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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 23:22

 

Lorsque l'on part en vacances, il est logique, il est normal, il est indispensable, il est tout simplement catholique de regarder où l'on met les pieds afin de s'assurer que l'on pourra assister à une messe dominicale digne de ce nom. Parfois, la requête préalable est compliquée. Parfois il est incertain de concilier économie et spirituel. On recherche un lieu de vacances qui ne fasse pas exploser le budget familial mais qui ne sera pas forcément à proximité d'un lieu de messe digne. Un vrai dilemme. Parfois aussi, soyons honnêtes, on recherche le lieu de vacances et on se dit que l'on s'adaptera. (Pas vous ? Bravo, je vous félicite.)


Cette année, allez savoir pourquoi, la Providence nous a conduits, ma petite famille et moi-même, du côté de Mallemort, entre Aix en Provence et Avignon (en gros et pour faire vite).


Arrivés le samedi, la question de la messe s'est vite posée dés le lendemain, dimanche 10 août. Nous voici donc entrant à Onze heures en l'église de Mallemort, accueillis sur le parvis par le Curé. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit de l'abbé Fabrice Chatelain, curé des paroisses de Mallemort et Alleins. 


En entrant, l'impression est immédiatement bonne. Les enfants de choeur sont dans un tenue impeccable. On remarque d'emblée le crucifix au centre de l'autel, entre le célébrant et le peuple. L'église est manifestement bien entretenue, avec un baptistère impeccable, sans araignée ni poussière.


Et quand la messe commence, on sent tout de suite que le Bon Dieu est là. Pas de vieille cathole pour entonner le chant d'entrée. Monsieur le Curé tient la baraque. 


La messe débute et se poursuit en toute dignité, sans fioriture, de façon ordinaire. Ici on aime le Bon Dieu et on le montre. De manière simple. Ordinaire, allais-je écrire. Mais sommes-nous vraiment tenus à l'extra quand l'ordinaire est déjà assuré ?


Nous arrivons vite au sermon. Impossible ici d'en rendre le ton ni l'esprit. Monsieur le Curé a une gouaille impossible à restituer. Un régal, un délice. Une sucrerie au milieu de l'été. Un truc à vous faire demander votre mutation dans cette contrée plus ou moins perdue. Certes, on est loin de bien des homélies policées auxquelles on a le plus souvent droit dans nos communautés extraordinaires. Mais on sent ici le feu de l'Amour. l'Amour du Bon Dieu, l'amour du Beau, du Bien, de la Vérité. Nemo aurait apprécié la durée (allez, cinq minutes passées trop vite hélas).


Et la messe suit son cours. Avec mon oeil critique de touriste catho-franchouillard, vous pensez bien que je guette le moment où M. le Curé va fauter. La forme ordinaire qu'il célèbre, il va bien nous la rendra banale…


Eh bien ! globalement, non. Enfin, si… (On ne se refait pas, n'est-ce pas ?) Mon regret, c'est qu'il ait choisi la Prière eucharistique II (ce qu'il réitérera le vendredi 15 août), là où le Canon romain serait à mon oeil (DMLA oblige) bien supérieur, rendant à la forme du rite son caractère ordinaire plutôt que banal.


Même au moment de la Communion, l'église étant bien remplie, je me suis dit qu'on allait bien voir Germaine ou Robert sortit d'un rang pour l'épauler. Mais non. Monsieur le Curé n'a pas bronché d'un cil et c'est seul qu'il donnera la Communion à qui s'avancera.


Vendredi 15 août, nous sommes retournés à la messe célébrée à Mallemort. Nous en sommes ressortis avec la même joie. Une joie que personnellement je n'avais pas revécue en assistant à une messe célébrée selon la forme ordinaire du rite romain depuis la grande époque de M. l'abbé Largier et du père Gérentet à Lyon, en la paroisse de la Ste Trinité à Lyon.


