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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 08:48

Le mariage des prêtres n'est pas pour demain

Les affaires de pédophilie ont relancé le débat, mais l'Eglise latine n'est pas prête à revenir sur le célibat des prêtres. Cette règle n'a pourtant pas toujours existé et n'est même pas universelle.

Vendredi 16 Avril 2010 - Slate.fr

La plaisanterie a fait depuis longtemps le tour des sacristies: au prochain concile Vatican III - dans un avenir très incertain - , «les évêques viendront avec leur femme». A Vatican IV, «les évêques viendront avec leur mari». Traduction: l'Eglise catholique acceptera bien un jour, dans un premier temps, que les prêtres et les évêques soient mariés; dans un deuxième que des femmes soient ordonnées prêtres, puis évêques. Soit deux réformes que les milieux catholiques progressistes, soutenus par de larges courants d'opinion, invoquent en vain depuis des décennies, mais qui apparaissent aujourd'hui inimaginables, sauf à rêver à une révolution au sommet de l'Eglise que rien ne laisse présager.

Même si des voix, comme celle du théologien contestataire Hans Küng, relient la perversion pédophile de certains prêtres à l'obligation du célibat, plus généralement à leur mal-être sexuel, ce n'est pas l'actuelle tempête que traverse l'Eglise qui incitera celle-ci à changer sa règle. Pour au moins trois raisons: primo, elle n'a pas l'habitude d'agir sous pression; secundo, les statistiques prouvent que la très grande majorité des actes pédophiles sont commis au sein de la structure familiale par des gens mariés; tertio, aucun argument, fût-il plus persuasif - comme la chute vertigineuse des vocations sacerdotales et religieuses - ne semble de nature à convaincre l'Eglise de sacrifier l'une de ses plus anciennes traditions, celle de l'abstinence sexuelle de ses clercs.

Cette tradition consiste à dire que le célibat rend le prêtre - qui en prend l'engagement devant son évêque le jour de son ordination - totalement disponible à Dieu et à son ministère. Outre le prêtre, elle vaut aussi pour le religieux «apostolique» (un jésuite, un franciscain, etc...) ou «contemplatif» (un moine) qui, devant son supérieur, le jour de sa «profession définitive», prononce ses trois vœux de «chasteté», d'«obéissance» et de «pauvreté». Cette règle, qui n'existe pas dans les autres Eglises anglicane, protestantes, orthodoxe (sauf pour les évêques orthodoxes qui doivent toujours être recrutés parmi les moines qui ont fait vœu de chasteté), provoque beaucoup de souffrances et décourage sans doute beaucoup de vocations. Elle est régulièrement violée. Depuis les années 1970, sur 400.000 prêtres dans le monde, on estime à quelques dizaines de milliers le nombre de ceux qui ont quitté le sacerdoce et se sont mariés. De même, en Amérique latine, en Afrique, mais aussi en Occident, les liaisons clandestines, hétérosexuelles ou homosexuelles, sont pratique courante dans le clergé.

Pourtant, l'Eglise continue de faire du célibat des prêtres une sorte de dogme, c'est-à-dire une vérité de foi à prendre ou à laisser, alors qu'il n'est qu'une décision d'ordre disciplinaire, propre au catholicisme de rite latin, et non d'ordre doctrinal. Une discipline qui a varié dans le temps et dans l'espace. C'est à partir du Vème siècle, sous la pression du corps monastique tenu à l'abstinence sexuelle, que le statut du prêtre - qui pouvait jusqu'alors être marié - a commencé à être encadré. Mais des hommes mariés ont continué à être ordonnés prêtres et évêques jusqu'au XIIème siècle. C'est le premier concile du Latran (1123-1139) qui a déclaré invalides les mariages contractés par les prêtres après leur ordination et décrété que les candidats mariés ne pouvaient plus recevoir les ordres sacrés.

En outre, cette obligation du célibat n'est limitée qu'à l'Eglise latine d'Occident. Dans toutes les Eglises d'Orient, y compris celles qui sont sous la juridiction du pape de Rome - comme les maronites du Liban ou les coptes catholiques d'Egypte -, des hommes mariés peuvent être ordonnés prêtres. Mais ils ne peuvent plus se marier une fois ordonnés et, comme dans l'orthodoxie, leurs évêques sont toujours choisis parmi les moines célibataires. Mais dans l'Eglise latine elle-même, la règle du célibat souffre d'exceptions. On y rencontre des prêtres mariés: des pasteurs luthériens ou des prêtres anglicans mariés convertis au catholicisme; des transfuges d'Eglises orientales venus en Occident avec leurs épouses; des prêtres résistants au communisme (surtout dans l'ex-Tchécoslovaquie) mariés pour cause de clandestinité forcée, dont la situation a été régularisée depuis.

