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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 18:07

par Marie-Christine Bouchard

in Cyberpresse

(Sherbrooke) C'est dans les années 1970, au terme de ses années d'études au Séminaire de Sherbrooke, que Daniel Couture a décidé de s'envoler pour la Suisse, là où l'on offrait encore une formation catholique traditionnelle. Ainsi allait-il devenir prêtre pour la Fraternité Saint-Pie X, une congrégation religieuse qui loge aujourd'hui dans 60 pays à travers le monde, qui compte quelque 500 prêtres et dont la mission est de conserver et d'offrir un modèle traditionnel de l'Église catholique.

Une fois ses études complétées, c'est une vie de voyages et de missions aussi riches que variées qui attendait l'abbé sherbrookois."Je suis d'abord resté trois ans dans l'Idaho, aux États-Unis, de 1984 à 1987. Ensuite, j'ai été nommé supérieur de l'Irlande. J'ai eu la chance de découvrir ce pays dans tous les sens! En 1996, je suis devenu supérieur du district de l'Asie, et j'ai déménagé à Singapour. Je suis maintenant en charge de 20 prêtres, qui travaillent dans 17 pays asiatiques et qui vivent dans six prieurés (nos maisons)", explique l'abbé Daniel Couture à l'autre bout du fil.

Destination : l'Asie

Le prêtre voyage beaucoup dans cet immense territoire. "Pour nous rendre d'une extrémité à l'autre de l'Asie, il faut dix heures d'avion dans un sens, et dix heures dans l'autre sens. C'est immense!"

Et que font les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde?

"Un de nos principes est de suivre la providence. Au service des fidèles catholiques qui recherchent la tradition, qui souhaitent revenir à une forme plus traditionnelle de l'Église, nous allons là où les gens nous demandent", précise l'abbé Couture.

Alors qu'il sillonne l'Asie, le missionnaire est à même de voir toutes sortes de variétés culturelles, de la grande richesse de Singapour à l'extrême simplicité de certains résidents de petites îles perdues dans l'océan.

"Je vous donne un exemple de notre principe de "suivre la providence". Un jour, un de nos prêtres était en vacances sur l'île de Vanuatu. Un homme l'a vu avec sa soutane et est venu lui dire que ça devait faire deux ans qu'il n'avait pas vu un prêtre dans son village. Ce prêtre a donc promis que nous irions là-bas, et c'est moi qui ai été désigné pour le voyage.

"Une fois dans ce petit village d'environ 100 habitants, je donnais des cours de préparation au mariage et je me suis rendu compte que les habitants ne connaissaient ni leur âge ni leur année de naissance! C'était assez surprenant...

"Nous avons donc suivi la providence et la Fraternité a pris ce petit village en charge. Nous leur construirons bientôt une petite chapelle..." cite l'abbé Couture.

Les exemples des accomplissements de sa Fraternité sont nombreux, ça et là dans le monde. Pensons à l'un des prêtres de la Nouvelle-Zélande, qui réalise actuellement un grand projet.

"Ce prêtre a conclu une entente avec des soeurs enseignantes dominicaines. Avec leur aide, nous leur construirons une école pour filles, en plus d'un couvent. Le projet vaut plus d'un million de dollars. C'est beaucoup de travail pour financer tout ça, mais on y parvient. Et on prie Saint-Joseph", ajoute l'abbé.

1000 baptêmes pascals

Quant à la fête de Pâques qui arrive d'ici quelques jours, l'abbé Couture la célébrera sur son île située en plein coeur de l'océan Indien. Comme un peu partout dans le monde, la veillée pascale sera riche en émotions et en significations.

"Il y a aura beaucoup de baptêmes dans plusieurs de nos églises. Seulement 5% des Singapouriens sont catholiques, mais environ 1000 baptêmes ont lieu chaque année, dont une grande majorité pendant la veillée pascale! C'est une fête qui donne espérance, la victoire de la vie contre la mort, du bien contre le mal", raconte le prêtre.

D'ailleurs, au cours des années, Daniel Couture a rencontré des gens qui, vivant sous des conditions horribles, ont pourtant gardé l'espérance grâce à ce miracle pascal.

"En Chine, j'ai vu des gens qui ont passé 35 ans en prison et qui ont tenu bon grâce à la foi en la résurrection. Malgré les 2000 années qui ont passées, le message de Pâques ne s'est jamais usé."