Au risque de choquer quelques bonnes âmes qui me liront, j'ai trouvé bon, vraiment, de pouvoir m'unir dans la prière à un prêtre et à des fidèles attachés à cette forme ordinaire du rite romain sans éprouver de gêne, sans me sentir scandalisé à tel ou tel moment (bon, allez, ce fameux baiser de paix est un mauvais moment à passer).


Bref. Rien n'a entaché cette bonne semaine de vacances.


Merci mon Dieu !


XA

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 09:15

Julien Dupont, c'est ce blogueur séminariste qui avait fait la grève des Rois Mages dans sa crèche. Dans un an, si Dieu veut, il sera ordonné prêtre par Mgr Albert Rouet. 

A Poitiers, deux ordinations pour l'Ascension 

 

Un père de famille et un séminariste seront ordonnés diacres par Mgr Albert Rouet, évêque de Poitiers, jeudi 13 mai 2010. Le premier deviendra diacre permanent « en vue du service » et le second diacre « en vue du sacerdoce ». Un même sacrement pour des missions différentes. 

Laurent Pérault (à droite sur la photo), 46 ans, sera le 42ème diacre permanent du diocèse de Poitiers. Marié et père de trois enfants, il est directeur des études à l'École d'ingénieurs en mécanique et aérotechnique (ENSMA) dont il est diplômé. Depuis 1988, plusieurs engagements d'Eglise ont jalonné son parcours : aumônerie des classes préparatoires d'un lycée, mission étudiante, site Internet diocésain, conseil pastoral diocésain... En mai 2005, la question du diaconat lui est posée. Il témoigne : « Après discernement et formation, nous avons Laurence et moi choisi de répondre « oui » parce que nous croyons que c'est sur ce chemin que le Seigneur nous demande de poursuivre notre route ». Si sa mission sera donnée par Mgr Rouet, évêque de Poitiers, à la fin de la célébration, il sait déjà dans quel esprit il compte l'accomplir : « Il s'agira pour moi de vivre le service des frères à travers la mission reçue mais aussi à travers la vie familiale, les responsabilités professionnelles et les engagements divers ». 

Pour Julien Dupont (à gauche sur la photo), séminariste de 26 ans, la question de devenir prêtre s'est posée vers 15 ans, après avoir découvert l'abbaye de Ligugé, « lieu de paix, de profondeur, et de vérité ». « Depuis, c'est chaque jour que j'essaye de reconnaître comment, à partir de cet « appel », j'ai pu vérifier la pertinence de ce projet de Dieu dans tout ce qui m'a été donné de vivre » explique-t-il. Lors de son ordination diaconale, le séminariste s'engagera au célibat. Il poursuivra sa formation au séminaire des Carmes à Paris et sera ordonné prêtre pour le diocèse de Poitiers. 7 séminaristes y sont actuellement en formation. 

source

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 14:16

http://www.lavie.fr/images/2010/05/04/6042_abbe-laguerie_440x260.jpgde répondre à l'hebdomadaire la Vie, suite à l'article de Joséphine Bataille.

- Cliquer ici pour lire l'article paru dans La Vie,

- Cliquer là pour lire la réponse de l'abbé Laguérie.

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 13:43

Les deux pièces du dossier : 

- l'article de
Jean-Pierre Denis (La Vie), 
en cliquant ici

- la réplique de
l'abbé Guillaume de Tanoüarn
en cliquant là.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 15:42

J'avais posé la question ici de savoir comment le budget prévisionnel de construction d'une église à Vaulx-en-Velin avait pu croître de plus de 50% en moins de deux ans. Maximilien Bernard a mené sa petite enquête, et nous apporte aujourd'hui la réponse :

D'après nos informations, l'évêché a ajouté au projet initial d’église, un centre paroissial avec un logement pour les prêtres et des salles de réunion. Ceci explique l'accroissement exponentiel du coût du projet.

Dont acte !

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 10:55

La communauté musulmane de Gilly, en Belgique, qui compte quelque 300 fidèles, n'a plus de mosquée ? Qu'à cela ne tienne... Ils sont désormais accueillis dans l'église Saint Lambert de Jumet. 