Comme pour mettre fin à un débat régulièrement rouvert, cette obligation de l'abstinence sexuelle, dans la tradition latine du catholicisme, a été rappelée avec constance par tous les papes jusqu'aux derniers: au concile Vatican II (1962-1965); dans une encyclique de Paul VI en 1967 qui fait l'éloge du célibat sacerdotal; dans une lettre apostolique de Jean Paul II de 1992 écrivant qu'«aucun doute ne doit être laissé sur la ferme volonté de l'Eglise de maintenir la loi qui exige le célibat librement choisi et perpétuel pour les candidats à l'ordination sacerdotale». Benoît XVI n'a jamais dit autre chose. Il écrivait en 2007: «Le fait que le Christ lui-même ait vécu sa mission dans l'état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l'Église latine sur cette question. Il n'est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même».

Autrement dit, le célibat est considéré comme le moyen, pour le prêtre, de réaliser son «don total» au Christ et à l'Eglise. Il est fondé sur l'appel de Jésus-Christ demandant à ses disciples de «tout quitter pour le suivre» (Evangile de Luc, V, 11), de se libérer de toute contrainte sexuelle, familiale, sociale pour se consacrer à un idéal supérieur. Mais c'est une loi imprudente et sévère: les prêtres mariés des premiers siècles de l'Eglise étaient-ils moins valides, moins consacrés au service de Dieu que les prêtres célibataires d'aujourd'hui? Et les prêtres mariés des Eglises orientales sont-ils moins valides que les prêtres célibataires de l'Eglise latine? Ce qui fut possible et moral à une époque du catholicisme doit-il être considéré comme impossible et immoral aujourd'hui?

Autant de questions que ressassent les partisans d'un changement de la règle, pour qui le choix devrait être laissé aux candidats à la prêtrise, avant leur ordination, entre le célibat et le mariage. Le concile Vatican II a restauré le diaconat permanent (dernier stade avant la prêtrise) pour des hommes mariés. N'est-il pas temps d'en faire autant pour les prêtres? Il ne s'agirait pas de marier les prêtres célibataires actuels, mais de permettre l'accès au sacerdoce à des hommes qui, mariés ou non, ont fait la preuve - d'où l'expression latine, souvent employée dans ce débat, de viri probati - d'une conviction chrétienne authentique et manifesté leur aptitude à recevoir un jour l'ordination, si le pape et les évêques le décident. Cette idée fait depuis longtemps son chemin parmi des évêques et les théologiens. Il ne serait pas besoin d'un concile pour en trancher, puisque, on l'a dit, le célibat n'est pas un acte de foi, mais une simple discipline. Mais elle est fermement verrouillée par Rome, et encore pour très longtemps.

Henri Tincq

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:34

Siz ix 15 avril 2010Je publiais sur ce blog il y a deux ans une information passée dans le funeste et feu-LYON MAG au sujet de la construction à venir d'une église à Vaulx-en-Velin (voir ici). A l'époque, le budget annoncé pour la construction de cet édifice s'élevait à 2,5 millions d'euros. Deux ans plus tard, dans un communiqué émanant cette fois de l'archevêché, on apprend que le budget s'élève désormais à 4 millions de la même monnaie. Mine de rien, cela fait une sacrée différence. 1,5 millions d'euros, c'est dix millions de nos anciens francs. C'est un dépassement de plus de 50% du budget prévisionnel. C'est énorme, non ? Certes, la crise est passée par là, mais les prix des architectes et des entreprises de BTP ont-ils flambé à ce point ?

XA

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 14:53

UNE NOUVELLE ÉGLISE À VAULX-EN-VELIN : POSE DE LA PREMIERE PIERRE LE 30 AVRIL 2010

 

Vendredi 30 avril à midi, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, donnera le coup d’envoi de la construction de l’église Saint-Thomas dans le centre ville de Vaulx-en-Velin (avenue Picasso). Projet emblématique parmi les chantiers immobiliers du diocèse, cette initiative, rarissime pour la France de 2010, s’inscrit dans un contexte singulier, en réponse aux besoins d’une assemblée chrétienne dynamique, jeune et familiale. Alors que 210 familles assyro-chaldéennes se sont installées sur la commune depuis 1990 (soit environ 800 personnes) et que la paroisse compte plus de 25 nationalités différentes, la communauté chrétienne y est un exemple d’intégration réussie et de croissance.

