoi nous sommes ici : pour examiner cette relation et examiner sa signification et son importance pour l'Église au début du XXIe siècle. Si nous le faisons bien, nous construirons vraiment des bases très-solides pour la nouvelle évangélisation.

Sacra Liturgia 2013 n’aurait pas pu  avoir lieu  sans le soutien de nombreuses personnes. Je suis grandement reconnaissant envers le  recteur de la belle basilique de St-Apollinaire, Mgr Pedro Huidobro, de bien vouloir nous accueillir. Je suis également profondément reconnaissant envers  nos nombreux soutiens pour leur aide matérielle : les Chevaliers de Colomb, Ignatius Press, CIEL Royaume-Uni, Granda, The Cardinal Newman Society, Human Life International, De Montfort Musique, Arte Poli, Una Voce international, Ars Sacra, La Nef, Libreria Leoniana et Editions Artège. Pour l'accueil qui nous a été réservé ici à l'université pontificale Santa Croce, pour ses excellentes installations, nous sommes tous redevables. De même, je remercie l'équipe des organisateurs et des bénévoles qui ont tant fait pour préparer cet événement.

Chers amis, nous sommes ici pour écouter, apprendre et partager les uns  avec les autres, mais nous sommes aussi ici pour prier - ici dans la basilique de Saint-Apollinaire et aussi avec le Saint Père, le Pape François, dans la basilique Saint-Pierre samedi. Si nous nous acquittons bien de tout cela, nous nous rapprocherons du  Christ que nous adorons dans la sainte liturgie, et nous serons en mesure de devenir les évangélisateurs dont notre monde a tant besoin.

Que Dieu bénisse nos efforts!

Je vous remercie.
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 22:09

Nos chers évêques n'ont pas entendu prendre part officiellement la campagne présidentielle en donnant de consigne de vote. Soit.

Nous les voyons aujourd'hui se succéder les uns aux autres pour dénoncer certains projets gouvernementaux, projets qui étaient clairement annoncés dans le projet Hollande.

Pourquoi Nosseigneurs n'ont-ils pas averti plus fortement nos concitoyens et même les catholiques plus tôt ? Seraient-ils les champions d'un combat perdu d'avance ? 

Simples questions.

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 08:58

Grâce au séminaire et à la figure du curé d'Ars, le diocèse limite le manque de prêtres. Mais comment rénover l'image de l'Église pour rassembler des brebis de plus en plus égarées ?

LE PROGRES du 15 mai 2010

Depuis le 8 mai et jusqu'au 23 mai, de drôles de paroissiens relient Ars à Belley en calèche. Des croix de bois sous les chasubles fluo et cette inscription sur la roulotte : « marche de l'Évangile ». Le soir, un clown fait rire les enfants sur le parvis, avant la messe et la veillée de prières. Parole : « si tu ne vas pas à l'église, l'Église viendra à toi ». Dieu et Lagardère, même combat.

Mission : impossible ? Comme les autres, le diocèse de Belley-Ars subit la crise des vocations. 64 curés pour 96 groupements de paroisses, c'est peu pour qui veut rassembler des brebis de plus en plus égarées. « J'ai vu des prêtres quitter le ministère parce qu'ils ne sont pas assez nombreux et que tout le poids de l'Église repose sur eux. Quant aux laïcs, ils sont souvent âgés et moins disponibles », explique le père Roger Hébert.

51 ans, originaire de Thil, cet abbé rabelaisien aurait pu jouer frère Tuck dans Robin des Bois. Ou envisager une carrière dans le foot, comme en atteste son passé de joueur et d'arbitre officiel. Ordonné en 1984, l'homme de terrain continue de pratiquer un jeu offensif. Ce qui lui vaut d'être nommé vicaire général du diocèse en 2006, en charge de l'évangélisation. À ce titre, il conduit la quinzaine de la mission.

« La crise est devenue plus aiguë dans les années 90. En France, certains diocèses n'ont pas eu d'ordinations depuis des années », dit-il. Avec trois ordinations par an, celui de Belley-Ars se garde d'une telle pénitence.