Article sur le site de la rtbf 


Il y a deux semaines, le bâtiment situé rue du Bois de Lobbes à Gilly ne réponant plus aux normes de sécurité, la Ville a décidé d'en interdire l'accès. Du coup, pour sa prière du vendredi, la communauté musulmane installée à Gilly depuis 1978 a trouvé refuge d'abord au Stade Yernaux, ensuite, et c'est assez original, à l'église Saint Lambert de Jumet. 

Les objets de culte catholique sont masqués et des tapis sont déroulés dans le choeur. Le temps d'un après-midi, l'église jumétoise se mue en une mosquée. Une hospitalité qui vaudra jusque la mi-mai. Et après ? C'est encore le flou. La mosquée située rue du Bois de Lobbes est inaccessible puisque de gros travaux doivent y être réalisés pour sécuriser le bâtiment. Reste que la communauté musulmane de Gilly est propriétaire d'un autre bâtiment, chaussée de Ransart. Malheureusement, ce bâtiment est lui aussi inutilisable pour des raisons urbanistiques. 

A terme, cette communauté se dit prête à acquérir un nouveau bâtiment. Et pourquoi pas, solution qui pourrait arranger tout le monde, un bâtiment public. On le sait, la Ville cherche à réduire son parc immobiliser réputé pour son gigantisme. Si cette solution était retenue, les fidèles n'ont qu'un souhait, une localisation centrale, au coeur de Gilly. 

J. Durant



Sur le site 
islamic events, on peut lire également : 


 
Suite à des problèmes de sécurité avec le bâtiment qui abritait la mosquée de Gilly les fidèles se sont retrouvés sans mosquée. D’abord ils ont été accueillis au stade Yernaux et ensuite à l’église Saint Lambert de Jumet. 

Henry Rémy, le curé âgé de 89 ans, a ouvert les portes de son église, il parle d’un geste naturel envers des croyants. 

Durant la prière du vendredi les objets de culte catholique sont masqués et des tapis sont déroulés dans l’église.


Qui sait, peut-être Monsieur le Curé poussera-t-il la générosité jusqu'à leur donner le bâtiment ?Ce serait un geste fort. 

XA

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 17:20

Je découvre,  via France Catholique, l'interview réalisée sur le site du diocèse de Lyon, du curé de Vaulx-en-Velin, l'abbé Régis Charre. Il y présente le projet de construction d'une nouvelle église sur la commune, projet déjà évoqué sur ce blog (ici). Une église où sera bien évidemment "célébrée l'Eucharistie... mais pas seulement." Magneto.

 



 

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 19:41

 

http://www.crc-resurrection.org/Renaissance_catholique/Dogme_et_histoire/images/Saint-Pie-X.jpg« Dès le début de Notre Pontificat, écrivait saint Pie X le 18 octobre 1912, Nous Nous sommes principalement préoccupé de l’instruction religieuse du peuple chrétien et en particulier des enfants ; car Nous étions persuadé qu’une grande partie des maux qui affligent l’Eglise viennent de l’ignorance de sa doctrine et de ses lois. Les ennemis de l’Eglise les condamnent en blasphémant ce qu’ils ignorent, et beaucoup de ses fils, les connaissant mal, vivent comme s’ils n’étaient pas enfants de l’Eglise. »

Tout est dit ou presque : la foi de l’Eglise s’exprime à travers une « doctrine » et des « lois ». L’ignorance de cette doctrine et de ces lois est la cause d’ « une grande partie des maux qui affligent l’Eglise ». Plus loin, dans la même lettre au cardinal vicaire de Rome, saint Pie X avertissait que si les « vérités » contenues dans le catéchisme sont « combattues », « mal comprises » ou « oubliées » – il parlait des enfants mais aussi des adultes – cela crée « un immense dommage pour les âmes et la société ».

Saint Pie X a donné deux versions du catéchisme. La première en 1905, intitulée Abrégé de la doctrine chrétienne, appelée plus communément Catéchisme romain. Dans son édition complète, il comprenait cinq parties : les Premières notions de catéchisme, le Petit catéchisme, le Grand catéchisme, une Instruction sur les principales fêtes et une Histoire de la Religion. Ce premier Catéchisme romain sera traduit et publié dans plusieurs pays.