 

« Ici, nous souhaitons bâtir une église digne de ce nom, un édifice reconnaissable, simple et beau où les catholiques de ce secteur puissent se rassembler et se sentir chez eux, souligne le cardinal Philippe Barbarin. Nous lançons ce chantier en plein accord avec la municipalité qui voit dans cette construction un facteur de paix sociale. »

 

À cette occasion, une croix sera symboliquement plantée sur un tumulus de pierre dans le jardin du centre paroissial.

 

Rappel de la genèse du projet 

Siz-ix-15-avril-2010.jpgLa future église a fait l’objet d’un concours auprès de plusieurs architectes en octobre 2007. C’est l’agence Siz’-ix qui a été retenue pour son projet contemporain, priant et accueillant.

À terme, l’édifice, à l’échelle du quartier, pourra accueillir 450 personnes sans compter quelques salles paroissiales, bureaux et logements sur une surface de 1 300 m².

La construction du gros œuvre démarrera effectivement en juin 2010 pour environ 14 mois.  Si la livraison est prévue pour l’été 2011, l’église ne devrait pas être inaugurée avant avril 2012. Le coût global de l’église de Vaulx-en-Velin n’excèdera pas les 4 millions d’euros (plus de la moitié des besoins a déjà été réunie par le diocèse de Lyon. Reste à financer 1,6 millions d’euros).

Précédent article publié sur Agoramag à lire en cliquant ici.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 14:00

 

Du 10 avril au 23 mai, ostension du Linceul de Turin

http://www.comune.torino.it/torinoplus/files/Image/arteemusei/arteemusei-60.jpgYves Saillard, membre du Centre international d’études sur le Linceul de Turin (CIELT), docteur 3e cycle en physique théorique, physicien nucléaire, a consacré, à la demande de la commission diocésaine de Turin, un important travail à l’origine de l’image du Saint-Suaire. Image dont on voudrait nous faire croire qu’elle a pu être faite de main d’homme… L’étude d’Yves Saillard paraît en italien, dans un ensemble de travaux scientifiques couvrant toute l’étendue des questions liées au Linceul, dans un livre publié par le diocèse de Turin à l’occasion de l’ostension 2010. Tous ces travaux ont été revus par le Centre international de sindonologie de Turin. L’origine de l’image n’est évidemment qu’un aspect de la question. Mais elle fait partie de ces données déterminantes qui permettent de conclure à l’authenticité de la relique la plus émouvante et la plus exceptionnelle de la Chrétienté. Yves Saillard nous a proposé un résumé de sa contribution au livre qui accompagnera l’ostension voulue par Benoît XVI. En ce Samedi saint où nos regards sont portés sur le visage du Crucifié, dans l’attente de sa Résurrection glorieuse, le Linceul apparaît comme un témoin dont Yves Saillard rappelle le sérieux et la fiabilité.

La version intégrale de son article sera publiée ultérieurement par le CIELT. – Jeanne Smits

La première photographie du Saint-Suaire de Turin en 1898 a totalement renouvelé la question de son authenticité. En effet, alors que la double silhouette humaine visible sur le drap présente un aspect étrange et peu compréhensible, son négatif photographique a révélé le portrait réaliste d’un homme grandeur nature vu de face et de dos.

Ce portrait est d’une grande sobriété et d’une beauté remarquable. Le visage de cet homme dégage une simplicité majestueuse, inégalée dans les œuvres d’art. Les plaies et les taches de sang correspondent aux blessures de la passion, flagellation, couronne d’épines, crucifixion, coup de lance au côté. Il évoque irrésistiblement le Christ, et il est rapidement devenu célèbre dans le monde entier.

On a donc découvert que l’image visible sur le Saint-Suaire était un négatif photographique, dont il suffisait d’inverser les teintes (le blanc devenant noir et vice versa) pour obtenir un véritable portrait. C’est incontestablement la plus ancienne image négative de l’histoire, survenue bien avant l’invention de la photographie.

Cette découverte posait sérieusement la question de l’origine de l’image puisqu’elle écartait la possibilité qu’elle ait été faite par un artiste médiéval. Attribuer à cet artiste une œuvre qu’il ne pouvait ni voir ni comprendre est aussi dépourvu de sens que d’attribuer un portrait de qualité à un aveugle de naissance.