L'arrivée de Mgr Bagnard à l'Évêché et la création du séminaire d'Ars en 1988 ont évité la désaffection. « Autrefois, on accueillait beaucoup de gens sans racines, de jeunes qui avaient été refusés ailleurs. Beaucoup ont choisi ce diocèse à cause de la figure du curé d'Ars. »

Si l'Église de l'Ain pallie le manque de prêtres, son image ne s'est pas forcément améliorée sous la main de fer de Guy Bagnard. Les chrétiens d'ouverture lui reprochent son rigorisme, un repli vers la liturgie, l'adoration, la procession, initié par des cols romains trop amidonnés. Tout cela sous l'auréole du mystique Jean-Marie Vianney, son immense compassion mais aussi son ascèse doloriste, ses démêlées avec le Malin, son corps imputrescible et sa relique cardiaque. Bref, pas très « fun » et quelque peu obscur aux yeux des modernes.

« On a beaucoup exagéré le truc », estime Roger Hébert tout en reconnaissant que « cette incompréhension a abouti à une cassure avec l'Évêque ». Lequel aurait mis pas mal d'eau dans son vin ces derniers temps. « Le vrai pasteur est celui qui est capable de bouger. Si l'on ne va pas à moi, c'est peut-être à moi d'aller vers soi. » On y revient.

Au-delà de la crise des vocations, l'objet de la quinzaine de la mission est de rénover l'image de l'Église. « On a l'image qu'on se donne », affirme Roger Hébert. « Si elle est larmoyante, que l'on gémit sur nos difficultés, pas étonnant que les jeunes n'aient pas envie de nous rejoindre. »

L'évangélisation ? « Une histoire de pyromanes », selon le vicaire général. « Si nous, on n'a pas le feu sacré, comment voulez-vous que les gens s'engagent ? Comme les apôtres avaient reçu le feu du Saint-Esprit, à nous de le semer et de multiplier les foyers. »

Marc Dazy


REPERES

207 prêtres dans le diocèse de Belley-Ars. Dont 150 en activité, y compris les vicaires, aumoniers et ceux qui officient hors-diocèse.

64 curés en charge des 96 groupements paroissiaux de l'Ain.

101 projets initiés dans le diocèse jusqu'au 23 mai, dans le cadre de la quinzaine de la mission. « On a privilégié la méthode inductive » dit Roger Hébert. « Chacun a monté son projet. Miribel par exemple, privilégie l'accueil et l'explication à l'occasion de la première communion. Des jeunes de l'aumônerie de Bourg vont rencontrer ceux du skate park de la Vinaigrerie ».

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 12:00

Le pape Benoît XVI a nommé archevêque coadjuteur de l’archidiocèse de Montpellier, Mgr Pierre-Marie Carré, jusqu’à présent archevêque d’Albi.


Biographie de Mgr Pierre-Marie Carré

 

Fils de Joseph Carré, agriculteur, et de Madame, née Rachel Auxenfants, Mgr Pierre -Marie Carré est né le 22 Avril 1947 à Serques (Pas-de-Calais)


Formation

Mgr Pierre-Marie Carré a fait ses études au Petit séminaire à Agen et à Montauban, puis au grand séminaire de Bordeaux et à l’université pontificale grégorienne à Rome. Il est titulaire d’une licence de théologie et d’une licence d’Ecriture sainte à l’Institut biblique de Rome.

Il a été ordonné prêtre le 7 septembre 1974 pour le diocèse d’Agen (Lot-et-Garonne).

Ministères

1980-1989 Supérieur du séminaire interdiocésain de Poitiers, 1er cycle.

1989-1993 Supérieur du séminaire interdiocésain de Bordeaux, 2e cycle.

1993-1995 Curé du secteur paroissial d’Astaffort (Lot-et-Garonne) et Vicaire épiscopal

chargé de la formation permanente des laïcs.

1995-1996 Vicaire général pour le diocèse d’Agen,

1996-1997 Administrateur diocésain d’Agen 

1997- 2000 Vicaire général pour le diocèse d’Agen. 

Depuis 2000 Archevêque d’Albi

 

Mgr Pierre-Marie Carré est président de la Commission doctrinale au sein de la Conférence des évêques de France.

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 07:36

suivi du communiqué du conseil presbytéral sur l'émission "les infiltrés" du 27 avril 2010

1) L’émission « Les Infiltrés » sur F2 fait entendre des paroles intolérables de haine, d’appel au meurtre et de violence. Elle retransmet également des propos antisémites, racistes et islamophobes. Ces propos ont été tenus, même si la manière de les recueillir pose quelques problèmes de déontologie journalistique. Ils doivent être condamnés avec la plus grande netteté. Nous sommes aux antipodes de l’enseignement du Christ dans l’Evangile.