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 18:46
http://www.seminaire-econe.ch/frcom/photos/memoriam/ph055.jpg
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 15:03
... publié par Vulpus sur le Forum Catholique, et que je reproduis ici.

 http://lh6.ggpht.com/_owUG1xBZNf4/S5lyvN2MjbI/AAAAAAAAASc/68YfI1KwE80/s512/Abbé%20Schaeffer%20pour%20le%20ForumCatholique.jpg
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 09:40
On se souvient du sermon du 15 novembre 2009 de M. l'abbé Legrand, prêtre de la Fraternité st Pie X à Versailles.
Ce mois-ci, c'est le Prieur de Lyon, de la même Fraternité sacerdotale, qui nous donne une petite sucrerie aigre-douce, que je vous invite à lire ci-dessous.
A travers la question de l'école, c'est au fond une fois encore les instituts Ecclesia Dei (et plus particulièrement la Fraternité st Pierre) qui sont visés par cet abbé qui porte, lui, bien son nom.
Cette sucrerie, c'est l'éditorial de son Bulletin mensuel de février 2010.
Pour éclairer le liseur, on précisera que l'agglomération lyonnaise compte deux écoles primaires catholiques hors contrat : l'école st Dominique Savio (dont l'aumônerie est assurée par d'anciens prêtres de la fraternité St Pierre qui ont rejoint l'archidiocèse) et l'école Ste Jeanne d'Arc, créée en août 2007.
Ayant personnellement participé à la création de cette école, je dois reconnaitre que les lignes de M. l'abbé ont quelque tendance à me hérisser le poil.
Je trouve lamentable que l'on puisse laisser entendre que cette école, qui est aujourd'hui placée sous la direction de la Fraternité St Pierre (l'abbé Benoit de Giacomoni en est le directeur, l'abbé Jérôme Lebel en assure l'aumônerie) puisse empoisonner des enfants sur le plan spirituel.
Lire de la plume d'un prêtre l'exhortation à prier "le Père des Cieux qu'Il accorde enfin à ses petits Lyonnais un primaire où ils soient non seulement à l'abri de la perversion moderne, mais encore des compromis conciliaires." me parait effrayant. J'y vois là encore une gifle donnée à nos prêtres et à nos institutrices dont nous connaissons et reconnaissons les qualités.
M. l'abbé Vassal oserait-il nous dire en quoi l'enseignement dispensé à l'école ste Jeanne d'Arc fait courir des risques spirituels aux âmes des enfants des fidèles de son Prieuré ?
XA


Laissez venir à moi...

Dans les premières pages de son roman historique Août 14, Soljénitsyne nous décrit les mésaventures d'un paysan trop intelligent qui, à force de roublardises, parvient à faire inscrire sa fille dans le meilleur collège de Rostov. A l'issue de ses études cette jeune fille a perdu la Foi. « Et Tomtchak comprit, un peu tard, qu'il n'avait oublié de demander qu'une toute petite chose à la directrice : si, avec tout son collège... elle croyait en Dieu. »

De même dans l'histoire du combat de la Tradition combien de parents ont cru pouvoir finasser avec la question de l'éducation de leurs enfants, et qui maintenant sur ces âmes perdues. Ces mêmes personnes, qui n'hésitaient pas à faire des heures de route pour se rendre chaque dimanche à la messe des « prêtres de Monseigneur Lefebvre » étaient dans le même temps incapables de consentir les sacrifices nécessaires à l'éducation de leurs enfants. Voire ! Quand cela n'était pas une question de principes faux, qui excluaient a priori l'éducation catholique, nécessairement de qualité moindre que celle du lycée d'état, ou le pensionnat réputé déséquilibrant pour les enfants. Les voilà maintenant se lamentant sur leurs enfants, brillants chefs d'entreprises, équilibrés semble-t-il, et non pratiquants quand ils ne sont pas évidemment athées.

Faut-il que cela se reproduise à chaque génération ?

L'Eglise a des normes très strictes sur l'éducation et les parents devraient d'eux-mêmes étudier comment cette Mère estime les choses. Il en va, ni plus ni moins, que du salut des âmes des enfants. Et parce que notre Sainte-Mère se sait en possession de secours très puissants par la grâce des sacrements, elle n'hésite pas à demander à ses enfants des sacrifices qui confinent à l'héroïsme ou, en termes théologiques, à la sainteté.