Cent ans après, l’explication de l’image n’a toujours pas été obtenue. Il semble même que la perspective s’en éloigne davantage, à la suite des découvertes plus récentes du STURP. Avant d’étudier les possibilités d’explication, il convient de bien comprendre la nature de l’image. Passons en revue ses principaux caractères actuellement connus.

Nous avons déjà indiqué la négativité, et les qualités réalistes et esthétiques du négatif. Précisons que le réalisme du portrait signifie d’abord qu’il est interprétable comme l’apparence visible d’une personne si elle était éclairée par des sources lumineuses. Physiquement, cette apparence visible est constituée par l’intensité lumineuse réfléchie par le corps.

L’image est très pâle et peu contrastée, mais cependant très nuancée à la limite de la perception visuelle. Sa résolution est d’environ 0,5 cm.

L’intensité de l’image est dans une certaine mesure mathématiquement corrélée au relief du corps. On dit que l’image est tridimensionnelle. Cela permet de reconstituer la forme du corps par calcul informatique. On doit signaler que sans traitement informatique spécial, les formes obtenues ressemblent plutôt à un bas-relief, assez irrégulier à petite échelle, qu’à une statue. Cependant la présence d’un relief juste est indéniable. On a vérifié qu’un artiste sans entraînement n’était pas capable de donner cette qualité de relief à son portrait d’un visage.

Les examens du STURP en 1978 ont permis de découvrir la surprenante structure microscopique de l’image. L’image provient de certaines fibres colorées, réparties de façon aléatoire à la surface des fils du tissu. Toutes les fibres colorées ont une coloration identique, la teinte d’un point de l’image dépend du nombre de fibres colorées par unité de surface. L’image est ainsi de nature statistique, elle est un mélange de seulement deux teintes différentes. Précisons que le diamètre des fils va de 0,14 mm à 0,25 mm, et celui des fibres est d’environ 0,01 mm. Il est évidemment impossible qu’un artiste médiéval ait agi à un tel niveau de précision. Il est intéressant de remarquer que cette structure a une certaine analogie avec les photographies. Comme le Saint-Suaire, les photos noir et blanc ne sont faites que de deux couleurs, le noir des grains d’argent microscopique, et le blanc de fond du film. La teinte grise d’un point de la photo dépend du nombre de grains d’argent noircis présents à cet endroit.

La coloration des fibres est sans doute due à un léger changement de la structure moléculaire de la cellulose qui compose les fibres. Ce point mérite d’être plus étudié.

Il n’y a aucune peinture, teinture ou toute autre matière étrangère sur le tissu (1). Ceci a été fermement établi grâce aux nombreuses techniques différentes utilisées par le STURP, certaines sont classiques dans l’étude des œuvres d’art et servent à déceler les faux. Ces résultats ont été publiés dans une trentaine d’articles scientifiques.

Il n’y a aucune empreinte sur l’envers du tissu, hormis les taches de sang qui l’ont traversé. Ceci a été bien établi lorsque les travaux de restauration en juillet 2002 ont permis d’examiner longuement et de photographier l’envers.

Comment expliquer cette image possédant des caractères aussi exceptionnels ?

Quelles sont ses causes ?

On peut distinguer deux options.

Soit l’image s’est formée à la suite d’un processus purement naturel.

Soit l’image a été faite de main d’homme.

Considérons la première option, bien qu’elle semble a priori invraisemblable. En effet, un archéologue découvrant un portrait caché mais intelligible d’une grande valeur artistique l’attribuera à l’action intelligente d’un artiste et non pas à l’effet des forces naturelles.

Cette option revient à poser la question suivante :

Un homme mort déposé dans un drap y laisse-t-il une empreinte aux caractères comparables à ceux de l’image du Saint-Suaire ?

Il n’y a pas d’exemples connus. Si cet effet se produisait, il est probable qu’il aurait déjà été remarqué, étant donné que le souhait de conserver un souvenir des morts est universel. Admettons cependant qu’il soit passé inaperçu.

Il est certes envisageable qu’un corps enveloppé dans un drap laisse des traces sur ce drap, là où il y a eu contact entre le corps et le tissu. Mais, si c’est le cas, le drap une fois déployé donne une image négative très déformée du corps, en particulier le visage apparaît anormalement élargi. L’essai a été fait de nombreuses fois sur des bustes. L’image du Saint-Suaire ne peut pas être une image de contact.