2) Cette émission veut mettre en évidence les liens étroits qui existeraient entre ceux qui tiennent ces propos (militants du mouvement Dies Irae et jeunes de l’Ecole privé sans contrat Saint Projet) et l’Institut du Bon Pasteur. C’est sa thèse. Qu’il y ait eu des contacts entre ces jeunes politisés et des prêtres de la paroisse Saint Eloi, c’est certain. De plus, le prêtre qui s’occupe de l’école est responsable aussi de l’ambiance qui y règne, que ce soit au niveau des adultes ou des jeunes. Faut-il dire que les responsables de la paroisse Saint Eloi sont d’accord avec les propos tenus ? Je ne le crois pas. Eux-mêmes d’ailleurs le nient fermement. Je parlerais plutôt de manque fort regrettable de vigilance. Chez certains fidèles il s’agit d’influence de courants provenant d’une traditionnelle extrême-droite catholique.

3) L’accueil dans l’Eglise diocésaine de l’Institut du Bon Pasteur implique une communion avec les autres composantes de l’Eglise de Gironde qui sont appelées à vivre de l’Evangile et à traduire dans des actes l’engagement que l’Eglise catholique a pris à Vatican II vis-à-vis des chrétiens des autres confessions chrétiennes, des juifs, des membres des autres religions et des hommes de bonne volonté. Il ne peut y avoir de contre-témoignage en ce domaine. L’Institut devra rester vigilant sur ce point. Les actes doivent accompagner les déclarations. Il en va de la vérité et de la santé des liens de cet Institut avec l’Eglise diocésaine.

4) Pour aider à cette communion et à cette vigilance, je mets en place une commission de relation avec les responsables de la paroisse de Saint Eloi. Elle aura pour tâche de veiller à la communication entre ceux-ci et les autres instances du diocèse. Elle sera chargée de traiter les contentieux éventuels. 

5) Dans sa rencontre des 4 et 5 mai, le Conseil presbytéral, est revenu sur ces événements et a rendu publique, avec mon accord, la déclaration ci-jointe. J’ai demandé à son Bureau de rencontrer avec moi les responsables de la paroisse Saint Eloi, pour leur faire part de l’expression des membres de ce Conseil et de l’émotion de beaucoup de catholiques bordelais.


Le conseil presbytéral du diocèse de Bordeaux (40 prêtres délégués par leurs pairs réuni autour de leurs évêques) a été scandalisé par les images et les propos tenus lors de l’émission "les infiltrés" de France 2 et tient à faire la déclaration suivante :

Même si l’émission « les infiltrés » n’est pas sans nous poser question en particulier sur le plan éthique, il n’empêche que nous devons à une chaîne du service public qu’une partie du voile se lève sur les convictions dissimulées et les incitations à la haine et à la violence d’un certain nombre de fidèles des courants traditionalistes et de leurs institutions.

Certes nous ne voulons pas faire d’amalgame mais, au nom de notre fidélité à Jésus-Christ, nous ne pouvons pas nous taire. Nous souffrons que notre foi catholique soit à ce point instrumentalisée à des fins idéologiques et politiques. Nous dénonçons l’antisémitisme et toutes les formes de ségrégation religieuse, raciale ou culturelle. Les actes de bienveillance et d’accueil n’ont pas manqué à l’égard de l’Institut du Bon Pasteur et de la paroisse St Eloi. Il nous semble qu’aujourd‘hui des limites doivent être posées, pour ne pas courir le risque de perdre le sens de la communion et de la vérité du message évangélique. 

Nous sommes persuadés que le véritable enjeu ne se réduit pas à la messe en latin ou en français ni à la forme du rite. Nul ne peut ignorer les complicités politiques d’extrême droite de certaines personnes des courants traditionalistes. Celui qui utilise le nom de Dieu comme arme pour justifier ses propres idées tourne le dos à l’Evangile.