A l'époque de Pie IX, le Saint-Office donna une instruction aux évêques des Etats-Unis leur rappelant que dans l'esprit de l'Eglise, le pensionnat était une solution bien plus normale que le lycée d'état. Dans tous les cas, à cette époque-là où la scolarisation des adolescents était moins généralisée qu'à l'heure actuelle, le placement d'un enfant au lycée d'état devait toujours faire l'objet d'une autorisation de l'évêque, donnée au cas par cas.

Je ne crois pas qu'en matière de perversion des enfants, notre éducation nationale ait quoi que ce soit à envier à l'oeuvre des professeurs de la IIIème république.

Par cohérence dans le combat de la Tradition, nous pouvons même aller encore plus loin. Est-il normal de confier nos enfants à des écoles primaires dépendant des congrégations Ecclesia Dei qui s'interdisent par principe (du fait même de leur dépendance à la commission Ecclesia Dei) de remettre en cause le funeste concile Vatican II et l'apocalyptique esprit d'Assise ? Et si ces enfants ne sont pas encore capable de souffrir de cette incohérence, n'est-ce pas justement les habituer à ne plus savoir rien distinguer et leur permettre de contracter à la longue des amitiés qui parleront dans leur vie à la place de l'esprit de Foi ?

En ce mois de février, où se pose à nouveau pour les parents la question de la scolarisation de leurs enfants l'année prochaine, il est bon de se rappeler qu'un pis-aller, une échappatoire ou une demi-mesure, ne peut pas devenir, avec le temps, une solution de principe. Au contraire il est rare de voir ce genre de solution bonifier en vieillissant.

Prions le Père des Cieux qu'Il accorde enfin à ses petits Lyonnais un primaire où ils soient non seulement à l'abri de la perversion moderne, mais encore des compromis conciliaires.

Prions le Saint-Esprit qu'Il daigne éclairer les parents. Qu'Il leur donne de se poser les bonnes questions, de demander les bons conseils pour savoir prendre la décision prudente, au cas par cas...

Abbé Paul Vassal

L'Aigle de Lyon n° 244, février 2010, pages 1 et 2.
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 12:45
Sur le site de Pro Liturgia, M. Denis Crouan ne cesse de donner des leçons d'ecclésiologie aux catholiques du monde entier. Alors, avec la FSSPX, il s'en donne à coeur-joie... Pensez donc !

Pour preuve, sa livraison du jour, aussi éphémère que les précédentes, le dit site ne comportant (heureusement pour lui) pas d'archives :


Deux phrases du pape Benoît XVI indiquent avec la plus grande netteté les bases sur lesquelles pourra s'établir le dialogue des repésentants du Siège apostolique avec les representants du mouvement lefebvriste:
"On ne peut geler l'autorité magistérielle de l'Eglise à l'année 1962: ceci doit être bien clair pour la Fraternité [Saint-Pie X] (...) Vatican II renferme l'entière histoire doctrinale de l'Eglise."
Ces points ont été précisés par le Saint-Père aux évêques du monde entier. Il n'est pas interdit aux autres fidèles d'en tenir compte...

Bien compris, Herr Professor...
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 12:07

Le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X recommande à vos prières le repos de l’âme de

Monsieur l’abbé Didier BONNETERRE,

prieur de la chapelle Sainte-Germaine,

décédé accidentellement le 15 septembre 2009 à l’âge de 55 ans.

La messe des funérailles sera célébrée le vendredi 18 septembre à 15 h en l’église paroissiale de Montsalès (Aveyron) et sera suivie de l’inhumation dans le caveau familial.

Un service funèbre sera célébré le vendredi 18 septembre à 18 h 30 en la chapelle Sainte-Germaine, 19, avenue des Ternes, Paris 7e, et le samedi 19 septembre à 10 h 30 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, 23, rue des Bernardins, Paris 5e.

Requiescat in pace.

Ordonné prêtre par Mgr Marcel Lefebvre à Ecône en 1977, il fut professeur de liturgie au séminaire d’Ecône, puis directeur du séminaire d’Albano. En 1982, il fut nommé prieur du prieuré Saint-Louis à Nantes, puis en 2004, prieur de la chapelle Sainte-Germaine à Paris.

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 18:26

Il fait chaud à Unieux visiblement. . .
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Discussion de parvis sur la messe des « ralliés »

A la sortie de la chapelle, M. l'abbé discute avec un fidèle, Philippe, 17 ans. Au cours de la conversation, Philippe raconte son dernier week-end avec des amis en région parisienne. Et Philippe de dire que le groupe d'amis a choisi d'aller à une messe de ralliés...(N.B. : conversation fictive en style parlé).