Conscient de cela, dans les années 1900, Paul Vignon avait proposé l’hypothèse de « vaporographie ». La diffusion de vapeurs ammoniacales issues du corps transférerait à distance l’information de la forme du corps sur le drap, et ces vapeurs en réagissant chimiquement avec des aromates présents sur le tissu créeraient une image. De nombreux auteurs ont essayé depuis un siècle de reproduire de cette façon l’image du Saint-Suaire. Personne n’y est parvenu. Les vagues empreintes obtenues sont bien négatives, mais elles n’ont pas ses qualités de réalisme juste et de tridimensionnalité. De plus, les empreintes sont constituées de matière étrangère au tissu et n’ont pas sa structure microscopique. L’image du Saint-Suaire ne peut pas être une image de diffusion gazeuse.

A notre connaissance, aucune autre hypothèse physiquement plausible en mesure d’expliquer une formation naturelle de l’image n’a jamais été présentée. Il faut savoir que d’un point de vue physique, les difficultés apparaissent insurmontables. Il faudrait disposer de mécanismes physiques qui, d’une part transfèrent au niveau du drap des informations physiques analogues à l’intensité lumineuse réfléchie par le corps éclairé de l’extérieur, et qui d’autre part fixent cette information sur le drap en colorant de façon identique certaines fibres isolées et en laissant les autres intactes (2). Ce n’est pas le cas de la diffusion gazeuse, et c’est sans surprise que l’on constate son échec. De même, ce n’est pas le cas des diffusions thermiques ou radiatives. Si ces mécanismes physiques existaient, cela signifierait que l’on pourrait réaliser une photo, sans lumière, sans chambre noire et sans film photographique. En un mot, cette option est physiquement invraisemblable.

Pour cet ensemble de raisons cohérentes aussi bien expérimentales que théoriques, on peut donc conclure que le corps d’un homme mort déposé dans un drap ne laisse pas un négatif de son portrait sur le drap.

Considérons la seconde option : L’image aurait été faite de mains d’homme avant 1350. Cette éventualité soulève inévitablement les questions suivantes :

Comment un artiste médiéval aurait-il eu l’idée d’une image négative, alors que ce concept était inconnu ?

Pourquoi aurait-il voulu réaliser une image négative incompréhensible pour ses contemporains ?

Pourquoi n’aurait-il pas utilisé une peinture, mais un procédé toujours inconnu ?

Comment aurait-il pu faire un portrait négatif de qualité, alors qu’il était incapable de voir et contrôler le résultat de son travail ?

Poser ces questions, c’est déjà y répondre. Il est impossible que l’image ait été réalisée consciemment et en pleine connaissance de cause par un artiste. Il reste alors une dernière éventualité. L’artiste supposé aurait réalisé l’image, inconscient du chef-d’œuvre qu’il produisait. Il cherchait seulement à obtenir une vague silhouette sur le drap, et le hasard aurait voulu que cette silhouette constitue un remarquable portrait. Admettons provisoirement cette thèse (3), la question suivante subsiste :

— Un artiste aurait-il pu réaliser techniquement cette image avant 1350 ?

Si oui, on doit être actuellement capable de produire une image analogue avec les moyens disponibles avant 1350. Qu’en est-il ?

Les tentatives de reproduction artificielle de l’image du Saint-Suaire ont été nombreuses. Les plus sérieuses ont consisté à réaliser un bas-relief, à le recouvrir d’un drap, et à déposer de la poudre colorante sur le drap à l’aide d’un tampon. On obtient ainsi une empreinte négative. Mais sa pâleur, son dégradé de teinte et ses nuances ne sont pas comparables au Saint-Suaire. Et surtout, l’empreinte étant constituée d’une matière colorante ajoutée au tissu, sa structure microscopique n’est pas correcte. L’image n’a pas tous les caractères requis pour être bien reproduite.

Une variante du procédé consiste à chauffer uniformément le bas-relief, de façon que le tissu roussisse à son contact. L’empreinte sans nuances obtenue est faite de tissu un peu roussi, elle est dépourvue de matière étrangère. Cependant elle n’a pas la structure microscopique statistique requise, toutes les fibres sont roussies et aucune ne reste intacte. De plus un tissu roussi est fluorescent aux ultraviolets, alors que les examens duSTURP ont montré que l’image du Saint?Suaire n’est pas fluorescente. L’image n’est pas correctement reproduite.

Deux autres procédés ont donné des images négatives. L’un consiste à faire une photo grandeur nature d’une personne en construisant un appareil photo géant, où le drap recouvert de sels d’argent joue le rôle du film photographique. L’autre consiste à exposer un drap au soleil derrière une vitre sur laquelle a été peinte une image, le blanchiment du drap plus ou moins intense selon la transparence de la vitre dessine une empreinte sur le tissu. Ces procédés ne permettent pas d’obtenir une coloration statistique des fibres. La structure microscopique des empreintes n’est pas et ne peut pas être correcte.