A l’époque de la grande querelle des catéchismes, en 1967, Jean Madiran a réédité, dans un numéro spécial d’Itinéraires, ce Catéchisme de saint Pie X, pour venir en aide aux familles qui ne trouvaient plus dans leurs paroisses un enseignement complet et cohérent de la foi. Les éditions Dominique Martin Morin le réimprimeront à plusieurs reprises jusqu’aux années récentes. Aujourd’hui, la « crise » du catéchisme n’est pas terminée : dans aucun diocèse de France, les parents ne sont assurés de trouver dans leur paroisse ordinaire un enseignement complet de la foi. Telle ou telle paroisse, par la grâce de tel ou tel prêtre, pourra offrir un catéchisme satisfaisant, mais elles restent l’exception. Ailleurs, ce sera l’indigence ou le salmigondis : tel Parcours, le Livre du jeune, tel Eveil à la foi ou le calamiteux Pierres vivantes qui aura déformé deux générations de chrétiens.

Une nouvelle traduction

En 1912, saint Pie X a publié une nouvelle version du catéchisme, intitulé Catéchisme de la Doctrine chrétienne. Le Pape avait consenti, écrivait-il, « à la réduction  de l’ancien catéchisme en un catéchisme nouveau, beaucoup plus restreint », « plus bref et plus adapté aux exigences actuelles ». Après un exposé des Premières notions de la Foi chrétienne (en 27 questions et réponses), le Catéchisme proprement dit contient un exposé organique de la foi en trois parties : ce qu’il faut croire (les vérités de la foi), ce qu’il faut faire (les commandements de Dieu et de l’Eglise et les vertus), les moyens de la grâce (les sacrements).

Ce Catechismo della dottrina cristiana, en 433 questions et réponses, a connu trois traductions françaises en 1913 : par les éditions assomptionnistes de la Bonne Presse, par le diocèse d’Aoste et par le diocèse d’Annecy. C’est la première qu’avaient rééditée, en 2003, les Publications du Courrier de Rome.

Aujourd’hui, deux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X en proposent une édition et une traduction nouvelles. Une belle édition reliée, illustrée de la reproduction d’œuvres d’art en couleurs.

La traduction, révisée sur l’édition originale italienne, sans trahir le texte d’origine, se veut plus accessible et plus fluide stylistiquement. Par exemple, la réponse à la 417e question (Qu’est-ce que la prière vocale ?) : La prière vocale est celle que l’on fait en paroles, suivies par l’esprit et le cœur devient : La prière vocale est celle qui se fait par des paroles, avec application de l’esprit et du cœur.

Les deux prêtres se sont consacrés aussi à procurer une édition nouvelle des Premiers éléments de la Doctrine chrétienne, un abrégé, pour les enfants, du Catéchisme en 180 questions et réponses.

 Les deux ouvrages, vendus à un prix très abordable, devront figurer dans toutes les bibliothèques familiales, pour les petits et pour les grands. Comme l’a dit saint Pie X, le catéchisme contient les vérités nécessaires au salut mais aussi les vérités nécessaires au bien-être des sociétés.

• Catéchisme de la Doctrine chrétienne, 244 pages, relié, 12 euros.

• Premiers éléments de la Doctrine chrétienne, 108 pages, relié, 8 euros.

Ouvrages disponibles au Courrier de Rome, B.P. 10156, 78001 Versailles Cedex.

YVES CHIRON

Article extrait du n° 7075 de Présent, du Samedi 17 avril 2010 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 08:48

Le mariage des prêtres n'est pas pour demain

Les affaires de pédophilie ont relancé le débat, mais l'Eglise latine n'est pas prête à revenir sur le célibat des prêtres. Cette règle n'a pourtant pas toujours existé et n'est même pas universelle.