Philippe: pourquoi vous faites cette tête-là, Monsieur l'abbé ? C’est quand même la bonne messe !

 

M. l'abbé: que la messe soit bonne, sans doute; mais ce n'est pas le principal.

Philippe: pas le principal ? Qu'est- ce qu’il vous faut de plus, Monsieur l'abbé ?

 

M. l'abbé: Eh bien, je prends une comparaison. Le rhum est une bonne chose, d'accord? (Philippe acquiesce en souriant d'un air en- tendu). Bon. Mais à chaque fois que l'on boit du rhum, on ne fait pas forcément une bonne action ? (Philippe comprend). Alors c'est pareil pour la sainte Messe. Que la messe en elle-même soit bonne, c'est une chose; mais il faut aussi qu'assister à cette messe soit bon; il faut que l’assistance à cette messe soit une bonne action.

Philippe: Oui enfin, quand même, le rhum et la messe, ce n'est pas pareil! Vous avez l’air de dire qu’on peut faire mal en assistant à la messe traditionnelle !

 

M. l'abbé: Tout à fait, c'est bien ce que j'ai voulu dire ! De même qu'on peut faire mauvais usage du rhum, de même il n'est pas forcément bien d'assister à une vraie messe. Cela peut même être mal.

Philippe: alors ça c’est la meilleure !

 

M. l'abbé: cher Philippe, c'est un peu compréhensible ton étonnement. Normalement, un catholique n'a pas à se poser de questions en assistant à une messe catholique. Mais en ce moment dans l'Eglise, il y a bien des choses anormales. Nous, par exemple, on dit la messe dans des salles aménagées comme on peut, avec l'hostilité du clergé de la région, avec une étiquette de pestiféré, d'excommunié, de schismatique... Beaucoup de gens ne viennent pas ici parce qu'ils croient que c'est mal. Pourtant c'est bien la bonne messe ! Ce qu'il y a, c'est qu'ils se trompent en pensant que c'est mal de venir ici.

Philippe: oui justement, ils se trompent, vu que c’est la bonne messe!

 

M. l'abbé: non, Philippe, fais attention. Leur problème ce n'est pas la messe; leur problème c'est qu'on leur a dit que c'est mal d'y aller. C'est tout différent. Eh bien, le problème avec les ralliés, il est du même genre: leur messe est bonne, d'accord; mais y aller, est-ce bon? C'est une autre affaire ! Tu vois la distinction ?

 

Philippe: d'accord, je vois la distinction. Mais je vois vraiment pas pourquoi c’est mal d'a1ler chez Saint-Pierre ou au Christ-Roi!

 

M. l'abbé: tu vois, quand on commence à se demander si assister à telle messe est bien ou mal, tout de suite on parle de celui qui dit cette messe. Intéressant, non?

Philippe: là, je ne vois pas bien. ..

M. l'abbé: Eh bien si ! on va dire, comme tu viens de le faire: je vais à la bonne messe chez Saint-Pierre, au Christ-Roi, chez Saint-Pie-X, à Saint-Georges, place Foch, ou rue Buisson etc:.. La messe dite dans ces différents cas est la même. Pourtant, assister ici ou là, ce n'est pas pareil. Cela dépend de celui qui la dit.

 

Philippe: mais pourquoi?

 

M. l'abbé: parce que la messe et le rhum ce n'est pas pareil ! Tout à l'heure tu aurais pu me dire: mais moi, je fais attention quand je bois du rhum; il n'y a jamais aucun problème; c'est toujours avec modération ! Mais la messe n'est pas quelque chose qui se consomme tout seul dans son coin, de façon privée.

 

Philippe: c’est quoi alors? Moi je vais à la messe pour me recueillir, pour prier. pour communier. Tant pis si le prêtre est à Saint-Pierre ou à Saint-Pie-X Vous n'avez qu'à vous arranger entre vous, après tout!

 

M. l'abbé: la sainte Messe est l'acte le plus élevé de culte public de l'Eglise. C'est-à-dire que c'est un acte avant tout social, dans lequel on honore Dieu et on en reçoit ses bienfaits, sous l'autorité de l'Eglise, société que Dieu a instituée pour pouvoir être honoré comme Lui le veut.

 

Philippe: là, Monsieur l'abbé, c'est un peu dur...