On peut retenir de toutes ces tentatives que l’on sait obtenir des images négatives de plus ou moins bonne qualité, mais que l’on ne sait pas réaliser techniquement la structure microscopique de l’image du Saint?Suaire (coloration identique d’un plus ou moins grand nombre de fibres isolées réparties au hasard, absence de matière étrangère au tissu). Comme nous l’avons vu dans l’étude de la première option, il ne semble pas exister de mécanismes physiques capables de cela.

En conclusion, l’image ne peut pas avoir été faite de main d’homme à l’époque médiévale, elle était inconcevable et incompréhensible à cette époque, et elle est toujours impossible à reproduire techniquement à l’heure actuelle.

L’image ne s’explique que si les évangiles sont véridiques. L’image n’a pas pu être reproduite. Aucune autre image ne possède ses caractères. Elle est unique et sans équivalents. Aucune hypothèse plausible n’est en mesure d’expliquer son existence, aussi bien en tant qu’objet physique, qu’en tant qu’œuvre d’art. Elle est sans causes naturelles ou artificielles identifiables. On est en droit de la considérer comme scientifiquement inexplicable.

Elle coïncide bien avec les récits de la passion du Christ dans les évangiles. Le Christ est le seul personnage historique flagellé avant d’être crucifié et ayant le pouvoir de commander aux éléments. Les pouvoirs du Christ peuvent seuls expliquer l’image dans son principe, un homme ordinaire n’étant pas capable de la réaliser. L’image n’est explicable que si le Christ a voulu cette image, peut-être pour rappeler aux hommes d’une époque déchristianisée la réalité du sacrifice de la croix (4) avec les arguments rationnels dont ils se prévalent, et pour authentifier le Saint-Suaire. Sinon, l’image demeure inexplicable et sans causes, mais comme il n’y a pas d’effets sans causes, cette éventualité est exclue.

Yves Saillard

(1) En quantité suffisante pour teinter le tissu, bien entendu.

(2) Dans le cas d’une photo, c’est le comportement quantique de la lumière qui assure cette fonction en noircissant seulement certains grains d’argent, leur nombre dépendant de l’intensité lumineuse.

(3) Thèse implicite et obligée des adversaires de l’authenticité.

(4) Il avait bien agi ainsi envers saint Thomas.

• Sindone, Vageli, storia, scienza, sous la direction de Mgr Giuseppe Ghiberti. 2010 Editrice Elledia, 10096 Leumann, Torino, Italie, a paru cette semaine.

• Le CIELT publie l’article complet d’Yves Saillard dans un numéro double spécial : Revue internationale du Linceul de Turin,  numéros 33-34, disponible chez Alain Rostand, 33, rue du Calvaire, 92210 Saint-Cloud.

 

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 16:05

Paterculus, prêtre intervenant sur le Forum Catholique, vient de de mettre sur son blog un texte intitulé LE SACERDOCE EN FRANCE APRES VATICAN II.

En voici le plan :

Nos premières réflexions iront à l’épiscopat, car Vatican II a introduit là des précisions nouvelles sur les rapports entre le sacerdoce de l’évêque et celui du prêtre, et une pratique particulière, celle des conférences épiscopales (I. Un épiscopat hypertrophié. II. Un épiscopat atrophié.) Ensuite il sera question du rapport du prêtre avec le Christ dans les sacrements (III. Un clergé éloigné de l’Eucharistie.), puis de sa situation institutionnelle dans l’Eglise (IV. Un clergé souffrant d’instabilité. V. Fonctionnalisation et fonctionnarisation du sacerdoce. VI. La montée en puissance du diaconat et du laïcat.) et enfin de ses rapports avec le monde (VII. Un clergé relativiste. VIII. Un clergé désabusé.) Avant de conclure, on évoquera des tendances plus récentes, encore minoritaires, mais dont on peut penser – et souhaiter – qu’elles prennent de plus en plus de force afin que le concile soit enfin compris, appliqué et vécu selon l’herméneutique de la continuité (IX. Un clergé en profond renouvellement).

Et voici le
lien : (http://pageliasse.hautetfort.com/archive/2010/02/23/le-sacerdoce-en-france-apres-vatican-ii.html ) pour pouvoir lire ce texte.

A diffuser !