Vendredi 16 Avril 2010 - Slate.fr

La plaisanterie a fait depuis longtemps le tour des sacristies: au prochain concile Vatican III - dans un avenir très incertain - , «les évêques viendront avec leur femme». A Vatican IV, «les évêques viendront avec leur mari». Traduction: l'Eglise catholique acceptera bien un jour, dans un premier temps, que les prêtres et les évêques soient mariés; dans un deuxième que des femmes soient ordonnées prêtres, puis évêques. Soit deux réformes que les milieux catholiques progressistes, soutenus par de larges courants d'opinion, invoquent en vain depuis des décennies, mais qui apparaissent aujourd'hui inimaginables, sauf à rêver à une révolution au sommet de l'Eglise que rien ne laisse présager.

Même si des voix, comme celle du théologien contestataire Hans Küng, relient la perversion pédophile de certains prêtres à l'obligation du célibat, plus généralement à leur mal-être sexuel, ce n'est pas l'actuelle tempête que traverse l'Eglise qui incitera celle-ci à changer sa règle. Pour au moins trois raisons: primo, elle n'a pas l'habitude d'agir sous pression; secundo, les statistiques prouvent que la très grande majorité des actes pédophiles sont commis au sein de la structure familiale par des gens mariés; tertio, aucun argument, fût-il plus persuasif - comme la chute vertigineuse des vocations sacerdotales et religieuses - ne semble de nature à convaincre l'Eglise de sacrifier l'une de ses plus anciennes traditions, celle de l'abstinence sexuelle de ses clercs.

Cette tradition consiste à dire que le célibat rend le prêtre - qui en prend l'engagement devant son évêque le jour de son ordination - totalement disponible à Dieu et à son ministère. Outre le prêtre, elle vaut aussi pour le religieux «apostolique» (un jésuite, un franciscain, etc...) ou «contemplatif» (un moine) qui, devant son supérieur, le jour de sa «profession définitive», prononce ses trois vœux de «chasteté», d'«obéissance» et de «pauvreté». Cette règle, qui n'existe pas dans les autres Eglises anglicane, protestantes, orthodoxe (sauf pour les évêques orthodoxes qui doivent toujours être recrutés parmi les moines qui ont fait vœu de chasteté), provoque beaucoup de souffrances et décourage sans doute beaucoup de vocations. Elle est régulièrement violée. Depuis les années 1970, sur 400.000 prêtres dans le monde, on estime à quelques dizaines de milliers le nombre de ceux qui ont quitté le sacerdoce et se sont mariés. De même, en Amérique latine, en Afrique, mais aussi en Occident, les liaisons clandestines, hétérosexuelles ou homosexuelles, sont pratique courante dans le clergé.

Pourtant, l'Eglise continue de faire du célibat des prêtres une sorte de dogme, c'est-à-dire une vérité de foi à prendre ou à laisser, alors qu'il n'est qu'une décision d'ordre disciplinaire, propre au catholicisme de rite latin, et non d'ordre doctrinal. Une discipline qui a varié dans le temps et dans l'espace. C'est à partir du Vème siècle, sous la pression du corps monastique tenu à l'abstinence sexuelle, que le statut du prêtre - qui pouvait jusqu'alors être marié - a commencé à être encadré. Mais des hommes mariés ont continué à être ordonnés prêtres et évêques jusqu'au XIIème siècle. C'est le premier concile du Latran (1123-1139) qui a déclaré invalides les mariages contractés par les prêtres après leur ordination et décrété que les candidats mariés ne pouvaient plus recevoir les ordres sacrés.

En outre, cette obligation du célibat n'est limitée qu'à l'Eglise latine d'Occident. Dans toutes les Eglises d'Orient, y compris celles qui sont sous la juridiction du pape de Rome - comme les maronites du Liban ou les coptes catholiques d'Egypte -, des hommes mariés peuvent être ordonnés prêtres. Mais ils ne peuvent plus se marier une fois ordonnés et, comme dans l'orthodoxie, leurs évêques sont toujours choisis parmi les moines célibataires. Mais dans l'Eglise latine elle-même, la règle du célibat souffre d'exceptions. On y rencontre des prêtres mariés: des pasteurs luthériens ou des prêtres anglicans mariés convertis au catholicisme; des transfuges d'Eglises orientales venus en Occident avec leurs épouses; des prêtres résistants au communisme (surtout dans l'ex-Tchécoslovaquie) mariés pour cause de clandestinité forcée, dont la situation a été régularisée depuis.