 

M. l'abbé: je recommence. En privé, tu peux prier le bon Dieu assez librement, quand tu veux, comme tu veux; c'est ta prière, en quelque sorte. Mais le bon Dieu a voulu être honoré aussi et surtout en réunissant les hommes autour de la croix, par la messe; et cela c'est la prière publique et officielle de l'Eglise. Elle rend ainsi à Dieu au nom de tous les hommes tout l'honneur et la gloire qui lui sont dues. La messe n'est donc pas une dévotion privée, ni des assistants ni des prêtres qui la disent. C'est un acte commun de culte, qui suppose que celui qui fait le culte (le prêtre) ait reçu de l'Eglise l'autorité pour le faire. Il doit dépendre d'un évêque, lequel dépend du pape. C'est pourquoi je parlais de l'autorité de l'Eglise.

 

Philippe: mais vous, Monsieur l'abbé, vous êtes indépendant de cette autorité.

 

M. l'abbé: Philippe, on arrive là au cœur du problème. Ce que tu dis, c'est ce que disent les conciliaires et ceux qui les croient, quand ils disent que assister à la messe chez nous n'est pas permis. Encore une fois, ce n'est pas parce que la messe qu'on dit est mauvaise qu'ils disent cela; c'est parce qu'on résiste à la hiérarchie, à Rome. Et nous on dit: il ne faut pas assister à la messe chez les ralliés, parce qu'ils se soumettent à la hiérarchie conciliaire.

 

Philippe: si je comprends bien, en fait, le fond du problème, c’est la soumission à la hiérarchie actuelle ?

 

M. l'abbé. Exactement ! Normalement dans l'Eglise, un prêtre est soumis à son évêque qui est soumis au pape; du coup il reçoit une mission de célébrer la messe et les autres sacrements pour une portion des fidèles de l'Eglise. Or, depuis une trentaine d'année, il se trouve que pour garder la foi, les fidèles ont demandé à des prêtres qui eux aussi voulaient la garder, de s'occuper d'eux, au point de résister aux évêques et au pape. Leur but n'était pas de résister pour résister, en bons gaulois qu'ils étaient, mais de défendre leur foi face à des décisions de Rome qui contribuaient à faire perdre la foi aux fidèles.

 

Philippe: quelles décisions?

 

M. l'abbé: eh bien par exemple, la promulgation de la nouvelle messe de Paul VI, en 1969. Mais avant, il y a eu le concile, avec plusieurs mauvais textes, notamment sur l'œcuménisme, la liberté religieuse. Plus tard, il y a eu les changements sur les autres sacrements, puis le nouveau Droit Canon, en 1983. Il y a eu tous les scandales de l'œcuménisme, comme Assise, en 1986. Et puis il y a eu la lutte farouche contre Mgr Lefebvre qui pourtant ne faisait, comme il le disait souvent, que ce qu'il avait fait pendant toute sa vie, avec approbation de Rome. En 1988, Mgr a sacré des évêques parce qu'il a compris que Rome voulait détruire la Tradition. La foi des fidèles continuait à être menacée. C'est là l'essentiel qu'il faut bien comprendre: la hiérarchie, les évêques, le pape, sont là pour conduire les prêtres et les fidèles dans la foi. S'ils ne le font pas, les fidèles et les prêtres doivent résister et chercher à garder la foi ; ce qui est une forme de soumission plus haute finalement.

 

Philippe: bon...bon... mais la messe chez les ralliés dans tout ça Je vais y perdre la foi?

 

M. l'abbé: Il faut prendre le problème par l'autre bout...

 

Philippe (interrompant): l’autre bout?

 

M. l'abbé: oui, l'autre bout. La question de savoir si je vais perdre la foi est capitale. Mais ce qu'il faut se demander, c'est: quelle est, face à la messe des ralliés, l'attitude de foi qui convient ? Dans ta question, n'y a-t-il pas un sous-entendu, du style: si je fais attention, vu que c'est quand même la bonne messe, il n'y aura pas de problème. Comme pour le rhum. Je me trompe ?

Philippe: non, Monsieur l'abbé, on est d'accord !