Nous partageons la préoccupation du pape de tendre la main à ceux qui ont quitté l’Eglise et de chercher des chemins de réconciliation et d’unité « dans la charité et la vérité ». Bien des initiatives ont eu lieu dans ce sens, qui offrent à nos frères traditionalistes des signes de bienveillance, sans vraie contrepartie de leur part. Car les seuls échos qui nous reviennent manifestent la prétention de personnes sûres d’incarner la seule vraie tradition de l’Eglise. 

Le pape Benoît XVI a rappelé à maintes reprises la continuité du Concile Vatican 2 avec la tradition de l’Eglise. C’est dans cette perspective que nous sommes heureux de réaffirmer notre joie d’être prêtres aujourd’hui.

Nous prenons acte de la déclaration de l’Institut du Bon Pasteur contestant tout lien avec quelque mouvance politique. Mais aujourd’hui cette seule déclaration ne suffit pas. 


Bordeaux le 5 Mai 2010
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 11:51

http://www.la-croix.com/mm/illustrations/Multimedia/Actu/2008/11/9/mgr-podvin_inline.jpgMgr Bernard Podvin répond aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

Un entretien à réécouter  en cliquant ici.

Cela dit, cela ne respire pas la verticalité...

 
 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 21:52

http://info.rsr.ch/xobix_media/images/rsr/2010/tasent_20100413-000000-230x165-005.jpgEncore une intervention odieuse de Mgr Gaillot au micro de la Radio Suisse Romande, intervention qui pose une fois encore la question de savoir ce que l'Eglise gagne à conserver à ce prélat son titre d'évêque, même de Partenia. Quitte à vider les écuries d'Augias, autant aller jusqu'au bout.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 09:16

 

« Rome a parlé »

 

Monseigneur Nourrichard se plaît à dire que « Rome » a parlé, et que la Congrégation pour le clergé a confirmé sa décision.

 

C'est aller un peu vite en besogne. Non la Congrégation n'a en rien confirmé sa décision, elle répond simplement que le recours de l'abbé est juridiquement rejeté. Elle ne répond absolument pas au problème de fond, à savoir l'intérêt pastoral, l'intérêt des âmes. Elle répond sur le plan purement administratif.

 

Or sur le terrain, cette décision de l'évêque d'Evreux reste insoluble :

- les fidèles ne reconnaissent pas Jean Vivien pour leur curé, ne se retrouvent pas dans sa « pastorale » ;

- et ils veulent garder leur curé, l'abbé Michel, celui qui les guide depuis plus de 20 ans, a partagé leurs joies et leurs peines, comme « le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent » (Jn X, 11-18)

 

Monseigneur appelait au dialogue, mais un dialogue demande que l'interlocuteur écoute. Aujourd'hui les fidèles de Thiberville n'ont toujours pas été entendus. A la voix plaintive des « brebis », il ne répond jusqu'à ce jour que par l'obéissance et la menace.

 

Qu'il nous soit permis de rappeler à Monseigneur que le 23 avril 2004 et le 22 février 2007, Rome a parlé ! Nous aimerions voir le zèle intrépide d'un successeur des Apôtres dans l'application de l'instruction Redemptionis Sacramentum, rappelant l'importance de l'application rigoureuse des normes officielles dans la liturgie, et à nouveau dans l'exhortation Sacramentum Caritatis. Le silence assourdissant dans ce domaine sous-entendrait que tous les prêtres du diocèse appliquent fidèlement les directives romaines sur la liturgie et proposent à leurs fidèles LA liturgie romaine authentique... Qu'il nous soit permis d'en douter, car il suffit de quitter de quelques kilomètres le secteur de Thiberville pour être témoin du contraire.

 

Alors oui, « Rome a parlé »... mais il serait bon de ne pas écouter que ce qui arrange... Aujourd'hui l'abbé Michel donne à ses fidèles ce que le Peuple de Dieu est en droit d'attendre de son prêtre, et ces derniers ne sont pas disposés à l'abandonner ! Si Monseigneur pense que l'affaire sera réglée par décret, si Monseigneur s'en tient à l'état « administratif » du problème... alors bien loin d'une solution, nous nous trouvons dans une impasse dont il lui faudra assumer les conséquences.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 21:49

Nous parlons trop de Golias. J'en suis certain.