Comme pour mettre fin à un débat régulièrement rouvert, cette obligation de l'abstinence sexuelle, dans la tradition latine du catholicisme, a été rappelée avec constance par tous les papes jusqu'aux derniers: au concile Vatican II (1962-1965); dans une encyclique de Paul VI en 1967 qui fait l'éloge du célibat sacerdotal; dans une lettre apostolique de Jean Paul II de 1992 écrivant qu'«aucun doute ne doit être laissé sur la ferme volonté de l'Eglise de maintenir la loi qui exige le célibat librement choisi et perpétuel pour les candidats à l'ordination sacerdotale». Benoît XVI n'a jamais dit autre chose. Il écrivait en 2007: «Le fait que le Christ lui-même ait vécu sa mission dans l'état de virginité constitue le point de référence sûr pour recueillir le sens de la tradition de l'Église latine sur cette question. Il n'est donc pas suffisant de comprendre le célibat sacerdotal en termes purement fonctionnels. En réalité, il est une conformation particulière au style de vie du Christ lui-même».

Autrement dit, le célibat est considéré comme le moyen, pour le prêtre, de réaliser son «don total» au Christ et à l'Eglise. Il est fondé sur l'appel de Jésus-Christ demandant à ses disciples de «tout quitter pour le suivre» (Evangile de Luc, V, 11), de se libérer de toute contrainte sexuelle, familiale, sociale pour se consacrer à un idéal supérieur. Mais c'est une loi imprudente et sévère: les prêtres mariés des premiers siècles de l'Eglise étaient-ils moins valides, moins consacrés au service de Dieu que les prêtres célibataires d'aujourd'hui? Et les prêtres mariés des Eglises orientales sont-ils moins valides que les prêtres célibataires de l'Eglise latine? Ce qui fut possible et moral à une époque du catholicisme doit-il être considéré comme impossible et immoral aujourd'hui?

Autant de questions que ressassent les partisans d'un changement de la règle, pour qui le choix devrait être laissé aux candidats à la prêtrise, avant leur ordination, entre le célibat et le mariage. Le concile Vatican II a restauré le diaconat permanent (dernier stade avant la prêtrise) pour des hommes mariés. N'est-il pas temps d'en faire autant pour les prêtres? Il ne s'agirait pas de marier les prêtres célibataires actuels, mais de permettre l'accès au sacerdoce à des hommes qui, mariés ou non, ont fait la preuve - d'où l'expression latine, souvent employée dans ce débat, de viri probati - d'une conviction chrétienne authentique et manifesté leur aptitude à recevoir un jour l'ordination, si le pape et les évêques le décident. Cette idée fait depuis longtemps son chemin parmi des évêques et les théologiens. Il ne serait pas besoin d'un concile pour en trancher, puisque, on l'a dit, le célibat n'est pas un acte de foi, mais une simple discipline. Mais elle est fermement verrouillée par Rome, et encore pour très longtemps.

Henri Tincq

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:34

Siz ix 15 avril 2010Je publiais sur ce blog il y a deux ans une information passée dans le funeste et feu-LYON MAG au sujet de la construction à venir d'une église à Vaulx-en-Velin (voir ici). A l'époque, le budget annoncé pour la construction de cet édifice s'élevait à 2,5 millions d'euros. Deux ans plus tard, dans un communiqué émanant cette fois de l'archevêché, on apprend que le budget s'élève désormais à 4 millions de la même monnaie. Mine de rien, cela fait une sacrée différence. 1,5 millions d'euros, c'est dix millions de nos anciens francs. C'est un dépassement de plus de 50% du budget prévisionnel. C'est énorme, non ? Certes, la crise est passée par là, mais les prix des architectes et des entreprises de BTP ont-ils flambé à ce point ?

XA

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