 

M. l'abbé: Il faut donc voir l'autre bout, celui que j'ai expliqué tout à l'heure. La messe est avant tout un acte public et hiérarchique. La messe d'un prêtre rallié est la messe d'un prêtre qui, officiellement au moins, obéit à l'évêque du lieu et au pape; un prêtre qui va donc recevoir de temps en temps son évêque pour des cérémonies; un prêtre qui ne prêche pas que la nouvelle messe est mauvaise, dangereuse pour la foi; un prêtre qui va donc rassembler autour de lui des fidèles plus faibles dans leur foi, moins au courant des dangers sérieux qui menacent la vie chrétienne dans l'église conciliaire; un prêtre, qui, s'il est logique avec lui-même, estime que la situation de l'Eglise aujourd'hui est grosso modo normale, en tous cas assez normale pour rendre la résistance publique de la Fraternité Saint-Pie X illégitime; un prêtre qui en obéissant à des autorités libérales et modernistes va inévitablement dévier; un prêtre qui finalement  trahit tout ce qu'a fait Mgr Lefebvre, qui trahit les âmes, les trompe, en leur faisant croire, par sa soumission publique à la hiérarchie, que le pape conduit vraiment ses brebis et ses agneaux dans les sentiers de la vraie foi...

 

Philippe: vous y allez un peu fort, Monsieur l'abbé !

 

M. l'abbé: Monseigneur parlait comme cela en son temps l Un prêtre rallié, actuellement, n'a pas une position juste dans l'Eglise. Il n'est pas en ordre avec le bon Dieu. Il n'est pas dans la vérité. Il est entre deux chaises, tiraillé entre son désir de bien faire, et sa soumission aux autorités conciliaires. Ses sermons s'en ressentent obligatoirement. La table de presse, les revues aussi; il y aura des documents de l'évêché au fond de l'église. Il y a encore le risque sérieux, avec le temps, de se laisser attiédir par le contact de fidèles bien moins formés dans la foi; risque aussi de se laisser attirer, soit par une doctrine plus accommandante, soit éventuellement par la sympathie des gens ou des prêtres.

 

Philippe: Donc, on ne peut jamais assister à la messe chez les ralliés?

 

M. l'abbé: on ne peut jamais déplaire à Dieu l Ces messes ne sont pas pour nous ! Si pour des raisons exceptionnelles on est amené à être présent à une cérémonie des ralliés, il convient de garder une attitude discrète, évitant de donner l'impression qu'on adhère à leur soumission aux évêques et au pape. Par exemple en s'abstenant de communier. C'est qu'il faut penser aussi à l'exemple que l'on donne autour de soi.

 

Philippe: et le dimanche, si c'est la seule messe accessible?

 

M. l'abbé : si tu as bien compris notre conversation, tu: peux conclure toi-même que le dimanche, dans ce cas, on n'est pas obligé d'assister à cette messe-là. On ne peut pas être obligé d'assister à la messe d'un prêtre qui ne confesse pas publiquement que l'Eglise conciliaire met la foi des fidèles en danger. Ce n'est pas possible d'être obligé dans ces conditions. Le bon Dieu te donnera des grâces autrement, ne serait-ce qu'en récompensant ta courageuse fidélité, ton attachement à la vérité.

 

Philippe: à la vérité?

 

M. l'abbé: oui, à la vérité. Résumons un peu. Je disais au début: la messe des ralliés est bonne; mais là n'est pas la question. La question c'est: est-ce vraiment bon d'y assister? Est-ce que je me rattache vraiment, en toute vérité, à l'Eglise, à Notre Seigneur par cette messe? La réponse est non, parce que le prêtre rallié n'est pas dans une position vraie, il ne résiste pas aux mauvais pasteurs alors qu'il le devrait. Il se  trompe, et trompe les gens. Comment veux-tu ensuite trouver à ses cotés, sous son influence, sous son autorité de prêtre, un véritable amour de la vérité, de Notre Seigneur, de l'Eglise, du pape même ? Il est dans le faux sur une question essentielle !

 

Philippe: décidément, cela va plus loin que ce que je croyais !

 

M. l'abbé: oui, il faut reconnaître que ce n'est pas évident. Aujourd'hui il faut se former plus que jamais, savoir ce qu'on fait. Le danger est partout. Mais c'est aussi une période extraordinaire, comme disait Mgr Lefebvre, car cela nous pousse à aimer plus véritablement l'Eglise, Notre Seigneur, à demeurer forts dans la foi !  Et c'est aussi le meilleur service de charité que l'on peut rendre à ceux qui ont encore du mal à saisir toutes les difficultés de la situation actuelle. Soyons les témoins de la vérité, de la volonté de Dieu !

 

Abbé Jacques Mérel
Fraternité sacerdotale Saint Pie X

article paru dans Le Pellican daté de juillet 2008 

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