Mais quand ce torche-fesses s'en prend au milieu catholique traditionnel, il est difficile de ne pas réagir. C'est notamment le cas dans cet ignoble "article" pondu par les sbires de M. Terras, qui a pour titre "La pédophilie du clergé en sourdine". Bon an mal an, ces salopards de Golias (je ne trouve pas d'autre nom) s'en prennent au clergé Tradilandais, et à ses ouailles, en sous-entendant que nous pourrions nous taire tout en "sachant". 

Il y a quelques années la Conférence des Evêques de France avait jugé opportun de condamner cette revue. Il me semblerait opportun de renouveler publiquement et médiatiquement cette condamnation. Cela ne fera de mal à personne. Au moins quand même nos concitoyens pourront-ils savoir que lorsque les medias nous présentent Monsieur Terras comme un analyste sérieux, ils se moquent de nous sinon d'eux-mêmes.

XA

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 14:43

Monseigneur Rouet dans ses oeuvres. Tout simplement terrifiant. C'est mon ami, l'abbé Michel Durand, qui va être content...

"L'Eglise est menacée de devenir une sous-culture"

 

LEMONDE | 03.04.10 | 13h41  •  Mis à jour le 03.04.10 |

 Archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet est l'une des figures les plus libres de l'épiscopat français. Son ouvrage J'aimerais vous dire (Bayard, 2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à plus de 30 000 exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La Procure, ce livre d'entretiens porte un regard assez critique sur l'Eglise catholique. A l'occasion de Pâques, Mgr Rouet livre ses réflexions sur l'actualité et son diagnostic sur son institution.

L'Eglise catholique est secouée depuis plusieurs mois par la révélation de scandales de pédophilie dans plusieurs pays européens. Cela vous a-t-il surpris ? 

Je voudrais d'abord préciser une chose : pour qu'il y ait pédophilie, il faut deux conditions, une perversion profonde et un pouvoir. Cela signifie que tout système clos, idéalisé, sacralisé est un danger. Dès lors qu'une institution, y compris l'Eglise, s'érige en position de droit privé, s'estime en position de force, les dérives financières et sexuelles deviennent possibles. C'est ce que révèle cette crise, et cela nous oblige à revenir à l'Evangile ; la faiblesse du Christ est constitutive de la manière d'être de l'Eglise.

En France, l'Eglise n'a plus ce type de pouvoir ; cela explique qu'on est face à des fautes individuelles, graves et regrettables, mais que l'on ne connaît pas une systématisation de ces affaires.

Ces révélations surviennent après plusieurs crises, qui ont jalonné le pontificat de Benoît XVI. Qui malmène l'Eglise ? 

Depuis quelque temps, l'Eglise est battue d'orages, externes et internes. On a un pape qui est plus théoricien qu'historien. Il est resté le professeur qui pense que quand un problème est bien posé, il est à moitié résolu. Mais dans la vie, ce n'est pas comme cela ; on se heurte à la complexité, à la résistance du réel. On le voit bien dans nos diocèses, on fait ce qu'on peut ! L'Eglise peine à se situer dans le monde tumultueux dans lequel elle se trouve aujourd'hui. C'est le coeur du problème.

Au-delà, deux choses me frappent dans la situation actuelle de l'Eglise. Aujourd'hui, on y constate un certain gel de la parole. Désormais, le moindre questionnement sur l'exégèse ou la morale est jugé blasphématoire. Questionner ne va plus de soi, et c'est dommage. Parallèlement, règne dans l'Eglise un climat de suspicion malsain. L'institution fait face à un centralisme romain, qui s'appuie sur tout un réseau de dénonciations. Certains courants passent leur temps à dénoncer les positions de tel ou tel évêque, à faire des dossiers contre l'un, à garder des fiches contre l'autre. Ces comportements s'intensifient avec Internet.

En outre, je note une évolution de l'Eglise parallèle à celle de notre société. Celle-ci veut plus de sécurité, plus de lois, celle-là plus d'identité, plus de décrets, plus de règlements. On se protège, on s'enferme, c'est le signe même d'un monde clos, c'est catastrophique !

En général, l'Eglise est un bon miroir de la société. Mais aujourd'hui, dans l'Eglise, les pressions identitaires sont particulièrement fortes. Tout un courant, qui ne réfléchit pas trop, a épousé une identité de revendication. Après la publication de caricatures dans la presse sur la pédophilie dans l'Eglise, j'ai eu des réactions dignes des intégristes islamistes sur les caricatures de Mahomet ! A vouloir paraître offensif, on se disqualifie.