XA

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 15:36
Un mythe falsificateur
Chantal Delsol le jeudi, 28/01/2010
dans Parlons Vrai (Valeurs Actuelles)


Par Chantal Delsol, de l’Institut

William Cavanaugh, talentueux écrivain américain, auteur jusqu’à présent d’un ouvrage sur la société de consommation, fera parler de lui. Ici, il s’attache à démanteler un préjugé. S’agit-il de prétendre que la violence religieuse n’a pas existé? Non, bien entendu. Il s’agit de contredire avec force arguments un mythe tenace, c’est-à-dire un récit indéfiniment répété et plein de sens mais servant ici une idéologie et méprisant les faits: l’affirmation selon laquelle l’époque des “guerres de religion” a été bienheureusement close par l’ascension de l’État moderne, capable d’éteindre ces guerres, de diffuser l’esprit de tolérance et de clore un âge sombre de notre histoire.

L’ouvrage est passionnant. Il tient à la fois de l’analyse historique, sociologique et politique.

L’auteur décrit minutieusement un certain nombre de thèses qui établissent le mythe et l’installent dans la continuité, à ce point qu’il devient une certitude culturelle indubitable. Puis il s’attache à montrer combien religion et société étaient liées jusqu’à la modernité, au point que parler de “guerres religieuses” est pratiquement un anachronisme, puisque, à cette époque, le concept même de “religion” n’existait pas. Il décompose les divers éléments du discours sur les “guerres de religion” des XVIe et XVIIe siècles et montre par de multiples exemples historiques qu’il est excessif de prétendre que le motif de ces guerres était religieux. Il compare les arguments des historiens de toutes opinions sur le sujet.

Enfin, il propose une explication de la vitalité paradoxale de ce mythe falsificateur : il fonctionne comme “mythe du salut”, racontant indéfiniment l’histoire de notre sortie d’un religieux considéré comme barbare ; de ce fait, il permet de légitimer toutes les violences “séculières” puisqu’elles luttent contre les violences religieuses; il justifie le portrait de l’ennemi de l’Occident, le musulman fondamentaliste, celui qui n’est pas sorti du fanatisme heureusement éradiqué chez nous et qui mérite par conséquent d’être littéralement retranché de la terre. C’est donc que le refus de la violence n’est pas le vrai motif, puisqu’une certaine violence est justifiée sans équivoque: le vrai motif est la haine de la religion.

Il est intéressant de voir resurgir la mémoire de ces “guerres de religion”, où partout en Europe les fidèles d’une même confession s’entre-tuent, où les adeptes de deux croyances différentes s’allient contre le tenant de l’une d’entre elles… Comme le dit William Cavanaugh, si, entendant parler de la guerre de 1914-1918 comme d’une guerre nationale, je m’apercevais que nombre de régions anglaises se sont alliées avec nombre de provinces allemandes, et que partout les combats furent aussi infranationaux, je chercherais un autre qualificatif que celui de “guerre nationale”et je m’efforcerais de découvrir des motifs plus réels à ces luttes interminables…

La certitude finale de l’auteur est celle-ci : les “guerres religieuses”, sur lesquelles s’instaure l’histoire de notre “salut”, n’ont pas été réellement le fait des religions luttant entre elles, mais ont marqué plutôt le moment de l’établissement de l’État moderne, qui, pour acquérir sa puissance, a dû batailler partout en utilisant toutes les croyances et tous les intérêts mêlés. L’État libéral moderne n’a pas été, comme on croit, celui qui vient mettre un terme aux violences religieuses; il a, au contraire, pour se construire, utilisé les passions religieuses comme il a utilisé les passions sociales, économiques et autres. Il a avivé ces passions et, loin de les éteindre, il les a subrepticement déplacées. Tout aussitôt, le sacré est passé dans la sphère séculière et le fanatisme s’est relevé plus tard au nom de la nation, puis au nom des idéologies.

L’auteur n’en tire aucunement une défense du fanatisme religieux ni une justification des guerres religieuses quelles qu’elles soient. Bien au contraire. Il est persuadé que, si les esprits religieux ne quêtent pas la paix, alors qui le fera? Il réclame seulement que nous ayons l’honnêteté de regarder notre histoire les yeux ouverts, et que nous cessions de vivre sur des mythes satisfaisants et faux. Non pas seulement pour rendre justice au passé. Mais pour nous donner les moyens de nommer à l’avenir les véritables dangers – à commencer par nousmêmes, hantés par nos fables dangereuses.