Le président de la conférence épiscopale, Mgr André Vingt-Trois l'a redit à Lourdes le 26 mars : l'Eglise de France est marquée par la crise des vocations, la baisse de la transmission, la dilution de la présence chrétienne dans la société. Comment vivez-vous cette situation ? 

J'essaie de prendre acte que nous sommes à la fin d'une époque. On est passés d'un christianisme d'habitude à un christianisme de conviction. Le christianisme s'était maintenu sur le fait qu'il s'était réservé le monopole de la gestion du sacré et des célébrations. Face aux nouvelles religions, à la sécularisation, les gens ne font plus appel à ce sacré.

Pour autant, peut-on dire que le papillon est "plus" ou "moins" que la chrysalide ? C'est autre chose. Donc, je ne raisonne pas en termes de dégénérescence ou d'abandon : nous sommes en train de muter. Il nous faut mesurer l'ampleur de cette mutation.

Prenez mon diocèse : il y a soixante-dix ans, il comptait 800 prêtres. Aujourd'hui il en a 200, mais il compte aussi 45 diacres et 10 000 personnes impliquées dans les 320 communautés locales que nous avons créées il y a quinze ans. C'est mieux. Il faut arrêter la pastorale de la SNCF. Il faut fermer des lignes et en ouvrir d'autres. Quand on s'adapte aux gens, à leur manière de vivre, à leurs horaires, la fréquentation augmente, y compris pour le catéchisme ! L'Eglise a cette capacité d'adaptation.

De quelle manière ? 

Nous n'avons plus le personnel pour tenir un quadrillage de 36 000 paroisses. Soit l'on considère que c'est une misère dont il faut sortir à tout prix et alors on va resacraliser le prêtre ; soit on invente autre chose. La pauvreté de l'Eglise est une provocation à ouvrir de nouvelles portes. L'Eglise doit-elle s'appuyer sur ses clercs ou sur ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu'il faut faire confiance aux laïques et arrêter de fonctionner sur la base d'un quadrillage médiéval. C'est une modification fondamentale. C'est un défi.

Ce défi suppose-t-il d'ouvrir le sacerdoce aux hommes mariés ?

Non et oui ! Non, car imaginez que demain je puisse ordonner dix hommes mariés, j'en connais, ce n'est pas ça qui manque. Je ne pourrais pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.

Par contre, si on change la manière d'exercer le ministère, si son positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut envisager l'ordination d'hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu'ils deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se replier sur eux-mêmes.

C'est à lui de leur rappeler que l'on est chrétien pour les autres, pas pour soi ; alors il présidera l'eucharistie comme un geste de fraternité. Si les laïques restent des mineurs, l'Eglise n'est pas crédible. Elle doit parler d'adulte à adulte.

Vous jugez que la parole de l'Eglise n'est plus adaptée au monde. Pourquoi ? 

Avec la sécularisation, une "bulle spirituelle" se développe dans laquelle les mots flottent ; à commencer par le mot "spirituel" qui recouvre à peu près n'importe quelle marchandise. Il est donc important de donner aux chrétiens les moyens d'identifier et d'exprimer les éléments de leur foi. Il ne s'agit pas de répéter une doctrine officielle mais de leur permettre de dire librement leur propre adhésion.

C'est souvent notre manière de parler qui ne fonctionne pas. Il faut descendre de la montagne et descendre dans la plaine, humblement. Pour cela il faut un énorme travail de formation. Car la foi était devenue ce dont on ne parlait pas entre chrétiens.

Quelle est votre plus grande inquiétude pour l'Eglise ? 

Le danger est réel. L'Eglise est menacée de devenir une sous-culture. Ma génération était attachée à l'inculturation, la plongée dans la société. Aujourd'hui, le risque est que les chrétiens se durcissent entre eux, tout simplement parce qu'ils ont l'impression d'être face à un monde d'incompréhension. Mais ce n'est pas en accusant la société de tous les maux qu'on éclaire les gens. Au contraire, il faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions de gens meurent de faim. C'est à nous d'apprivoiser le monde et c'est à nous de nous rendre aimables.

Propos recueillis par Stéphanie Le Bars

Article paru dans l'édition du 04.04.10 

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Published by XA - dans Evêques
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