Le Mythe de la violence religieuse, de William Cavanaugh, Éditions de l’homme nouveau, 384 pages, 29€.

Photo © Patrick Iafrate

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 16:18
L'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (Gricigliano) vient d'être reconnu ce jour, mardi 7 octobre, en la Fête de Notre-Dame du Saint-Rosaire, « société apostolique en forme canoniale de droit pontifical ».
C'est ce que nous annonce ce jour Daniel Hamiche sur le Forum Catholique. Plus de détails en cliquant ici.

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 13:04

Lorsque vous vous êtes entrenu avec un prêtre, votre intention est-elle de lui obéir ou de suivre ses préceptes ?

Nous devons-nous, en tant que catholiques, d'obéir à nos prêtres ou d'entendre les bons principes et règles qu'ils nous prescrivent ?

Une discussion à mon sens intéressante, développée sur le Forum Catholique, à retrouver en cliquant ici.



Illustration : Kiroff, auteur du dvd Agapé scènes de la vie de Jésus
www.agape-dvd.com

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 09:12

Guerres de religion et conséquences
par l'auteur du dvd
Agapé scènes de la vie de Jésus
www.agape-dvd.com

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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 10:39

Le site InfoCatho en est encore tout bouleversifié. Ce site qui est hébergé "par les services informatiques de la Conférence des évêques de France auxquels (il apporte sa) contribution éditoriale par les homélies dominicales, la biographie quotidienne des saints, la recension de "nominis", la documentation liturgique, etc ..." entend "témoigner de la vie de l'Eglise sur les cinq continents". Un petit bijou que ce dernier article consacré à la Communion à genoux ou debout. C'est toujours un régal que de lire ces lignes inquiètes de ces catholiques qui n'hésitent pas à appeler au secours les Pèrrrrrrres de l'Eglise, lorsque cela semblerait les arranger.


A GENOUX, DEBOUT... QUELQUES MISES AU POINT

Lors de la messe que Benoît XVI a célébrée le dimanche 15 juin à Brindisi, les fidèles qui ont reçu la communion de ses mains ont été invités à s’agenouiller. Les autres prêtres distribuant la communion ce jour-là le faisaient aux fidèles debout.

Depuis la nomination, en octobre dernier, du nouveau maître des cérémonies pontificales, Mgr Guido Marini, les liturgies présidées par Benoît XVI ont pris un tour plus traditionnel, avec la réapparition d’ornements liturgiques du XIXème et du début du XXème siècle.

Ce retour de
Benoît XVI à un style liturgique qui est moins en usage depuis la rénovation liturgique impulsée par Vatican II, provoque des réactions inquiètes de la part de la majorité des fidèles. D'autant que ce rite liturgique "à genoux" n'est pas dans la tradition. Les Pères de l'Église recommandent la communion debout, en signe de la Résurrection et l'ensemble des Églises orientales, qu'elles soient catholiques, orthodoxes ou pré-chalcédonniennes y sont très attachées en raison même de son sens théologique.

Au Saint-Siège, on tient à minimiser cet événement de Brindisi, en soulignant que les autres prêtres distribuant la communion ce jour-là le faisaient aux fidèles debout. "Il y a différentes façons de recevoir la communion", rappelle-t-on. C’est ce que précise la Présentation générale du Missel romain latin : "Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des évêques."

Mgr Guido Marini devrait prochainement faire une mise au point sur ce sujet.

En fait, pour commenter ce geste de Benoît XVI, la presse "générale", peu au courant de la liturgie, a repris une déclaration faite en février par Mgr Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin, sur le site Internet traditionaliste Petrus : "Je suis convaincu de l’urgence du réexamen de la pratique de la communion donnée dans la main, du retour de la distribution de l’hostie aux fidèles directement dans la bouche, sans qu’ils la touchent."

Le point de vue de celui qui est le numéro deux de la liturgie au Vatican a été attribué un peu rapidement par certaines agences comme étant le point de vue du Pape.

Mgr Ranjith parlait en son nom personnel, commentant les paroles du Pape le 22 mai : "
Nous, chrétiens, avait-il expliqué dans son homélie consacrée à l’adoration eucharistique, nous nous agenouillons seulement devant le Saint Sacrement parce que, en lui, nous savons et croyons être en présence de l’unique et vrai Dieu."

Le Pape n’avait alors absolument rien dit, ni ce jour-là ni à quelque autre moment, quant au mode de communion (dans la bouche ou dans la main, debout ou à genoux). On tient à le souligner au Vatican [sic]. (information : Service de presse du Vatican [re-sic] )

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